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Une recherche se penche sur les causes de grossesses non désirées des mineures

Redigé par IGIHE
Le 31 janvier 2019 à 09:51

Mgr Rukamba Philippe, évêque de diocèse catholique de Butare, a déclaré ce mercredi 30 janvier 2019 qu’il est temps que l’Eglise Catholique participe à la solution du problème de grossesses non désirées de mineures.

Dans sa recherche, la Commission de l’Education de l’Eglise catholique a trouvé qu’à la source de ce problème se trouvent la pauvreté, le faible niveau d’éducation et l’impunité des auteurs de ce crime. L’éducation à caractère religieux est au bas niveau de telle sorte qu’il s’est avéré que peu d’enfants considèrent l’adultère comme un péché.

Les derniers chiffres du Ministère du genre et de la promotion femme ont montré que des jeunes filles de 15 à 17 ans ont attrapé des grossesses non désirées. Au cours de la seule année 2016, on a enregistré 47 nouveaux nés suite aux grossesses de mineures chaque jour dans le pays.

"L’Eglise Catholique, à travers sa Commission de l’Education, entend arrêter des stratégies de lutte contre ce problème",a déclaré Mgr Rukamba Philippe lors d’une réunion de 2 jours initiée ce 30 janvier 2019 à Butare.

L’Evêque fonde sa démarche du fait que l’église catholique est un partenaire de premier plan de l’Etat rwandais en matière d’éducation. Elle a sous sa direction 45% des écoles primaires au Rwanda.

“Nous devons entrer dans ce problème jusque dans ses racines afin de lui trouver une solution”, a dit Mgr Rukamba. Un groupe de chercheurs de cette Commission a dit que les résultats de leur recherche effectuée en 2017 confirment qu’à l’origine de ce problème se trouvent la pauvreté en premier lieu, le manque d’éducation due à l’irresponsabilité des parents, la presse et les réseaux sociaux, la non poursuite et l’impunité des auteurs de ces grossesses.

Le Département de l’Organisation des Nations Unies chargé de la Population, UNFPA, confirme que la pauvreté est en grande partie la source de ce problème.

Ishema Jérôme qui dirigeait le groupe des chercheurs, a estimé qu’il faut fournir beaucoup plus d’efforts dans l’éducation à caractère religieux car beaucoup de ces jeunes filles ne considèrent pas l’adultère comme un péché. Elles reconnaissent qu’il serait mieux de pouvoir dire non mais que c’est très difficile.

Triste recherche qui ne comprend pas qu’une inhibition des sentiments empêche également l’épanouissement dans le travail productif des biens et services économiques et éclatement de l’esprit d’initiative de la jeune personne. Ce chercheur prend l’éducation religieuse comme un palliatif. Quoi donc si les pouvoirs publics, les officiels et des maisons de recherche se penchaient plutôt sur une refonte de la culture rwandaise, de l’éducation sexuelle de l’enfant et de l’adolescent en ces temps de grandes mutations économiques ?

Ishema a enfin suggéré que soient constitués des Comités d’enseignants qui suivraient la vie des élèves au jour le jour et ainsi prévenir tout ce qui conduirait les enfants à l’adultère. L’Eglise déclarera, à la fin de la réunion, ses résolutions sur la prévention contre le problème des grossesses des mineures.

Dr Isaac Munyakazi, Secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement primaire et secondaire, a désapprécié que certains passages des conclusions de ces chercheurs se soient référés sur les recherches des autres :

“Vous nous dites que l’UNFPA affirme que la pauvreté est l’origine du problème des grossesses des mineures. La situation d’ailleurs est-elle similaire à la nôtre ? Est-ce le cas chez nous ? Car nous avons au Rwanda des mineures pauvres mais qui ne se méconduisent pas”, a-t-il réagi à la présentation du rapport de recherche de ces chercheurs.

Il a suggéré à la Commission de l’Education de l’Eglise de considérer ce problème dans le contexte rwandais au lieu des déclarations de l’OMS. Cependant Dr Munyakazi soutient que l’Eglise doit mettre plus d’efforts pour faire comprendre à ces jeunes filles que l’adultère est un péché qui les conduit à des grossesses.

Mais pourquoi ce Ministre ne veut-il pas reconnaître que la pauvreté est aussi un des motifs de ce problème ? Le Rwanda en serait-il immunisé ? L’impunité des auteurs des grossesses des mineures a été souvent dénoncée, mais le Ministre n’y a pas insisté.


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