Dans une interview accordée à la BBC Gahuzamiryango et publiée le 31 juillet 2026, le chef de l’État burundais a soutenu que les soldats burundais présents en RDC n’agissaient pas au nom du Burundi, mais dans le cadre d’un appui militaire au gouvernement congolais, sous l’autorité de Kinshasa.
« Quand vous dites que les FDLR sont avec le gouvernement congolais, nous, l’armée burundaise, sommes allés aider le gouvernement congolais. Ce n’est pas le Burundi qui combat en RDC. Nous envoyons des soldats qui sont sous le commandement du gouvernement congolais », a déclaré Ndayishimiye.
Cette déclaration intervient alors que la présence militaire burundaise en RDC est régulièrement critiquée par plusieurs acteurs qui accusent certains éléments de l’armée burundaise d’entretenir des liens avec des groupes armés opposés au Rwanda, notamment les FDLR.
Le Burundi a officiellement déployé ses troupes en RDC en 2022 dans le cadre d’un accord sécuritaire avec Kinshasa. Les premiers contingents avaient été envoyés au Sud-Kivu pour lutter contre des groupes armés burundais, dont Red Tabara, FOREBU et les FNL-Nzabampema.
En 2023, le mandat des forces burundaises a été élargi avec leur déploiement au Nord-Kivu, où elles ont rejoint les opérations menées aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre la coalition AFC/M23.
Mais depuis leur arrivée dans le territoire de Masisi, les forces burundaises sont accusées par certains acteurs locaux d’avoir coopéré avec les FDLR et des combattants Wazalendo dans des opérations ayant affecté des populations civiles.
Des survivants d’une attaque menée en octobre 2023 contre le village de Nturo, dans le territoire de Masisi, ont affirmé que des militaires burundais étaient stationnés à proximité des lieux, mais n’étaient pas intervenus alors que des civils étaient attaqués et que des habitations étaient incendiées.
Des soupçons de liens avec les FDLR
Les accusations visant les forces burundaises interviennent dans un contexte où les FDLR restent considérées par Kigali comme une menace sécuritaire majeure. Le groupe génocidaire est accusé d’avoir participé à plusieurs attaques dans l’est de la RDC, notamment dans des zones disputées avec l’AFC/M23 et le groupe MRDP-Twirwaneho.
Dans le Sud-Kivu, notamment dans la région de Minembwe, des attaques attribuées aux FDLR et à leurs alliés présumés ont fait plusieurs victimes civiles.
Par ailleurs, des informations font état de rencontres entre des responsables FDLR et des officiers supérieurs burundais dans des zones frontalières, notamment à Cibitoke, où des discussions sur des opérations militaires et le maintien d’une coopération auraient eu lieu.
Pour répondre aux critiques, Évariste Ndayishimiye a comparé la mission des soldats burundais en RDC aux opérations internationales de maintien de la paix auxquelles participe le Burundi.
« Moi, j’envoie des soldats en Somalie, ce sont des soldats de l’Union africaine. En Centrafrique, ils portent l’uniforme de l’ONU. Ce ne sont pas des soldats burundais, ce sont des soldats venus du Burundi », a-t-il expliqué.
Selon lui, un État qui déploie ses forces pour soutenir un autre gouvernement ne devient pas automatiquement partie au conflit, mais contribue à une mission d’assistance.
Ses détracteurs estiment toutefois que cette position vise à éloigner la responsabilité politique de Bujumbura alors que les troupes concernées restent officiellement des forces burundaises envoyées par décision du gouvernement.
Des accusations d’accueil de combattants armés
La polémique s’est également accentuée après des informations selon lesquelles le Burundi aurait accueilli des combattants liés aux FDLR et aux Wazalendo après des affrontements dans l’est de la RDC.
En décembre 2025, après la progression de l’AFC/M23 dans plusieurs zones du territoire d’Uvira, des sources ont rapporté que des combattants ayant fui les combats auraient été accueillis au Burundi, notamment au camp militaire de Mwaro.
Plus récemment, après les affrontements survenus à Minembwe et dans ses environs début juillet 2026, des informations ont indiqué que des combattants blessés, parmi lesquels des membres présumés des FDLR et des Wazalendo, auraient été pris en charge dans des structures médicales burundaises, dont la polyclinique Tanganyika Care.
Alors que Bujumbura continue de défendre son engagement en RDC comme une opération de soutien au gouvernement congolais, les accusations concernant le rôle des forces burundaises restent au centre des tensions sécuritaires et diplomatiques dans la région des Grands Lacs.




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