Ces discussions se sont tenues lors de la cinquième réunion du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire (Joint Security Coordination Mechanism – JSCM), organisée les 15 et 16 juillet 2026 à la Mission des États-Unis à Genève, en Suisse.

Dans un communiqué conjoint publié à l'issue de la rencontre, les participants indiquent avoir « évalué la situation sécuritaire dans l'est de la RDC et œuvré à une compréhension commune des réalités sur le terrain ».

Le Rwanda et la RDC ont également « réaffirmé leur engagement à mettre rapidement en œuvre les Accords de Washington », notamment en accélérant les efforts de neutralisation des FDLR ainsi que la levée des mesures défensives.

Les discussions se sont appuyées sur les conclusions du Groupe d'experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo, qui identifie les FDLR comme un groupe terroriste continuant de jouer un rôle majeur dans la déstabilisation de l'est de la RDC tout en constituant une menace pour la sécurité nationale du Rwanda.

Le rapport indique que le mouvement génocidaire est composé de trois principales factions et compte au moins quatre hauts dirigeants.

Alors que les FDLR affirment disposer de plus de 10 000 combattants et que leur branche armée, le Commando de Recherche et d'Action en Profondeur (CRAP), revendique plus de 20 000 membres, les estimations des Nations unies et des services de renseignement situent leurs effectifs réels entre 3 500 et 4 500 combattants.

Selon ce rapport, les trois principales composantes du groupe sont les FDLR-FOCA, FDLR-RUD et FDLR-FPP.

Les experts de l'ONU soulignent le fait que ces factions ont adopté de nouvelles appellations afin de masquer leur appartenance aux FDLR. Ainsi, les FDLR-FOCA opère sous le nom de « Bataillon Jungle », la FDLR-RUD sous celui de « FDP-R », tandis que les FDLR-FPP continue d'utiliser le nom « FPP ». D'après le rapport, ces changements de dénomination visent à dissimuler leurs liens avec les FDLR tout en poursuivant les mêmes activités.

Le communiqué rappelle qu'à la fin du mois de mars 2026, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) avaient annoncé leur intention de « procéder au désarmement » des FDLR.

Cependant, des analystes spécialisés des questions militaires congolaises avaient estimé qu'un tel objectif serait difficile à atteindre. Selon eux, toute opération crédible visant à démanteler le groupe génocidaire devrait d'abord s'attaquer aux éléments des FDLR intégrés au sein des forces de sécurité de l'État congolais.

Le rapport relève également qu'à la suite de ces annonces, des combattants des FDLR ont été redistribués au sein des groupes armés Wazalendo.

Afin de renforcer la transparence et la redevabilité dans l'application des Accords de Washington, les parties sont convenues d'examiner la mise en place de mécanismes de vérification destinés à accompagner leur mise en œuvre.

La réunion a également été marquée par une présentation de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) sur son programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR).

Les échanges ont porté sur la contribution de ce programme aux objectifs des Accords de Washington, notamment à travers le rapatriement des membres des FDLR, tout en identifiant des mesures destinées à renforcer la coordination entre les différents acteurs.

Dans le cadre du processus de paix, le Rwanda et la RDC se sont également engagés à maintenir un partage régulier d'informations afin de garantir « une image fidèle de l'évolution de la situation sur le terrain dans l'est de la RDC ».

Les deux pays ont enfin remercié les États-Unis, le Qatar, l'Union africaine et le Togo pour leur soutien constant au processus de paix.

Qualifiant les Accords de Washington d'« opportunité historique de renforcer la sécurité et la prospérité des populations de la région des Grands Lacs », les parties ont réaffirmé leur détermination à mener ce processus à son terme et sont convenues de se réunir à nouveau dans les prochaines semaines afin d'évaluer les progrès accomplis dans leur mise en œuvre.

Le Rwanda, la RDC et leurs partenaires ont fait le point sur la mise en œuvre des Accords de Washington, en mettant l'accent sur la neutralisation des FDLR