En effet, le ministre congolais chargé de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, accompagné du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a annoncé, ce 28 juillet 2026, que « les FDLR ont signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement par la sensibilisation ».
Selon Patrick Muyaya, cette démarche s’inscrit dans le cadre des engagements liés aux Accords de Washington et au concept d’opérations (CONOPS) qui les accompagne.
« Conformément aux accords de #Washington et au CONOPS qui y est rattaché, les FDLR ont signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement par la sensibilisation », a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais.
Cette annonce intervient après plusieurs déplacements du ministre Floribert Anzuluni dans différents pays africains et européens, au cours desquels il aurait présenté, dans le plus grand secret, un projet préparé par les FDLR et signé le 30 mai 2026 par Victor Byiringiro, présenté comme le président de ce mouvement.
Le Rwanda, qui considère les FDLR, fondées par des individus responsables du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, comme une menace sécuritaire majeure pour sa sécurité nationale, a vivement réagi à cette annonce, dénonçant une grossière manipulation de Kinshasa visant à tenter d’échapper à ses responsabilités.
Le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a affirmé via une publication sur X, que l’accord conclu entre Kinshasa et les FDLR n’avait aucun lien avec les Accords de paix de Washington signés en juin et décembre 2025.
« La signature de ce prétendu “protocole” entre le père (le gouvernement congolais), le fils (FDLR) et le mauvais esprit (l’idéologie du génocide) n’est en rien conforme aux Accords de Washington, qui ne le prévoient nulle part », a déclaré le ministre, insistant sur le fait que les FDLR ne sont pas une partie à ces Accords, mais plutôt l’objet de ces derniers.
Le Rwanda exige la neutralisation du groupe génocidaire
Depuis le début des discussions entre Kigali et Kinshasa, notamment dans le cadre des processus de Luanda et de Washington, le Rwanda insiste sur la nécessité du démantèlement complet des FDLR avant toute levée de ses mesures défensives à la frontière.
Selon Kigali, les engagements pris dans les Accords de Washington prévoyaient la neutralisation des FDLR dans un délai de 90 jours, une obligation qui n’a pas été respectée par Kinshasa.
Les autorités rwandaises accusent également la RDC d’avoir renforcé son soutien aux FDLR depuis la signature des accords, notamment à travers une coopération militaire et politique avec ce mouvement.
L’annonce congolaise intervient dans un contexte où la question des groupes armés, en particulier les FDLR, reste au cœur des tensions entre la RDC et le Rwanda.
Un récent rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo (RDC), datant de juin 2026, dressait un état des lieux détaillé de la collaboration établie entre des éléments des FARDC et les FDLR, allant jusqu’à évoquer un soutien logistique à travers la fourniture d’armes et la tenue de réunions fréquentes.
Pour Kigali, cette annonce ne serait qu’une tentative de faire croire que la menace des FDLR est écartée, alors que leur structure militaire et politique resterait intacte.
« Depuis la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025, le gouvernement de Kinshasa a non seulement intensifié son soutien militaire aux FDLR, dont une grande partie est d'ailleurs intégrée dans son armée, mais aussi accéléré l'organisation politique de ce mouvement génocidaire, en faisant appel à quelques politiciens liés à l'ancien régime et vivant en Europe, principalement Jean-Luc Habyarimana, Fabien Singaye, Thomas Nahimana et Thadée Kwitonda » a conclu le ministre Nduhungirehe.





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