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Un silence complice des sociétés civiles ugandaise et rwandaise face aux arrestations illégales de Rwandais en Uganda

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 12 août 2019 à 02:26

Les Sociétés civiles rwandaise et ugandaise se taisent devant les tristes agissements de l’establishment de Kampala qui séquestre dans des conditions très peu honorables, torturent et déportent au Rwanda, les citoyens rwandais qui yrésident ou qui entendaient y faire un bref séjour pour diverses raisons. Face à cet arbitraire, les sociétés civiles ugandaise et rwandaise de différentes sections y compris celle intervenant dans le domaine des Droits de l’homme se taisent. Elles peuvent tout faire sauf se consulter et émettre un communiqué commun de protestation contre ces violations flagrantes et massives de droits humains.

« 

« D’abord ils sont venus pour les communistes
Et je n’ai pas protesté
Parce que je n’étais pas communiste

Puis ils sont venus pour les socialistes
Et je n’ai pas levé mon petit doigt
Parce que je n’étais pas socialiste

Puis ils sont venus pour les syndicalistes
Et je n’ai pas parlé
Parce que je n’étais pas syndicaliste

Puis ils sont venus pour les Juifs
Et je n’ai pas réagi
Parce que je n’étais pas juif

Puis ils sont venus pour moi
Et il n’y avait plus personne
Pour s’indigner en ma faveur

 »

Poète allemand Martin Niemoller en 1946 »

Ce poème de l’Allemand Niemoller est assez parlant et semble très actuel pour ce qui est de la situation de relations froides qui prévaut entre le Rwanda et l’Uganda ; deux pays voisins d’Afrique Centrale qui étaient considérés par l’Afriquue entière comme un foyer d’où devait rayonner un bon modèle de développement africain pensé par ses propres citoyens.

Le pasteur Martin Niemöller était d’avis que le silence des élites allemandes, y compris celui des hommes d’affaires, des églises et des milieux syndicaux, a sérieusement joué dans l’épuration de près de six millions de Juifs au cours de la Shoah 1938-1944.

Une attitude criminelle
Pour les sociétés civiles rwando ugandaises, ce qui se passe au sommet de la hiérarchie ugandaise, la soudaine inimitié que dans le strict silence l’Oncle Museveni voue à son cousin Kagame, ça ... "C’est une affaire interne entre anciens guérilleros qui se sont cotoyés jusqu’à la fin victorieuse de leurs guérillas respectives. Ils se sont mutuellement épaulés dans ces longues tâcles qu’ils ont abattues l’un (Museveni, en 1986 ; l’autre Kagame en 1994", semble dire le silence de cette société civile des deux pays.

Mais un autre scénario est aussi possible pour celle-ci. "Il faut faire attention à ces guerilleros, nous leur devons respect et une sainte crainte. Ces libérateurs sont capables de tout avec la discipline qu’ils imposent dans la gestion des affaires publiques. Accordons à ces deux leaders le bénéfice du doute. Sinon, à tout, si je dis quoi que ce soit qui blesse l’oreille du leader ou qu’il froisse son amour propre, ce sera fini pour ma boutique", peuvent dire ou pensent sérieusement les chefs des confessions religieuses, les activistes des droits humains.

Tous sans exception, ici ou là, sont allés dans la société civile (droits humains, jeunesse, femme, culturel, religion) non pas pour relever un niveau si bas au sortir de la guerre civile en Uganda ou du génocide des Tutsi du Rwanda, mais comme un créneau gagne-pain. La conséquence ? C’est que le gagne-pain, c’est cela ! On a faim jusqu’à rendre son dernier souffle.

Du côté Ouest, une autre société civile, le patronat rwandais sait également se taire quand il est question de fermer partiellement les frontières rwando ugandaises de Gatuna, Kagitumba et Cyanika. Ici aussi, ce patronat rwandais manifeste sa faiblesse. Il est obligé de suivre les ordres.

Financer les activités de la société civile pour empêcher les jeunes rwandais de rejoindre les forces destabilisatrices RNC et Fdlr
Ce Patronat rwandais rassemblé dans le PSF/Fédération Rwandaise du Secteur Privé semble ne pas savoir que même si ses intérêts doivent à tout prix composer avec ceux de l’autorité publique qui veille au sécuritaire à la gestion de la société, que ce Patronat a sa façon de percevoir comme protéger ses intérêts.

Face à la décision des pouvoirs publics de gérer ses frontières pour mieux décourager les actions de sape du CMI Ugandais qui, voulant prêter main forte au recrutement de jeunes rwandais pour le RNC/Rwanda National Congress, embrigade de force ces derniers pour les amener dans les camps d’entrainement de ce dernier ; pourquoi le Patronat rwandais n’a pas su travailler main dans la mais avec différentes sections de la société civile rwandaise pour sensibiliser les jeunes gens à ne pas franchir cette frontière ?

Cela s’entend qu’il faut encourager financièrement des activités lucratives pour jeunes et développer un esprit d’émulation positive entre eux.
Et comme le Patronat ugandais est aussi intéressé à ce commerce transfrontalier, des consultations des deux parties peuvent aboutir à la conception d’un mémorandum conjoint à adresser aux deux chefs d’état concernés.

On mettra au défi quiconque verra les deux chefs d’Etat imperturbables quand les sociétés civiles des deux pays liguées pour leur demander de revivre en bonne intelligence comme dans le temps, de réécouter la voix de la sagesse pour une paix retrouvée entre les deux peuples rwandais et ugandais.

Il est vrai que pendant tout ce temps, la Société civile ugandaise s’est généralement tue, non pas parce qu’elle ne se soucie pas des abus commis sur les rwandais en Uganda, mais simplement parce que logiquement ce ne sont pas des Ugandais dont ils sont responsables qui seraient la cible de ces violations de droits humains.

Mais cette attitude donne de la hardiesse aux autorités ugandaises qui, en l’absence de Rwandais sur qui commettre des abus afin de couvrir leurs actions criminelles au profit des RNC et FDLR, se répercutera sur les citoyens ugandais qui n’accepteront pas de voir leur gouvernement continuer à provoquer son voisin, ce qui nécessairement s’accompagnera de la détérioration de leurs conditions de vie.


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