Cette ambition a été présentée par le secrétaire d’État au ministère des Infrastructures, Armand Zingiro, qui représentait le Rwanda à la 70ᵉ session de la Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), tenue à Vienne, en Autriche, du 14 au 18 septembre 2026.

Selon Zingiro, le Rwanda mise sur les connaissances et les technologies nucléaires pour accélérer la réalisation de ses objectifs de développement définis.

« Nous considérons le nucléaire comme un puissant catalyseur pour atteindre les objectifs essentiels du développement national à l’horizon 2050 », a-t-il déclaré, précisant que le pays souhaite utiliser ces technologies dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, la santé, l’agriculture, la recherche et l’industrie.

Le programme nucléaire rwandais serait désormais entré dans une phase de mise en œuvre après avoir été principalement abordé sous l’angle politique.

En effet, le Rwanda ambitionne de disposer, d’ici 2030, d’une installation destinée à produire de l’électricité à partir de l’énergie nucléaire, le pays travaillant également à la formation et au développement des compétences nécessaires à l’exploitation de ces infrastructures.

À cet égard, une étape importante a été franchie en mars 2026 avec la mission 'Integrated Nuclear Infrastructure Review' (INIR) de l’AIEA, menée du 2 au 9 mars.

Cette évaluation visait à examiner le niveau de préparation du Rwanda pour mettre en place les infrastructures nécessaires à une utilisation sûre, sécurisée et durable de l’énergie nucléaire, conformément aux normes internationales.

Zingiro a indiqué que cette mission avait formulé des recommandations destinées à accompagner le Rwanda dans la prochaine phase de son programme.

« Cette mission a permis d’établir un état des lieux des progrès réalisés par le Rwanda dans la mise en place des infrastructures nécessaires au lancement d’une utilisation sûre et durable de l’énergie nucléaire », a-t-il expliqué.

Le pays a également accueilli, du 13 au 21 juillet 2026, une mission 'Integrated Nuclear Infrastructure Review for Research Reactors' (INIR-RR) consacrée à ses capacités dans le domaine des réacteurs de recherche.

Cette évaluation intervient alors que le Rwanda prépare la création d’un 'Centre for Nuclear Science and Technology', dont le coût est estimé à environ 500 millions de dollars, qui devrait servir à la recherche, à la formation et au développement des compétences dans le domaine nucléaire.

L’ambition du Rwanda ne se limite pas, par ailleurs, à la production d’électricité.

Dans le secteur de la santé, le pays développe en outre ses capacités dans le cadre du programme 'Rays of Hope' de l’AIEA, notamment pour améliorer le diagnostic et le traitement du cancer.

Le Rwanda envisage notamment de renforcer ses capacités dans la production de radio-isotopes utilisés à des fins médicales et d’introduire des technologies telles que le PET Scan, permettant notamment une détection plus précoce de certaines maladies.

L’agriculture fait également partie des secteurs ciblés par le développement des applications nucléaires.

Pour soutenir cette stratégie, le Rwanda renforce la formation et la coopération internationale à travers, notamment, les accords conclus en mai 2026 avec 'Allweld Training Academy Pty' (Ltd), en Afrique du Sud, et le 'World Institute for Nuclear Security' (WINS), basé à Vienne.

L’accord avec WINS porte notamment sur le renforcement des compétences et de la sécurité nucléaire, tandis que celui conclu avec Allweld prévoit des formations techniques, notamment dans le soudage destiné aux installations nucléaires.

« Une main-d’œuvre qualifiée constitue le fondement d’une utilisation sûre et efficace des connaissances et des technologies nucléaires », a affirmé Zingiro.

Lors de la conférence de Vienne, le secrétaire d’État a également souligné les besoins croissants de l’Afrique en matière d’énergie nucléaire, rappelant que le Rwanda avait accueilli à Kigali, en mai 2026, le 'Nuclear Energy Innovation Summit for Africa' (NEISA 2026), consacré à l’innovation dans ce secteur.

« Les ambitions de l’Afrique dans le domaine de l’énergie nucléaire doivent aller de pair avec l’accès aux technologies, au financement et à une main-d’œuvre qualifiée », a-t-il insisté.

Le Rwanda prévoit ainsi de poursuivre le développement de ses infrastructures et compétences nucléaires, avec pour ambition de produire 1 500 mégawatts d’électricité d’origine nucléaire à l’horizon 2050.

Par ailleurs, l’Afrique du Sud reste actuellement le seul pays du continent à produire de l’électricité nucléaire. Sa centrale de Koeberg, près du Cap, dispose d’une capacité totale de 1,94 gigawatt.

Le Rwanda a réaffirmé sa volonté de s’appuyer sur les connaissances et les technologies nucléaires pour accélérer son développement