Le ministre s’exprimait dans une interview accordée à 'Mama Urwagasabo TV', publiée le 15 septembre 2026, au cours de laquelle il a évoqué la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.
L’accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025 et réaffirmé dans les Accords de Washington du 4 décembre 2025 prévoit notamment la neutralisation des FDLR par la RDC, qui permettrait ensuite la levée par le Rwanda de ses mesures défensives.
Estimant que le gouvernement congolais ne manifeste pas la volonté politique nécessaire pour mettre en œuvre ses engagements, Nduhungirehe a également exprimé des réserves concernant le rôle du médiateur.
« Il y a un problème que nous avons avec le gouvernement du Congo. Mais il y a également un autre problème concernant la volonté politique du médiateur », a-t-il déclaré.
Le ministre a par ailleurs accusé la RDC de continuer à fournir des armes aux FDLR et de mener des opérations militaires dans certaines zones de l’est du pays.
« Cela n’a aucun sens que le gouvernement du Congo fasse ce qu’il veut, continue de fournir des armes aux FDLR, aille jusqu’à organiser des politiciens destinés à donner un visage politique aux FDLR et continue de tirer des obus et de lancer des drones contre des civils à Masisi, Minembwe, Mushaki et partout ailleurs, tandis que le médiateur ne fait rien », a-t-il affirmé.
Nduhungirehe a insisté sur le fait que le Rwanda avait régulièrement fait part au médiateur de ce qu’il considère comme des violations des Accords de Washington par la RDC, notamment des attaques contre des civils, estimant toutefois que les démarches entreprises auprès de Kinshasa n’avaient pas produit de résultats.
« Ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils parlent à Kinshasa, qu’ils comprennent ce que nous disons et qu’ils transmettent des messages à Kinshasa. Si ces messages existent, ils ne produisent pas de résultats parce que les attaques continuent. Nous n’avons jamais vu le gouvernement du Congo changer sa politique consistant à poursuivre la guerre », a-t-il déploré.
Amb. Nduhungirehe a également remis en question l’approche du médiateur, qui « communique en privé avec la RDC au sujet des préoccupations du Rwanda », tout en évoquant publiquement les accusations portées contre Kigali.
Le ministre a affirmé que Kigali avait déjà levé certaines mesures défensives prévues dans le cadre du processus de Washington, alors que les États-Unis « estiment que ces mesures restent insuffisantes au regard des engagements attendus ».
Pour Nduhungirehe, l’évaluation de la mise en œuvre doit cependant concerner les deux parties.
« Le Rwanda est le pays qui met en œuvre les engagements auxquels il a souscrit, tandis que la République démocratique du Congo n’a, à ce jour, entrepris aucune démarche en ce sens, alors que le médiateur observe la situation. La RDC doit comprendre qu’un accord de paix engage les deux parties. De notre côté, nous avons levé certaines mesures défensives cette année, ce que les autorités américaines elles-mêmes ont reconnu », a-t-il affirmé, estimant que si les mesures prises par le Rwanda étaient jugées insuffisantes, le médiateur devait également évaluer la mise en œuvre par la RDC de ses propres engagements.
Le ministre a par ailleurs réaffirmé que le Rwanda continuera de prendre les dispositions nécessaires pour assurer sa défense.
« Ce que nous faisons en tant que pays, c’est que nous continuerons à nous défendre. C’est quelque chose qui ne peut pas être remis en cause. Le Génocide contre les Tutsi qui a eu lieu dans ce pays en 1994 ne se reproduira jamais. Nous mettrons en place des mesures défensives qui nous permettront de nous protéger et d’assurer notre sécurité, tout en continuant à démontrer notre volonté de mettre en œuvre les Accords de Washington », a-t-il indiqué.
La mise en œuvre des engagements de Washington est suivie dans le cadre du 'Joint Security Coordination Mechanism' (JSCM), qui réunit le Rwanda, la RDC et des partenaires internationaux.
Lors de la sixième réunion du JSCM, tenue en août, les deux pays ont convenu de faire avancer deux initiatives destinées à renforcer le suivi et la vérification de la mise en œuvre des engagements sur le terrain.
Les délégations rwandaise et congolaise doivent par ailleurs se retrouver à Genève les 16 et 17 septembre 2026 pour la septième réunion du JSCM, au cours de laquelle elles examineront l’état d’avancement de la mise en œuvre des Accords de Washington.



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