Selon le rapport annuel 2025 du "Rwanda Development Board" (RDB), les recettes touristiques sont passées de 164 millions de dollars en 2021 à 685 millions en 2025, après avoir atteint 455 millions en 2022, 620 millions en 2023 et 647 millions en 2024.

En 2025, elles ont progressé de 6 %, notamment grâce à la hausse du nombre de visiteurs et des recettes du transport aérien, qui ont augmenté de 9 % pour atteindre 594 millions de dollars. Le tourisme lié aux gorilles a, pour sa part, généré 248 millions de dollars, en hausse de 7 %.

En 2025, le Rwanda a accueilli 1,49 million de visiteurs, contre 1,36 million en 2024, soit une hausse de 9 %, alors que les arrivées par voie aérienne ont progressé de 23 %.

Lorsque le Rwanda a lancé Kwita Izina en 2005, environ 430 gorilles de montagne vivaient dans le massif des Virunga. Aujourd’hui, leur nombre dépasse 1 100 dans ce massif partagé entre le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo.

Cette progression résulte de plusieurs années d’efforts impliquant les gouvernements, les organisations de conservation, les chercheurs, les vétérinaires, les gardes des parcs et les communautés locales.

« Grâce au leadership du Rwanda, au dévouement des acteurs de la conservation et à l’engagement des communautés, les gorilles de montagne ont été préservés d’une situation critique. Aujourd’hui, leur population dépasse 1 000 individus dans le monde, dont plus de 600 dans le massif des Virunga », avait déclaré le Premier ministre Dr Justin Nsengiyumva lors de la 20ᵉ édition de la cérémonie de baptême des bébés gorilles.

Pour le Rwanda, la protection des gorilles ne se limite donc plus à la conservation d’une espèce menacée, mais constitue également une attraction touristique majeure, génératrice de revenus pouvant soutenir à leur tour la conservation et les communautés.

Kwita Izina illustre particulièrement le lien entre conservation et tourisme. L’édition 2026 se tiendra à Kinigi, dans le district de Musanze, le 4 septembre, avec le baptême de 22 bébés gorilles. Depuis 2005, 438 gorilles ont été nommés jusqu’à l’édition 2025.

Au fil des années, la cérémonie est devenue une plateforme réunissant conservationnistes, chercheurs, responsables gouvernementaux, acteurs économiques et visiteurs internationaux autour de la protection de la faune et du rôle des communautés.

La conservation des gorilles de montagne est devenue un véritable succès touristique au Rwanda

Selon le RDB, Kwita Izina reflète la vision du Rwanda selon laquelle la conservation doit non seulement protéger la faune, mais aussi créer des opportunités, soutenir les communautés, développer le tourisme et préserver l’environnement pour les générations futures.

L’événement contribue ainsi à promouvoir le Rwanda comme destination touristique et à mettre en avant la valeur économique de la protection de son patrimoine naturel.

Le Rwanda ne mise toutefois pas uniquement sur le tourisme lié aux gorilles. Les visites d’ordre personnel ont généré 180 millions de dollars, en hausse de 19 %, tandis que le tourisme éducatif a rapporté 64 millions de dollars, après une croissance de 17 %. Le tourisme d’affaires a, quant à lui, contribué à hauteur de 112 millions de dollars.

Cette diversification a permis d’élargir l’offre touristique du pays, tandis que le tourisme lié aux gorilles continue de jouer un rôle central dans l’offre de tourisme animalier du Rwanda.

Le Rwanda cherche également à faire profiter les communautés des retombées économiques de la conservation. Dans le cadre du programme de partage des revenus du tourisme, 10 % des recettes touristiques sont destinées aux communautés vivant autour des aires protégées.

Ces fonds financent notamment des écoles, centres de santé, infrastructures hydrauliques et autres équipements communautaires.

Selon le RDB, plus de 23 milliards de francs rwandais ont été investis dans près de 1 300 projets communautaires depuis le lancement du programme. L’objectif est de renforcer le lien entre les populations et la conservation en permettant aux communautés vivant à proximité des parcs de bénéficier de l’économie touristique.

Le Rwanda prépare également une nouvelle phase de ses efforts de conservation avec un projet de 259 millions de dollars sur dix ans visant à étendre le parc national des Volcans de 3 740 hectares et à créer une zone tampon de 6 620 hectares.

Le projet comprend le Smart Green Village de Rurembo, évalué à 30 millions de dollars, destiné aux familles relocalisées dans le cadre de l’extension du parc. Le village disposera notamment d’eau, d’électricité, d’écoles, de centres de santé, de terres agricoles et d’infrastructures d’élevage.

Le projet devrait améliorer les conditions de vie de plus de 17 000 personnes, dont 547 ménages appelés à s’installer dans le village, et contribuer à réduire de 80 % les conflits entre les populations et la faune sauvage.

Le tourisme lié aux gorilles a généré 248 millions de dollars, en hausse de 7 %