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Une opinion publique suggère le renforcement de la répression des crimes de viol de mineures au Rwanda

Redigé par IGIHE
Le 15 novembre 2019 à 01:54

Le Code Pénal rwandais a été révisé en ses articles relatifs à la répression des crimes de viol.

Cette révision concerne les crimes de viols sur mineures pour lesquels les peines ont été alourdies. Ainsi, un viol sur une mineure de moins de 18 ans sera passible de 20 à 25 ans de réclusion. Par contre quand le viol est commis sur une mineure de moins de 14 ans, c’est la perpétuité ; une peine qui ne peut être commuée. cela vaut de même pour un viol suivi d’inoculation de MSTs incurables ou de forcer la mineure à vivre comme sa femme par le violeur.

Cette révision à la hausse des peines de crimes de viols n’a pas eu un impact souhaité, du moins pour le moment. En 2016, on a dénombré 17.000 mineures qui ont porté des grossesses non désirées partout dans le pays. En 2018, les mêmes statistiques du ministère de la santé ont montré que ce chiffre a augmenté jusqu’à 19.000.

Cette situation inquiétante a été commentée par le Chef de l’Etat Paul Kagame devant les magistrats du pays, le 5 novembre dernier, alors qu’il procédait à l’inauguration de la nouvelle année judiciaire.

"Le renforcement des instruments judiciaires n’a pas impacté sur la réduction du nombre de crimes de viol. Le judiciaire fait son travail mais cela n’a pas courbé la tendance de ce problème. Je pense que nous devons renforcer davantage des outils de lutte contre ce fléau. Je laisse la diligence aux experts", avait alors déclaré Paul Kagame.

Perpétuité ou perpète et isolement ?

Il est triste de voir que les adolescentes qui tombent enceintes de cette façon sont abandonnées à elles seules. La plupart ne recevant pas l’aide des auteurs de ces grossesses quand elles viennent à terme, cassant ainsi l’avenir de ces enfants.

Ces adolescentes expriment leur dépit face aux auteurs de leurs malheurs.

"Je souhaiterais voir puni mon ancien partenaire qui m’a abandonné complétement. Il faut que ces personnes comprennent qu’il faut respecter la valeur d’une personne. Quand vous punissez une personne pour le crime qu’elle a commis, ses camarades apprennent à ne pas faire comme lui", a dit cette adolescente -mère rencontrée au Centre de Marembo en district urbain de Kicukiro. Le Centre en soi accueille des enfants portant des grossesses non désirées en difficultés familiales.

Nicolette Nsabimana, Directrice du Centre de Marembo explique en partie pourquoi les statistiques des grossesses non désirées.

"C’est parce que les adolescentes osent parler depuis qu’une campagne de sensibilisation court contre ce crime", a-t-elle dit trouvant qu’auparavant il y avait une culture du silence qui favorisait les criminels, souvent parentés aux victimes.

Pour elle, il faut que la loi prescrive une clause ordonnant un affichage public du criminel de viol par le biais des nouvelles technologies de l’Information. Elle trouve que le fait de l’emprisonner revient à le cacher de l’opinion publique qui n’en tire pas une leçon.

Mme Nsabimana part de la pratique occidentale qui fait porter un collier électronique à un détenu relâché provisoirement et qui contrôle ses mouvements. Elle trouve qu’une solution similaire devrait être faite au criminel de viol. "Cela servirait de leçon aux potentiels criminels. C’est une prévention de ce crime", a-t-elle dit précisant qu’il lui serait ainsi privé de mouvement de fréquenter les stades de jeu, les cathédrales et autres places de prières, les places de marché, les salles de classes.

Un juriste du nom de Ndengeyingoma relève un caractère de fausses croyances criminelles d’une certaine opinion rurale rwandaise qui part du fait que certaines gens ayant attrapé certaines maladies, croient qu’il faut violer les enfants pour se guérir de ces maladies.

En d’autres termes, la répression de ce crime doit s’accompagner d’une large campagne de sensibilisation contre ce crime à la base communautaire afin de vaincre ces fausses idées ancrées dans la conscience de certaines gens. Cela se ferait-il donc sous forme de prévention de ce crime.

L’Organe National RIB chargé des Investigations criminelles a publié les statistiques de ce crime. Au cours de l’année budgétaire 2016-17, 2091 plaintes de ce crime ont été reçu contre 3512 pour 2018-19.

Ils sont actuellement 3417 criminels et présumés coupables de viol pour 2018-19. Ils étaient 3001 en 2017-18 et 2092 en 2016-17.


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