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Une ombre dans les relations entre le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.

Redigé par IGIHE
Le 15 février 2019 à 02:47

Dans la vie d’un individu, un bon voisinage est un trésor en or. On ne peut être insensible au problème du voisin, encore moins en être l’origine. Il en est de même pour un pays. Qu’en est-il des trois pays voisins, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, tous membres de diverses organisations régionales ?

Le Rwanda a de bonnes relations avec tous les pays de l’Afrique à part ses deux voisins, le Burundi et l’Ouganda, qui ne cachent pas leur soutien aux groupes armés visant la destabilisation de la sécurité du Rwanda, tel le FDLR /Forces Démocratiquea de Libération du Rwanda et le RNC/Rwanda National Congress.

Le Rwanda, dans sa politique, a toujours été convaincu que le dévéloppement d’un pays va de pair avec celui du voisin, qu’un dévéloppement isolé n’est pas durable.
C’est dans ce cadre qu’il a donné un coup de main au Burundi pour son entrée dans la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est, EAC, notamment en payant pour lui la première contribution qui lui était exigée. Qu’est-ce qui a fait alors basculer cette fraternité ?

Il faut remonter à 2015 quand des conflits internes sont nés du 3ème mandat présidentiel de Nkurunziza. Plusieurs miliers de Burundais se sont réfugiés au Rwanda. Le Burundi a alors accusé le Rwanda d’appuyer et de servir de terrain d’entraînement militaire à de jeunes Burundais en vue de renverser le pouvoir de Nkurunziza.

Les relations de bon voisinage entre les deux pays en ont alors souffert. Les rwandais résidant au Burundi ont commencé à en payer les frais, par des emprisonnements arbitraires. La coupure des relations commerciales et autres ont suivi.

Ceux qui suivent de près la politique du Burundi affirment que dès sa prise du pouvoir, le Parti CNDD FDD a écarté et a combattu tous les autres Partis politiques, et s’est mis à semer le venin de l’ethnisme et à vouloir le faire avaler aux peuples voisins.

Pour Albert Rudatsimburwa, journaliste et spécialiste de la politique des pays des Grands Lacs, le pouvoir de Bujumbura s’est rendu impopulaire et devait chercher un bouc émissaire. Il l’a trouvé en la personne du Président rwandais, le seul qui a osé dire clairement que les problèmes du Burundi émanent de la mauvaise gouvernance.

Le Burundi n’a pas cessé d’appuyer le FDLR et le RNC.
Le rapport de l’ONU confirme que les armes, la nourriture, les médicaments et les vêtements de la RNC de Kayumba Nyamwasa proviennent de Bujumbura. Le Burundi dément et continue à dire que le Rwanda est la source de ses problèmes. Il prétend même que ce dernier devrait lui demander pardon.

Comme pour se liguer contre le Rwanda, Museveni fait son apparition sur la scène. Mais pour les connaisseurs de ces deux pays, la tache dans leurs relations ne date pas d’hier.
L’histoire montre que les Rwandais, après avoir aidé Museveni à prendre le pouvoir en Ouganda, ont commencé leur lutte de libération du Rwanda. Rudatsimburwa estime que tout devait unir le Parti de Museveni et celui du FPR.

Tout a basculé quand l’APR lui a prouvé sa mâturité, traversant les frontières du Zaîre de Mobutu à la poursuite des Interahamwe et les ex FAR génocidaires, qui revenaient semer la terreur et tuer, de 1994 à 1998. C’était après que la communauté internationale avait fait la sourde oreille aux nombreux appels d’alarme de Kigali.

Museveni avait toujours crû et souhaité être considéré comme leur parrain, que rien ne pouvait se faire sans lui. Il a mal digéré cette action. Pour Albert Rudatsimburwa, c’est aussi la jalousie de voir les médailles et divers prix que remporte le Président Kagame.

Museveni ne regarde pas d’un bon oeil le dévéloppement du Rwanda et la renommée internationnale dont jouit son homologue Paul Kagame. C’est donc un problème individuel plus qu’un conflit entre les deux pays.

Plusieurs preuves confirment l’appui de l’Ouganda aux groupes FDLR et RNC qui veulent destabiliser la sécurité du Rwanda. Un groupe de 40 personnes ont été arrêtées à la frontière ougando-tanzanienne quand ils partaient pour des entraînements militaires au sein du RNC de Kayumba Nyamwasa.

Un rapport des experts de l’ONU a montré récemment que ce groupe s’entraînait en RDC, et Laforge Fils Bazeye porte-parole du FDLR et Lt Col Abega chargé du service de renseignement du FDLR ont été saisis de retour de Kampala où ils avaient participé à une réunion avec le RNC de Nyamwasa.

Il ne se passe un jour sans que l’on entende un Rwandais emprisonné et torturé en Ouganda. Le nombre des Rwandais torturés par les services de sécurité dans ce pays ne cesse de croître. La visée n’est autre que la provocation.

Et comment s’y prend le Rwanda ?

Le Rwanda est aujourd’hui 5ème au niveau mondial et 2ème au niveau africain à avoir une population sécurisée. Il est le 3ème en Afrique à être apprécié pour accueillir les sommets internationaux, 29ème au niveau mondial et 2ème en Afrique parmi les pays qui facilitent l’investissement privé international et local. S’il répondait à ces provocations, il tomberait dans le jeu de l’ennemi. Il doit sauvegarder ses acquis.

“Nous autres, nous ne sommes pas concernés par ce qui se fait au delà des frontières. Nous sommes concernés par chez nous. Ajustons nos affaires, dévéloppons-nous, évitons de prêter les oreilles aux dires des autres. Mais il ne suffit pas seulement de faire des actions de dévéloppement, il nous faut également nous apprêter à les défendre quand la nécessité l’exige”.

“Nous ne provoquons personne, mais il n’est pas bon non plus que l’on nous provoque. Que nos forces servent à nous construire et à protéger ce que nous avons construit. Quand on se parle avec le voisin, quand vous collaborez, quand vous échangez, c’est toujours bénéfique pour chacun”, a-t-il conclu.


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