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Une fin tragique de l’artiste catholique Kizito Mihigo : « Tout est vanité !!! »

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 11 mars 2020 à 06:10

Le jeune artiste catholique Kizito Mihigo, 38 ans, aura électrisé le monde chrétien catholique rwandais pendant ce petit temps où il aura commencé de se produire dans les cathédrales rwandaises entre deux pauses de messes célébrées et officiées par les personnes ensoutanées. Avant qu’il ne fasse son long séjour en prison pour complot et tentative d’atteinte à la personne du Chef de l’Etat, Kizito était le premier artiste aux zéniths rwandais. Il était dans tous les grandes fêtes officielles, entonnant ici l’hymne national, criant là bas le pire mal qu’est le génocide des Tutsi, tempérant dans le chef du clergé et laïcs rwandais les appétits gloutons dans leurs discours sourds éthnisants… Mais pour finir, il te produit… « Igisobanuro Cy’Urupfu » (La signififation de la mort).

Après « Jenoside yakorewe abatutsi niwo musaraba w’uru Rwanda » (Le Génocide perpétré contre les Tutsi est le malheur innommable de ce Rwanda) où il montre que cette sombre histoire du Rwanda a creusé un abysse difficile à combler pour qu’il y ait un véritable revivre ensemble des Rwandais, bourreaux et victimes ; le revoilà versatile. Comme si dans sa conscience il se convoque et se flagelle comme quoi il n’aurait pas dû écrire cette chanson luttant contre le négationnisme du génocide des Tutsi qu’il a personnellement subi dans toute son atrocité, il s’embarque dans une autre entreprise idéologique. Elle se résume dans sa chanson « Igisobanuro cy’Urupfu… ». Très clairement, il déroule ses idées, ses ressentiments, ses ambitions déçues… Cette chanson traduit les sentiments revanchards. Revanche sur qui ??? Sur le Régime actuel pardi ! Un régime qui a politiquement promu d’autres, plus nains que lui, et qui a oublié qu’au-delà de sa célébrité d’artiste, il a besoin de monter et s’asseoir sur « la table d’honneur ».

Un Discours ouvertement révisionniste
Le pauvre artiste va-t-il commencer à descendre dans les abysses ? Possible ! Sa Chanson « Igisobanuro cy’ Urupfu…) tacle la question idéologique de Ndi Umunyarwanda (la Rwandité) élevée au rang de volonté politique nationale comme l’une des stratégies officielles visant le « revivre ensemble ». Dans cette chanson qui pourrait être son meilleur chef-d’œuvre de par les riches sonorités des instruments de musique utilisés

Kizito bouscule le discours officiel de la réconciliation
Tout est dit dans cette chanson politiquement chargée. Il y va graduellement. Il commence par planer et montre qu’il se désintéresse des nourritures terrestres.

« Ma fierté mon amour ne viennent pas de cette Terre. Je ne les vends pas en échange des biens de ce monde. Je suis fier de mon humanisme (très élevé) »,
chante-t-il avant de retomber sur la Terre en criant que le crédo officiel hautement réconciliateur de la Rwandité ne devrait pas prendre beaucoup d’espace idéologique avant son appartenance ethnique et celle des autres.

Pire que cela, il relativise les types de morts. Pour lui, supprimer une personne en la génocidant, se venger sur les génocidaires ; toutes ces morts s’équivalent autant qu’un mort par accident ou par maladie naturelle. Les conséquences d’un tel discours ? Il va jusqu’à cautionner le double génocide.

Et cela fait la joie des génocidaires et autres politiciens négationnistes qui rêvaient de voir un rescapé enfourcher leur cheval idéologique.

Terrible ! Comment ce jeune chanteur rescapé du génocide a-t-il été récupéré par les milieux négationnistes rwandais évoluant en Occident dont l’abbé politicien Thomas Nahimana tristement célèbre par son brûlot Le Prophète-Umuhanuzi  ? Ce jeune homme a toujours évolué dans les milieux religieux catholiques.

Interrogé par une radio en ligne, le même abbé Nahimana regrette avec colère la mort inopinée de ce jeune chanteur catholique dans la salle de police où il séjournait après sa tentative d’exil échouée.

"Non, ce jeune homme-là avait un cœur d’or. Il approchait tout le monde sans autres considérations ; des rescapés autant que d’autres. Entre moi et lui, il était de loin plus jeune, nous discutions de tous les sujets avec respect mutuel. Nous nous accordions sur la philosophie de l’existence et celle de la vie d’au-delà de la mort", a confié cet abbé-politicien.

D’un pas à l’autre, on comprend facilement comment ce jeune homme crédule a été avalé par les fins propagandistes et activistes du négationnisme du génocide qui se font violence pour arborer une face humaniste avenante en passant par de superficiels crédo et préceptes religieux catholiques. Ne lui avait-on pas promis un poste ministériel au cas où il allait réussir la mission qui lui avait été donnée comme il l’a déclaré devant les juges préférant coopérer avec la justice dans l’espoir de voir sa peine allégée ?

« Les mobiles du crime qui m’a emmené en prison ? Il faut y aller doucement. A un certain moment un homme se recherche. Il n’est pas stable. C’est ce qui m’est arrivé. Je ne voyais pas clair en moi-même", a-t-il confié dans une interview télévisée à IGIHE à la sortie de la prison, il y a deux ans.

Pourtant la tentation a été plus forte que lui. Il a accepté de passer la frontière rwandaise sans attendre que la période probatoire ordonnée par le juge ne finisse. Le peloton qui devait le faire passer la frontière pour Bujumbura puis l’Occident étant venu très tôt et qu’il s’était retiré, le jeune artiste n’a pas pu garder le contact. Et le pire arriva. La réarrestation !


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