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Une vendeuse de mandarines prête à tout pour ses enfants

Redigé par INGABIRE Luc-Noël
Le 19 juin 2014 à 09:54

Une maman citadine, vendeuse de mandarines sur les trottoirs du centre-ville de Bujumbura est prête à tout pour avoir un seul plat par jour pour les siens.
En pagne bleu couvrant la partie inférieure, bien assise sur le trottoir, panier de mandarines entre ses jambes, à un mètre des eaux usées dégageant un cocktail d’odeurs nauséabondes, elle avise : « Je ne dirai pas mon nom pour ma sécurité ». Dans cet article, On lui attribue le pseudo NSABIMANA Chantal.
A 28 ans, NSABIMANA Chantal lutte pour la (...)

Une maman citadine, vendeuse de mandarines sur les trottoirs du centre-ville de Bujumbura est prête à tout pour avoir un seul plat par jour pour les siens.

En pagne bleu couvrant la partie inférieure, bien assise sur le trottoir, panier de mandarines entre ses jambes, à un mètre des eaux usées dégageant un cocktail d’odeurs nauséabondes, elle avise : « Je ne dirai pas mon nom pour ma sécurité ». Dans cet article, On lui attribue le pseudo NSABIMANA Chantal.

A 28 ans, NSABIMANA Chantal lutte pour la vie de ses trois trésors : Orly (11 ans, 5ème année primaire), Sentiment (garçon de 7ans, 1ère année) et Samuela (la cadette). A ses trois enfants s’ajoutent sa sœur qui fait sa terminale en Lettre Moderne, et tous comptent sur le panier de mandarines de Chantal.

D’un regard perdu, les larmes oscillants dans les yeux noirs, Maman Orly se souvient des derniers mots de son mari : « Je ne veux pas voir mes enfants mourir de faim sous mes yeux. Je pars ! ». NSABIMANA Chantal est native de la commune urbaine de Musaga, tout comme son mari, ancien commerçant au marché centrale de Bujumbura. Ce papa n’a enregistré que des échecs successifs dans ses tentatives de relancer dans le commerce. Insupportable pour le père, il lâche son foyer. D’une voix decrescendo, les yeux tournés vers le sol, la main droite palpant une mandarine dans son panier, aux pieds des passants, dans les bruits des moteurs du centre-ville Bujumbura, Chantal dit : « Il y a six mois qu’il nous a laissé tomber et je n’ai eu de ses nouvelles ».

Maman Orly n’a pas dépassé la septième année d’étude. Chantal vit dans un bidonville qui est à Kanyosha. Attendant des clients de mandarines, sept jours sur sept, de 7h du matin à 22h. « Avant je travaillais à l’intérieur du marché et j’avais un capital de 500 000 à 800 000 fr bu, mais maintenant je vends pour les autres pour gagner 2000 frbu du surplus sur le gai des grossistes », partage NSABIMANA Chantal.

Depuis le 27 janvier 2013, tout à changer pour Maman Orly. Elle-même le reconnait : « Je pourrais même voler une marmite d’un cuisinier distrait pour nourrir mes enfants ». Très soucieuses de ses enfants, avec un cœur sensible aux pleures de ces derniers, cette vendeuse indique : « Je suis prêtes à commettre l’adultère pour que mes enfants dorment en ayant mis quelque chose sous la dent ». Chantal est victime de plus de dix rafles policières, synonyme de dix paniers de mandarines perdu alors que pris à crédit. Au jeu du chat et de la souris, elle a déjà séjourné à la BSR deux semaines. « Ma sœur a contracté des dettes pour faire vivre mes enfants », déclare Maman Orly.


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