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Un cauchemar d’une mère rwandaise enceinte torturée en Uganda.

Redigé par Igihe
Le 29 avril 2019 à 02:00

En juillet dernier, Espérance Dusabimana, citoyenne rwandaise, s’est rendue en Uganda avec son mari pour rendre un dernier hommage à sa tante qui venait de décéder.

"Nous avons été arrêtés à Rubanda par des militaires ugandais et intimés de descendre du bus et de nous asseoir", a dit Dusabimana avant d’ajouter :

« Nous étions nombreux à bord et les hommes ont été immédiatement menottés. on a confisqué nos cartes d’identité pour mieux etre accusés d’entrer illégalement dans le pays ».

Vers 17 heures, les autorités ugandaises ont apporté un véhicule militaire et ont emmené tous les citoyens rwandais. Ils ont tous été illégalement détenus.

« Nos maris étaient toujours menottés, nous avons été emmenés à la prison de Ndorwa à Kabale à l’Ouest de l’Uganda où nous avons été détenus », raconte Dusabimana.

« Nous avons été battus à plusieurs reprises, nous devions nous présenter tous les matins pour assister à un defile, et les retardataires étaient battus. Les femmes étaient battues pour leur compte et doublement pour celui de leurs enfants », a-t-elle déclaré.
Dusabimana a été soumise à la torture tout au long de sa grossesse et affirme que c’est par la miséricorde de Dieu qu’elle n’a pas fait de fausse couche.

« A cause de ma grossesse, j’ai eu des complications et d’autres détenus ont appelé la Police pour l’ informer de mon état de santé precaire. J’ai été emmenée d’urgence à l’hôpital ou j’ai reçu un traitement de base. Les médecins m’ont donné des médicaments et j’ai été ramenée en prison »,

« J’ai enduré de vives douleurs, j’ai eu une vie difficile et j’ai mal mangé pendant tout le temps passé en prison. Quand j’ai eu des signes d’accouchement, j’ai été emmenée à l’hôpital. J’ai passé une journée à l’hôpital et on m’a ramenée en prison », dit-elle.

« Après un certain temps, j’ai demandé aux agents de sécurité de me laisser parler à mon mari et de lui permettre de voir le bébé. Ils ont refusé, mais comme j’ai insisté, nous avons été autorisés à nous rencontrer, mais on ne nous a donné qu’une minute », dit-elle.

Nous avons été nourris avec du maïs et des haricots à moitié cuits, a-t-elle dit, ajoutant qu’elle avait été prise de maux d’estomac et qu’elle avait été ramenée à l’hôpital uniquement pour y recevoir des comprimés à avaler. Elle a ensuite été ramenée en prison.

« Mon bébé a également été hospitalisé parce qu’il souffrait de malnutrition mais a quitté l’hôpital au bout de quatre jours », explique-t-elle.

Elle se souvient d’une femme décédée avec son nouveau-né dans la même prison.

« La femme était enceinte et elle est sortie de prison. En raison de mauvaises conditions de vie et de tortures et d’une mauvaise alimentation, elle est tombée malade et est décédée à l’hôpital. Nous avons été informés de sa mort et nous avons été choqués, puis son bébé est décédé quelques jours plus tard », dit-elle.

« Nous avons été menacés d’être conduits dans des camps de réfugiés. Les femmes enceintes ont été battues, mais les enfants ont le plus souffert. Il y a aussi un autre bébé qui est mort là-bas. "

"Je conseillerais les Rwandais de ne pas se rendre en Ouganda car il n’y a pas de sécurité, de nombreux Rwandais y languissent dans les centres de détention", a-t-elle déclaré.

Dusabimana a été déportée par les autorités ougandaises, samedi 27 avril 2019, à la frontière de Kagitumba, avec huit autres Rwandais, dont son mari.

Simon Bakoreyubusa, originaire du District de Ruhango, a déclaré qu’il menait ses affaires comme d’habitude à Mbarara, dans l’ouest de l’Ouganda, lorsqu’il a été arrêté en avril dernier par des militaires.
Il a passé presque un an menotté, avec les yeux bandés. Il était, avec d’autres détenus, tabassé par les forces de sécurité.

« J’ai été arrêté à mon domicile. J’ai d’abord été conduit à la caserne de Makenke, à Mbarara, où j’ai été sévèrement battu. Deux jours plus tard, j’ai été emmené dans les bureaux du CMI à Mbuya, à Kampala, où j’ai également été torturé. Toujours menotté.

J’étais détenu dans une grotte dans un endroit froid », raconte Bakoreyubusa, qui travaillait auparavant comme technicien dans une usine de lait.
"Ils voulaient que je dise que j’étais un espion qui travaillait pour le compte du Gouvernement rwandais afin qu’ils puissent me pardonner et me recruter parmi les rebelles du Congrès national rwandais (RNC), sans quoi je pourrais mourir", ajoute-t-il.
Bakoreyubusa affirme avoir passé presque toute l’année en détention, sans aucune accusation, ni être traduit devant un Tribunal.

« A notre grande surprise, nous avons été sortis de prison et avons repris nos documents. Ce n’est que samedi que nous avons franchi la frontière rwandaise », dit-il.

Depuis 2017, de nombreux Rwandais ont été arrêtés, détenus au secret et torturés en Uganda, selon des responsables.
Certains ont été libérés depuis et ont fait état de traitements odieux infligés par des personnes en connivence avec l’Armée ugandaise, beaucoup d’autres sont portés disparus.

Au cours des deux dernières années, environ 1 000 Rwandais ont été expulsés illégalement de l’Uganda, tandis que 190 ont été arrêtés et torturés, selon des informations communiquées par le Ministère rwandais des Affaires Etrangères.


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