Originaire de RDC, Uwimana explique avoir été capturé alors qu’il rendait visite à des proches dans la zone d’Ironga. Des combattants des FDLR, qui se dirigeaient vers l’aérodrome de Pinga pour récupérer des munitions, l’auraient alors forcé à transporter du matériel militaire avant de l’emmener dans leur camp où il a été retenu.

« Après avoir livré les munitions, ils ont refusé de nous laisser rentrer chez nous », a-t-il témoigné auprès d’IGIHE.

Au bout de trois jours dans le camp, il affirme avoir été envoyé sur le champ de bataille avec d’autres jeunes et forcé de participer aux activités du groupe génocidaire. Il raconte avoir reçu une formation au combat et aux actes de violence, incluant des attaques contre des civils, des destructions de biens, des violences sexuelles et des meurtres.

« Nous étions envoyés au front comme de véritables combattants. Ils nous entraînaient à attaquer, piller et tuer », témoigne-t-il.

Son enrôlement forcé l’a en outre séparé de sa famille, qui avait ensuite fui les violences et trouvé refuge dans le district de Nyabihu, au Rwanda. Uwimana indique également avoir dû abandonner l’école après la troisième année primaire en raison du conflit.

Il a finalement décidé de quitter les FDLR après avoir échangé avec un ancien membre du groupe ayant bénéficié d’un programme de réhabilitation au Centre de démobilisation de Mutobo. Encouragé à se rendre, il a traversé la frontière par le poste de La Corniche avant d’être pris en charge par la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC).

Après trois mois de réhabilitation au centre de Mutobo, il a retrouvé sa famille le mercredi 29 juillet 2026, avec 21 autres enfants, dans le cadre d’un programme de réintégration.

Uwimana affirme que les dirigeants des FDLR les maintenaient dans la peur en leur diffusant de fausses informations sur le Rwanda, leur faisant croire qu’ils seraient arrêtés, torturés ou tués s’ils tentaient d’y retourner.

« J’ai été surpris par l’accueil reçu au Rwanda. On nous a donné des vêtements, de la nourriture et des enseignements qui nous ont aidés à reprendre une vie normale », a-t-il expliqué.

Aujourd’hui, Uwimana souhaite reprendre ses études et lance un appel aux jeunes encore enrôlés dans les groupes armés dans l’est de la RDC à déposer les armes, estimant que beaucoup d’entre eux sont manipulés par de fausses informations.

La présidente de la RDRC, Valerie Nyirahabineza, a pour sa part indiqué que 22 des 24 enfants ayant terminé le programme de réhabilitation avaient été réunis avec leurs familles, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver les proches des deux autres.

Les jeunes réintégrés, âgés de 16 à 18 ans, font partie des 1 029 enfants anciennement liés à des groupes armés dont la RDRC a facilité la réinsertion depuis sa création.

David Uwimana, un ancien enfant recruté par les FDLR, a relaté son parcours après avoir passé trois ans au sein de ce groupe génocidaire

Valerie Nyirahabineza, présidente de la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC), a indiqué que 22 des 24 enfants ayant achevé le programme de réhabilitation avaient été réunis avec leurs familles