Selon ces mêmes sources, cette dynamique ferait partie d’une stratégie d’actions hostiles contre le Rwanda, avec le soutien du gouvernement du président Félix Tshisekedi de la République démocratique du Congo.
Des renseignements sécuritaires indiquaient qu’à la mi-2025, les FDLR disposaient d’un effectif estimé entre 7 000 et 10 000 combattants, le lieutenant-colonel Octavien Mutimura, son porte-parole militaire, ayant même affirmé en novembre de la même année que le mouvement comptait de nombreux combattants capables de résister à toute offensive.
Sur le plan organisationnel, le Général Omega serait secondé par le général de division Cyprien Uzabakiriho, alias « Ave Maria », et le renseignement militaire (G2), dirigé par le général de brigade Sébastien Uwimbabazi, connu sous le nom de « Nyembo Abdallah », également présenté comme coordinateur des opérations du FDLR dans les zones de Masisi et Walikale.
Les opérations militaires (G3) seraient quant à elles confiées au général de brigade Lucien Nzabanita, tandis que l’unité des forces spéciales CRAP serait dirigée par le colonel Pierre-Célestin Rurakabije, alias « Simba Guillaume ». Le colonel Gustave Kubwayo, dit « Sirkoof », est également cité comme responsable d’un secteur militaire.
Le mouvement est décrit comme reproduisant une organisation inspirée des anciennes Forces armées rwandaises (Ex-FAR), avec une présence notable d’anciens militaires, le Général Omega ayant été lieutenant à la fin du génocide contre les Tutsis en 1994 avant de fuir vers l’ex-Zaïre (actuelle RDC).
Il est rapporté que les formations internes des FDLR véhiculeraient un discours affirmant que les Hutus devraient diriger le Rwanda et appelant à une prise de pouvoir par les armes, ces enseignements étant accompagnés de contenus idéologiques incitant à la haine et à la violence ethnique, selon les mêmes sources.
Ces formations seraient dispensées dans des camps dirigés par le général de brigade Mutunzi Bernard, alias « Manzi », et régulièrement supervisées par des cadres supérieurs du mouvement. Le média « Africa Intelligence » est également cité comme source de ces informations.
Le colonel Protogène Ruvugayimikore, ancien commandant des CRAP, tué en décembre 2023, est présenté comme ayant joué un rôle central dans la formation idéologique de nouvelles recrues. L’ensemble de ces activités serait placé sous la supervision politique du président des FDLR, le lieutenant-général Gaston Iyamuremye, connu sous les noms de « Victor Byiringiro » ou « Rumuri ».

Une coopération avec les forces congolaises
Avec la reprise des combats par le M23 fin 2021, plusieurs autres sources affirment que les FDLR, affaiblis par la perte de plusieurs dirigeants militaires et politiques tels que Sylvestre Mudacumura et Ignace Murwanashyaka, auraient saisi une opportunité de se restructurer en établissant une coopération avec les FARDC.
De leur côté, des éléments des forces armées congolaises auraient considéré les FDLR comme un acteur disposant d’une expertise de terrain dans l’est de la RDC, notamment dans les zones forestières et montagneuses du Nord-Kivu, où certains de ses membres sont présents depuis plusieurs décennies.
En mai 2022, une réunion aurait eu lieu à Pinga, dans le territoire de Walikale, ayant rassemblé des groupes armés et des représentants de l’armée congolaise, à l’initiative du général-major Peter Cirimwami Nkuba, responsable des opérations militaires au Nord-Kivu.
Selon les informations, des représentants des FDLR auraient participé à cette réunion, au cours de laquelle il aurait été décidé de coopérer autour d’un objectif commun identifié comme la lutte contre le M23. Il aurait également été question de promesses de rémunération et de fourniture d’équipements militaires aux groupes armés participants.
Parmi les épisodes attribués à cette coopération figure l’attaque du village de Nturo, dans le territoire de Masisi, en octobre 2023. Selon plusieurs témoignages de survivants, l’opération aurait impliqué des forces spéciales congolaises appelées « Hiboux », dirigées par le major Peter Kabwe, ainsi que des unités CRAP conduites par le lieutenant Noheli Nyiringabo, alias « Seigneur de Guerre », en coordination avec des combattants Wazalendo.
Toujours selon ces récits, le village majoritairement habité par des Congolais tutsis a été incendié, l’opération ayant été menée conjointement par les FDLR et des groupes Wazalendo, sous supervision des forces armées congolaises.
Malgré ces alliances, la coalition pro-gouvernementale a subi plusieurs revers face à l’avancée de l’AFC/M23, qui a progressivement repris plusieurs localités dans le Nord-Kivu, entraînant un repli vers des zones proches de Goma.
Certains combattants des FDLR auraient été redéployés dans des positions occupées par les forces congolaises à Mubambiro, à environ 20 kilomètres de Goma, où des opérations conjointes auraient été planifiées avec les FARDC et les milices Wazalendo.
Début 2025, face à l’intensification des offensives de l’AFC/M23 dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, le Général Omega et plusieurs de ses combattants auraient fui vers différentes zones, notamment Shingisha et Walikale.
Une coopération jusqu’au niveau étatique
Des documents de renseignement affirment que la coopération entre les FARDC et les FDLR se poursuivrait à un niveau élevé, avec une implication de certaines autorités de Kinshasa, contrairement aux périodes antérieures où ces interactions étaient attribuées principalement à des officiers régionaux du Nord-Kivu.
Selon ces sources, le général de brigade Uwimbabazi (G2) et le général de brigade Nzabanita (G3) auraient été chargés par le Général Omega de maintenir des contacts réguliers avec les autorités militaires congolaises afin de coordonner des opérations conjointes.
En mars 2026, le général-major Jacques Nduru Ychaligonza, vice-chef d’état-major des FARDC chargé des opérations et du renseignement, s’est rendu à Kisangani dans la province de la Tshopo, affirmant vouloir lancer des opérations de démantèlement du FDLR.
Certaines sources affirment toutefois qu’il aurait rencontré le Général Omega afin d’évoquer un repositionnement des combattants FDLR dans des zones contrôlées par l’AFC/M23 à Rutshuru, dans le but de permettre au gouvernement congolais de démontrer à la communauté internationale son incapacité à neutraliser le groupe, en raison de sa présence hors des zones contrôlées par l’État.
Alors que le général-major Ychaligonza est arrivé à Kisangani le 29 mars, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe, a déclaré qu’en moins de 48 heures, environ 700 armes auraient été livrées aux FDLR, dont des mortiers, des munitions et des fonds financiers.
Selon cette déclaration, des avions auraient aussi été déployés vers Walikale le 31 mars pour acheminer ces équipements, malgré les annonces officielles de lutte contre les FDLR.
Dans un contexte de détérioration des relations entre Kigali et Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a également reçu à Kinshasa des ressortissants rwandais impliqués dans des projets de déstabilisation, parmi lesquels Jean-Luc Habyarimana, fils de l’ancien président Juvénal Habyarimana, ainsi que d’anciens responsables rwandais en exil.
Des informations indiquent également que le chef de l’État congolais aurait rencontré d’anciens cadres du FDLR, dont Faustin Murego, ancien conseiller de l’ex-président du mouvement Ignace Murwanashyaka, ainsi que Thaddée Kwitonda, poursuivi par la justice belge pour des faits liés au génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis au Rwanda.



Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire