Long d’environ six kilomètres, doté de 17 virages et conçu pour être parcouru dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, le tracé devrait se distinguer par son relief naturel, avec un dénivelé positif de 197 mètres par tour, présenté par ses concepteurs comme un record potentiel au calendrier de la discipline.

Le projet s’inscrit dans le cadre de l’organisation d’un Grand Prix de Formule 1 au Rwanda au début des années 2030, conformément à l’accord de dix ans conclu avec la discipline. Il vise également à faire du site une destination permanente pour le sport, les loisirs, les événements et les investissements.

Un circuit façonné par le relief naturel

Conçu par Tilke Engineers & Architects, le circuit s’étendra entre deux collines, à proximité d’un lac. Plutôt que de transformer considérablement le terrain, les concepteurs entendent exploiter sa topographie pour créer un tracé technique, offrant des points de vue panoramiques et rapprochant les spectateurs de la piste.

Dr Carsten Tilke, directeur général du cabinet, a expliqué que l’objectif était de concevoir un circuit à la fois exigeant pour les pilotes et propice aux dépassements. Le tracé comprendra notamment une ligne droite de plus d’un kilomètre débouchant sur une zone de freinage importante, ainsi que des enchaînements de virages rapides près du lac.

Les montées, les descentes et les virages relevés, avec des pentes atteignant environ 12 % à 13 % sur certaines portions, devraient mettre à l’épreuve les pilotes et les ingénieurs. Tilke a comparé le circuit à des « montagnes russes », soulignant l’importance de la vitesse, des dénivelés et des possibilités de dépassement pour favoriser des courses disputées.

L’expérience des spectateurs constitue également une priorité. « Ils doivent être proches de la piste, la ressentir et en faire partie », a déclaré Tilke à la presse à Kigali.

Alexander Wurz, ancien pilote de Formule 1 ayant participé à la conception du projet, a pour sa part estimé que les collines et le lac faisaient de Bugesera un site particulièrement adapté. Le tracé devrait ainsi mettre en valeur les paysages rwandais tout en offrant un défi technique aux concurrents.

Le projet prévoit en outre, un village des paddocks et des installations annexes intégrés au relief. Selon Tilke, les paddocks seront aménagés en terrasses, tandis que l’architecture s’inspirera des villages traditionnels rwandais, de leur esprit communautaire et de l’utilisation de matériaux locaux.

Les infrastructures devraient accueillir non seulement des courses de Formule 1, mais aussi d’autres compétitions automobiles, des concerts, des expositions et divers rassemblements tout au long de l’année.

Des aménagements de loisirs sont également envisagés autour du lac. Jules Muheto Ndenga, directeur général de Bugesera Airport City, a évoqué la création de terrasses et d’espaces récréatifs près de l’eau, ainsi que la possibilité d’y développer des activités nautiques.

Le site devrait aussi disposer de routes d’accès, de ponts ou de passages souterrains permettant aux spectateurs de circuler entre les différentes zones sans traverser la piste pendant les courses.

Conçu par Tilke Engineers & Architects, le circuit s’étendra entre deux collines, à proximité d’un lac

Des retombées économiques attendues

Jean Guy Afrika, directeur général du Rwanda Development Board (RDB), a indiqué que le Rwanda avait constitué un consortium international réunissant des acteurs publics et privés et discutait avec des investisseurs potentiels, notamment des fonds d’investissement, des structures de gestion de patrimoine familial et des particuliers fortunés.

Selon lui, le circuit pourrait accueillir environ 100 000 spectateurs et générer une activité économique importante dans l’hôtellerie, la restauration, le commerce et les services.

« Sur un week-end, nous parlons de près de 300 000 personnes qui consommeront des produits et des services, notamment dans les commerces, les restaurants, les hôtels et les infrastructures d’hébergement », a-t-il déclaré.

Ces retombées pourraient favoriser les entreprises locales, stimuler les investissements dans le tourisme et l’hôtellerie, soutenir l’emploi et accroître les recettes publiques grâce aux impôts et aux taxes.

« Le circuit que nous construisons est polyvalent. Nous ne visons pas un seul week-end, mais une utilisation tout au long de l’année », a insisté Afrika.

Concernant l’échéance du début des années 2030, il a précisé qu’elle permettrait de disposer d’une marge suffisante pour finaliser les préparatifs. La date définitive du Grand Prix sera fixée en coordination avec la Formule 1, une fois les exigences nécessaires satisfaites.

Jean Guy Afrika, directeur général du RDB, a indiqué que le Rwanda avait formé un consortium international public-privé et échangeait avec des investisseurs potentiels, dans le cadre du projet

Le Rwanda veut contribuer à l’avenir du sport automobile africain

Le Président Paul Kagame a présenté ce projet comme une occasion de renforcer la participation de l’Afrique à l’industrie sportive mondiale, en favorisant les investissements, le développement des compétences et l’accès des Africains aux métiers techniques du sport automobile.

« Nous voulons contribuer, et pas seulement participer. Un nouveau chapitre du sport automobile commence aujourd’hui », a-t-il déclaré, estimant que les Africains devaient pouvoir jouer un rôle plus important que celui de simples spectateurs.

Le président-directeur général de la Formule 1, Stefano Domenicali, a affirmé que le Rwanda réunissait la vision et les conditions de partenariat recherchées par la discipline pour revenir sur le continent. Le dernier Grand Prix de Formule 1 organisé en Afrique remonte à 1993, en Afrique du Sud.

« Depuis de nombreuses années, nous exprimons notre volonté de revenir, mais nous avons toujours affirmé que ce retour devait se faire de la bonne manière, avec la bonne vision et les bons partenaires. Ce partenaire, c’est le Rwanda », a déclaré Domenicali.

Il a ajouté que le projet devait laisser un héritage durable et inspirer les générations futures, au-delà de la seule organisation d’une course.

De son côté, Mohammed Ben Sulayem, président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), a révélé que le Rwanda pourrait accueillir en 2030 le lancement du nouveau moteur V8 de la Formule 1.

« Nous travaillons ensemble pour que le lancement du nouveau V8 ait lieu en 2030. Le Rwanda accueillera donc ce moteur lors de sa toute première course », a-t-il déclaré.

L’accueil de ce Grand Prix s’ajoute à d’autres événements internationaux de grande envergure organisés par le Rwanda, notamment les Championnats du monde de cyclisme sur route de l’UCI en 2025, le Congrès de la FIFA en 2023, les assemblées générales et la cérémonie de remise des prix de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) en 2024, ainsi que la Basketball Africa League (BAL). 

Le pays accueille également d’importantes rencontres diplomatiques et économiques, dans le cadre d’initiatives visant à accroître la visibilité internationale du Rwanda et à favoriser le tourisme et les investissements. 

Le Président Paul Kagame a présenté ce projet comme une occasion de renforcer la participation de l’Afrique à l’industrie sportive mondiale
Les projets du Rwanda visant à faire revenir la Formule 1 en Afrique prennent forme autour d’un circuit envisagé dans le district de Bugesera
Dr Carsten Tilke, directeur général du cabinet, a expliqué que l’objectif était de concevoir un circuit à la fois exigeant pour les pilotes et propice aux dépassements