Développée par KT Hub, un centre rwandais spécialisé dans l’agriculture intégrée et l’agro-industrie, cette technologie a été présentée lors de la 19ᵉ Foire agricole du Rwanda, organisée par le ministère de l’Agriculture et des Ressources animales (MINAGRI).
L’innovation permet aux vétérinaires d’examiner l’appareil reproducteur des animaux avant l’insémination afin d’identifier d’éventuels problèmes de santé et de déterminer le moment approprié pour procéder à l’intervention. Une autre caméra permet également d’analyser la qualité de la semence utilisée afin de vérifier sa viabilité avant son introduction.
Le directeur général de KT Hub, Kabahizi Théoneste, a expliqué à IGIHE que cette technologie a été développée en partenariat avec le Rwanda Agriculture and Animal Resources Development Board (RAB). Le dispositif couvre toute la chaîne, depuis l’importation et la conservation de la semence animale jusqu’à sa livraison aux vétérinaires chargés de l’insémination.
« Une semence peut être de bonne qualité, mais échouer si elle est mal introduite ou utilisée au mauvais moment. Grâce aux caméras, les éleveurs peuvent vérifier l’état reproducteur de l’animal et choisir le moment optimal pour l’insémination, au lieu de se baser uniquement sur les signes de fertilité », a expliqué Kabahizi Théoneste, ajoutant que certains animaux ne conçoivent pas en raison d’infections ou d’autres problèmes qui ne sont pas visibles sans un examen approfondi.
« Cette technologie permettra de détecter les infections ou anomalies avant l’insémination, afin de traiter l’animal et d’améliorer les chances de fécondation lors d’une nouvelle tentative », a-t-il précisé.
KT Hub prévoit en outre de rendre progressivement cette technologie accessible aux éleveurs à travers le pays. Les vétérinaires, pour leur part, recevront une formation spécialisée et seront équipés du matériel nécessaire, notamment deux caméras, pour offrir ces services.
L’entreprise, qui fournit également de la semence animale et dispose d’une capacité de stockage pouvant atteindre 10 millions de doses, travaille aussi à l’introduction de races bovines améliorées provenant du Brésil, dont les futures générations pourraient produire entre 25 et 30 litres de lait par jour.
La Foire agricole du Rwanda, ouverte le 23 juillet 2026 à Mulindi, Kigali, accueille cette année plus de 600 exposants nationaux et internationaux, contre plus de 500 en 2025 et environ 300 il y a cinq ans.
Lors de l’ouverture, le ministre de l’Agriculture et des Ressources animales, Dr Telesphore Ndabamenye, a insisté sur l’importance de l’innovation pour transformer le secteur agricole.
« L’amélioration de la production agricole et animale ne peut pas être réalisée sans innovations et partenariats capables de répondre aux défis auxquels ces secteurs sont confrontés au Rwanda », a indiqué le ministre, rappelant que l’agriculture et l’élevage représentent près de 19 % du produit intérieur brut (PIB) du Rwanda et fournissent des matières premières à environ 70 % des industries du pays.
Dr Ndabamenye a affirmé que certaines technologies présentées lors de la foire pourraient commencer à être mises en œuvre dès la saison agricole 2027 avec l’accompagnement du gouvernement.
Par ailleurs, la production laitière du Rwanda a fortement progressé au cours des 14 dernières années, passant de 334 727 tonnes en 2010 à 1 092 430 tonnes en 2024, la consommation annuelle de lait par habitant étant, quant à elle, passée de 37,3 litres à 79,9 litres.






Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire