Urgent

Un silence assourdissant des idéologies génocidaires

Redigé par Bérénice Rutaganda
Le 22 janvier 2019 à 10:45

Selon la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG), le combat contre le négationnisme n’est pas encore gagné. Cela est dû à l’indifférence des certaines personnes qui choisissent de garder le silence et refusent de dévoiler où se trouvent les charniers des victimes.

La commission affirme également que dans certains parties du Pays, les rescapés du génocide continuent de subir des actes haineux venant de ceux qui cherchent à cacher et faire oublier ce qui s’est passé.

Dans une interview accordée à la Radio Inteko ce 20 Janvier 2019, le Directeur de la CNLG, Dr. Jean Damascene Gasanabo explique : « Les Rwandais qui nient et banalisent le Génocide des Tutsi savent exactement ce qu’ils font. Ils sont poussés par le complexe du crime et la colère sourde de voir que leur plan d’exterminer les Tutsi n’a pas abouti. Ils le font sciemment parce qu’ils espèrent pouvoir accomplir le forfait qu’ ils ont planifié »

Pour le docteur, la majorité de ceux qui nient le génocide sont des gens bien informés, qui le font en toute connaissance de cause.

« On ne peut pas nier quelque chose qu’on ne connaît pas. Ces gens ne veulent pas voir le Rwanda évoluer. Ils essaient de diviser le peuple Rwandais. La politique actuelle est une politique inclusive qui unifie les Rwandais. On ne va jamais tolérer quiconque qui tente de nous diviser ! », a dit Dr Gasanabo.

Le docteur continue en disant qu’il y a des Occidentaux convaincus que les africains sont moins éduqués, qu’ainsi, ils cherchent à penser à leur place et leur ordonner ce qu’ils doivent faire.

Le thème était axé sur l’importance de protéger les sites mémoriaux du Génocide perpétré contre les Tutsis afin de lutter contre le négationnisme.

Uwiringiyimana Philibert, membre de AGPF-RWANDA (Members of the Anti-Genocide Parliamentary Forum) souligne que dans certaines parties du Pays, il y a des gens qui ne veulent pas indiquer là où se trouvent des fosses où les corps des Tutsi génocidés ont été enfouis..

Le silence qu’ils gardent dit tout de leur idéologie génocidaire. " Ceci se traduit par le sentiment de refus de dire ce qui s’est passé. C’est ce qu’on appelle « ipfunwe » en Kinyarwanda, le complexe du criminel, la colère venant de l’échec, de ne pas avoir consommé totalement leur forfait", dit Uwiringiyimana. Et d’ajouter :

« Si on ne fait pas attention, ceux qui ont préparé, organisé et exécuté le génocide pourraient rééditer leurs exploits criminels. C’est pourquoi chaque Rwandais a le devoir de perpétuer la mémoire. Ceci nécessite beaucoup d’engagement et d’effort ».


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