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Transpoesis 2018 fait vibrer les jeunes de Kigali à la poésie : Casimir Yasipi primé

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 30 octobre 2018 à 03:36

Transpoesis est une organisation de promotion de l’art poétique parmi la jeunesse rwandaise grâce aux efforts inlassables de la sociologue suisse Andréa Grieder appuyée par un certain Kayitare Mustafa. Elle est à sa 10ème édition.

Andréa Grieder, Directrice et fondatrice de Transpoesis

Ce samedi 27 octobre, de 18 à 22 heures, dans la salle de ONE LOVE en contrebas du Centre Ville de Kigali, Transpoesis a réuni une centaine de jeunes venus essentiellement du Lycée de Kigali situé au Centre Ville de Kigali, du Petit Séminaire de Ndera, un quartier suburbain Est de la Ville de Kigali et du Lycée de Kagarama de Kicukiro au sud-est de Kigali.

En tout, 17 jeunes filles et garçons âgés entre 16 et 22 ans ont déclamé leurs poèmes en Kinyarwanda et en Anglais devant un jury composé de trois membres dont un membre de l’Académie des Arts, de la Culture et de la Langue Kinyarwanda, Modeste Nsanzabaganwa.

Le jeune Casmir Yasipi Uwihirwe, 17 ans, a remporté haut la main la compétition avec son poème "You are not a human". Ce poème rentre dans une vision du jeune auteur qui s’imagine ce qu’était le génocide des Tutsi de 1994 au Rwanda où une grande partie des Rwandais avait perdu son humanité pour chasser son voisin Tutsi du village et le lyncher et violer les valeurs universelles de respect de l’intégrité de la personne humaine.

Ces jeunes adolescents sont nombreux à avoir abordé ce thème où ils se posent une foule de questions sur le degré impensable d’inhumanité du citoyen rwandais surpolitisé négativement au moment du génocide des Tutsi de 1994.

D’autres jeunes poètes dont Emmanuel Murekezi avec "Nite Nde Data" (Qui pourrait être mon nouveau Père) ou Innocent Twiringiyimana avec son "Iyo Mba Umuntu" (Si j’avais été humain) ou ecore Juvens Nsabimana avec son Even God Can’t Change the Past (Le Passé est indélébile), tous ceux-là et d’autres ont intériorisé les différentes manifestations et les conséquences du génocide des tutsi qu’ils n’ont connu qu’à travers les récits oraux ou imagés et les vicissitudes de la vie.

"Vous êtes d’un niveau intellectuel supérieur vous qui, à partir des scènes de la vie, pouvez faire une oeuvre d’art", a encouragé M. Modeste Nsanzabaganwa, membre du jury et officiel de RALC/Académie Rwandaise des Arts, de la Culture et de la langue rwandaise.

En faisant cette sortie, il a tenté de comprendre dans son ensemble les pièces d’art produites par ces adolescents. Outre ceux-là qui sont restés marqués par cette tare criminelle rwandaise qu’est le génocide, d’autres dont Ritha Nyirakamana et son "Ni Indwara mu Zindi" (Maladie d’Amour), Joseph Chibalonza et son "Akagingo" (Ma Chérie, mon autre moi), ont déclamé de beaux poèmes exaltant l’amour.

"Contrairement aux premières organisations de Transpoesis où nous avions beaucoup d’adultes, actuellement nous focalisons sur les jeunes genspour qu’ils grandissent dans le respect des valeurs humanistes", a dit Andréa Grieder, sociologue et enseignante d’université, Directrice et fondatrice de Transpoesis.

Kayitare Mustafa, directeur artistique de Transpoesis, est fier de s’occuper de l’organisation dans les détails de ces rendez-vous poètiques qui ont lieu au moins une fois les quatre mois depuis 1996, date de début de ces activités.

"A voir l’affluence de ces joutes poètiques, nous pensons que nous avons initié un projet grandiose. Beaucoup de talents ne s’éclosent pas faute de forum approprié", a dit Mustafa réfléchissant sur le ’ faire autrement’ pour que Transpoesis devienne une institution pérenne.

L’Organisation de cette fête de la poèsie a été sponsorisée par l’Ambassade de Suisse au Rwanda et la Brasserie Skol. Transpoésis a un partenaire privilégié qu’est RALC. Cette RALC pense-t-elle fournir des espaces culturels bâtis où les poètes, jeunes et vieux, artistes de différents horizons, peuvent se produire ? A-t-elle dans ses projets autant que la Reine Mère Nyirarumaga des années 1500 a offert un palais de culture aux aèdes rwandais qui chantaient les hauts-faits de la Cour royale et des héros ? Pourra-t-elle donc, cette Académie Rwandais des Arts, de la Culture et de la Langue Kinyarwanda, construire des palais de culture, au moins un dans chacune des sept villes du pays, et permettre ainsi l’éclosion des talents cachés dans les citoyens rwandais ?

Mustafa, Directeur artistique de Transpoesis. Il reprend les poèmes primés et en fait un documentaire
M.Modeste Nsanzabaganwa de l'Académie Rwandaise de Culture, des Arts et de la Langue Kinyarwanda ; venu constater la dynamique des jeunes talents rwandais

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