Il s’exprimait ce 29 septembre 2026 lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée aux activités de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).
Ngoga a estimé que la présence continue des FDLR dans l’est de la RDC, et le soutien d’un pays voisin du Rwanda dont bénéficie ce groupe, constitue toujours une préoccupation majeure pour la sécurité nationale du Rwanda et de la région.
« Un groupe armé doté d’une idéologie génocidaire, d’une structure militaire organisée et d’un historique d’attaques contre le Rwanda, opérant à proximité de notre frontière et en coopération avec les forces d’un pays voisin, constitue une menace sécuritaire directe, indépendamment de la distance qui le sépare de la capitale de ce pays », a-t-il fustigé.
L’ambassadeur rwandais a affirmé que les informations dont dispose Kigali font état, en 2026, de plusieurs opérations de coopération entre les Forces armées de la RDC (FARDC), les FDLR, les Wazalendo et d’autres groupes armés.
Il a notamment cité les événements des 10 et 11 février 2026, au cours desquels des avions des FARDC et des camions militaires auraient acheminé 13 tonnes de munitions vers Pinga et Kibua. Selon les informations, six tonnes auraient été destinées aux dirigeants des FDLR et d’autres groupes armés.
Le 8 mars, un avion des FARDC aurait également transporté 12 tonnes de munitions et des vivres vers Ntoto, avant leur répartition entre les FARDC, les FDLR, le PARECO et l’APCLS.
Le diplomate a également évoqué le transport, le 31 mars, de 693 fusils, de six tonnes de munitions et de fonds qui auraient été destinés aux FDLR et à d’autres groupes.
Selon Kigali, des cas similaires auraient été observés au cours des mois suivants, notamment en avril, juin et juillet. Le Rwanda a aussi cité des informations faisant état, le 15 août, d’une coopération entre les FARDC, le CNRD/FLN, les FDLR et les Wazalendo/Nyatura dans le territoire de Walungu.
Ces accusations interviennent alors que des rapports des Nations unies font état eux aussi d’opérations attribuées aux FDLR dans plusieurs territoires de l’est de la RDC, notamment à Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Walikale.
Le Rwanda rejette tout mécanisme parallèle à l’Accord de Washington
Ngoga a également critiqué les discussions engagées entre le gouvernement congolais et les FDLR, estimant qu’elles ne devraient pas se substituer aux engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington.
« Le Rwanda rejette toute tentative de modifier les engagements convenus. Tout mécanisme mis en place en dehors des dispositions prévues par l’Accord de Washington pour éradiquer les FDLR ne fait pas partie de cet accord », a-t-il insisté.
Kigali a rappelé que l’éradication des FDLR constitue l’un des engagements centraux de l’Accord de Washington, les documents opérationnels CONOPS et OPORD précisant notamment les modalités d’exécution et de suivi des opérations.
Le Rwanda a par ailleurs indiqué avoir déjà commencé à lever certaines des mesures défensives prises et en avoir informé les mécanismes prévus par l’accord.
Créé dans le cadre de l’Accord de Washington, le Joint Security Coordination Mechanism (JSCM) est chargé de suivre la mise en œuvre des engagements sécuritaires, notamment l’éradication des FDLR et la levée des mesures défensives du Rwanda.
Kigali a enfin appelé toutes les parties à respecter leurs engagements dans le cadre des processus de Washington et de Doha, estimant que leur mise en œuvre complète reste indispensable à l’instauration d’une paix durable dans la région, tout en saluant les efforts de médiation et en réaffirmant sa volonté de respecter ses propres engagements.




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