Toutefois, cette initiative survient dans un contexte marqué par les contestations de l’opposition concernant la transparence du processus électoral et l’indépendance des institutions chargées de son organisation.

Le décret n°100/167 du 4 novembre 2026 appelle les citoyens burundais remplissant les conditions légales, résidant au Burundi ou à l’étranger, à participer à ce scrutin.

Les candidats issus des partis politiques, des coalitions de partis ou indépendants devront déposer leurs dossiers auprès de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du 13 au 22 novembre 2026.

Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue au premier tour, un second tour sera organisé le 1er juin 2027. Le président élu devra prêter serment le 18 juin 2027, selon le calendrier annoncé par la CENI.

La campagne électorale est prévue du 10 au 30 avril 2027, tandis que les bureaux de vote devraient être ouverts de 6 heures à 15 heures.

La convocation des électeurs intervient alors que plusieurs formations politiques de l'opposition expriment des réserves sur la crédibilité du processus électoral.

Le 8 mai 2026, cinq partis, dont le Congrès national pour la liberté (CNL), l'Union pour le progrès national (UPRONA), le Sahwanya-FRODEBU et le CODEBU, ont boycotté une réunion organisée par la CENI sur les préparatifs de la présidentielle.

Dans un communiqué conjoint, ils ont dénoncé l'absence de réponses satisfaisantes aux irrégularités qu'ils affirment avoir constatées lors des élections législatives, communales et collinaires de 2025.

Ces formations réclament notamment un dialogue politique inclusif, une restructuration de la CENI et de ses démembrements afin d'en garantir le caractère représentatif, ainsi que des réformes du Code électoral et de la Cour constitutionnelle, qu'elles jugent partiale.

Elles estiment qu'il est difficile de garantir des élections transparentes et crédibles sans rétablir au préalable la confiance entre les acteurs politiques et les institutions électorales.

Cette contestation s'inscrit dans le prolongement des élections législatives et communales du 5 juin 2025, remportées par le CNDD-FDD avec 96,5 % des suffrages. Le parti présidentiel avait alors obtenu tous les sièges à l'Assemblée nationale, ainsi que la quasi-totalité des sièges communaux.

Dans un rapport publié en juin 2025, l'organisation Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé un climat électoral marqué par les intimidations, le harcèlement des opposants et la restriction de la liberté d'expression.

Elle avait également fait état d'irrégularités, notamment des bourrages d'urnes, une distribution sélective des cartes d'électeur et des entraves à l'accès des observateurs et des représentants de l'opposition aux bureaux de vote.

Des experts des Nations unies avaient également exprimé, en septembre 2025, leurs inquiétudes concernant les violations des droits humains pendant la période électorale, notamment les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, les actes de torture, les exécutions extrajudiciaires, et les intimidations visant des opposants politiques et journalistes entre autres.

Le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), a désigné, le 26 avril 2026, Évariste Ndayishimiye comme candidat à l’élection présidentielle.

Au pouvoir au Burundi depuis 2005, le CNDD-FDD a dirigé le pays sous les présidences de Pierre Nkurunziza, puis d’Évariste Ndayishimiye depuis 2020, le régime ayant, au fil des années, été régulièrement critiqué pour sa gouvernance.

Sur le plan économique, le Burundi fait face depuis fin 2022 à une grave pénurie de carburant, aggravée par le manque de devises étrangères. Après avoir couvert seulement 0,5 mois d’importations en 2023, les réserves de change du Burundi sont remontées à environ 1,5 à 1,6 mois de couverture entre 2024 et le premier semestre 2026 selon la FMI.

Le pays figure également parmi les plus pauvres du monde. Environ 74,8 % de sa population vivait avec moins de trois dollars par jour en 2024, selon la Banque mondiale, tandis qu’il occupait le 187e rang sur 193 pays dans le classement de l’indice de développement humain (IDH) 2023 du PNUD.

Ndayishimiye briguera ainsi un nouveau mandat de sept ans s'il est élu.

Ndayishimiye, a signé ce mercredi le décret convoquant les électeurs à la présidentielle du 3 mai 2027, sur fond de contestations de l’opposition concernant la transparence du scrutin et l’indépendance des institutions électorales