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Une forte natalite dans les ménages rwandais : mentalités non evolutives, une veritable bombe a desamorcer

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 20 août 2019 à 10:02

Les programmes de sensibilisation pour le contrôle des naissances sont-ils bien perçus au Rwanda par les ménages des pauvres fermiers ? La question est de savoir si ces programmes sont bien pensés avec des mesures d’accompagnement nécessaires.

Le cas de Fortunée Mukashyaka, 35 ans, originaire de Ruhashya dans le village Bwankusi, qui vient de faire des triplets après neuf naissances bien réussies, invite à réfléchir sur la méthodologie adoptée pour la limitation de naissances au Rwanda.

Fortunée et son mari Vincent Ntahobavukira, 48 ans, ont alors une famille de 12 enfants d’une union non légitimée par un mariage officiel. Ce ménage est listé dans la catégorie II des personnes vulnérables.
Pour Fortunée, les enfants c’est le don du ciel ! On ne peut pas les refuser ! A la bonne heure. Les enseignements de l’église catholique font l’effet d’une bombe qui incendie les esprits des pauvres manants.
“Nous vivons de nos prestations chez des gens à qui nous proposons de cultiver leurs terres et de nous payer au quotidien notre pitance. Notre lopin de terre est insignifiant. Il ne peut pas à lui seul nourrir notre famille. Je trouve que notre capacité est si petite qu’il nous faut des gens de bonne volonté pour nous aider à élever ces enfants », a confié au journaliste d’Igihe venu constater cette douzième maternité pour une famille extrêmement pauvre qui aura certainement droit au lait et à la farine de bouillie mais non à un package d’argent que seules bénéficient les personnes de la Catégorie 1 d’indigents.

Ici comme ailleurs en Province du Nord ou de l’Ouest, le phénomène de la forte natalité n’est pas apparemment perçu avec toute son acuité comme un problème, confie au reporter un fonctionnaire de District Huye. Il s’entend que l’église catholique y joue un rôle quand elle ne veut pas prêcher le planning familial parmi ses paroissiens.

« Or il suffit d’une parole persuasive à ce sujet pour que les fidèles changent de dispositions spirituelles à ce sujet. Mais même les officiels gouvernementaux et ceux des gouvernements locaux n’y insistent pas assez. Ils semblent avancer le fait que faire des enfants ne devient un problème qu’au cas où la famille est irresponsable. Pourtant, ils oublient que cette irresponsabilité est un problème de stagnation culturelle savamment entretenue par une église catholique et autres confessions religieuses qui assimilent le fait de limiter les naissances par des méthodes non naturelles est un péché », a dit cet intellectuel qui propose que

« Dans les contrats de performance que les Maires de Districts signent chaque année avec le Président de la République, ces derniers devraient, en premier lieu, préciser et décrire les méthodes associant les ménages et la société civile dans les approches et débats sur la question de limitations de naissances », a-t-il ajouté montrant que la bombe démographique rwandaise sera difficile à dégoupiller dans un proche avenir du Rwanda.

“Vous remarquerez en passant que la société civile rwandaise, principalement les églises, semble ne pas encore une fois jouer son rôle au moment où en matière de pasteurs d’âmes, ces églises sont plus écoutées par leurs paroissiens, surtout que le Rwanda est très croyant. Il faut dire aussi que les milieux de recherche universitaires semblent ne pas comprendre qu’ils sont interpellés par le sujet », a indiqué un autre sociologue qui a requis l’anonymat. Il trouve que le Régime rwandais actuel ne met pas le paquet pour favoriser des études indépendantes venant compléter par leurs analyses, le Centre national de Statistique.


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