Alors que les agriculteurs attendent actuellement entre cinq et sept semaines pour obtenir un prêt agricole, le nouveau système ambitionne de ramener ce délai à moins de 48 heures, de la demande au décaissement.
Le projet est développé par la Banque nationale du Rwanda (BNR) en collaboration avec la Rwanda Information Society Authority (RISA), le ministère de l’Agriculture et le ministère des Collectivités locales, avec le soutien d’Access to Finance Rwanda.
La gouverneure de la BNR, Soraya Hakuziyaremye, a annoncé le lancement de cette initiative ce jeudi 8 octobre, lors de la présentation de la déclaration sur la politique monétaire et la stabilité financière.
Le projet pilote, lancé en septembre pour une durée de six mois, est mis en œuvre à travers les institutions de microfinance Umutanguha Finance PLC et COPEDU, ainsi que la Bank of Kigali et la Development Bank of Rwanda.
« La plateforme numérique de financement agricole vise à permettre aux petits exploitants d’obtenir des prêts de manière numérique, mais aussi à réduire le délai nécessaire pour accéder à ces prêts », a déclaré Soraya Hakuziyaremye.

Des prêts adaptés aux cycles agricoles
Selon la BNR, une enquête a montré que les agriculteurs doivent actuellement patienter cinq à sept semaines avant d’obtenir un financement agricole. Pour la banque centrale, ce délai ne correspond pas aux besoins du secteur, les agriculteurs devant souvent disposer de ressources financières à des périodes précises de leurs cycles de production.
La nouvelle plateforme permettra aux agriculteurs de soumettre leurs demandes de prêt et de recevoir les fonds numériquement, avec pour objectif de réduire le délai entre la demande et le décaissement à moins de 48 heures.
Le projet pilote doit notamment permettre d’évaluer comment les technologies numériques peuvent simplifier les procédures de demande, d’évaluation, d’approbation et de décaissement des crédits.
Ses résultats serviront à préparer un déploiement à l’échelle nationale en 2027.
Cette initiative intervient alors que les autorités cherchent à renforcer l’accès de l’agriculture au financement formel.
Au premier semestre 2026, les crédits accordés au secteur agricole représentaient 5 % du total des prêts, contre 3 % au cours de la même période un an auparavant.
En valeur nominale, les crédits destinés à l’agriculture ont progressé de 177 %, pour atteindre 57 milliards de francs rwandais.
Malgré cette forte progression, la gouverneure de la BNR estime que le niveau actuel du financement reste insuffisant pour répondre aux besoins du secteur agricole.
La plateforme numérique entend notamment s’attaquer aux obstacles liés à la longueur des procédures de demande et d’approbation, qui peuvent empêcher les agriculteurs d’obtenir les financements au moment où ils en ont besoin.
L’annonce de la plateforme est intervenue lors d’une présentation consacrée également à la situation économique et financière du Rwanda au premier semestre 2026.
L’économie rwandaise a enregistré une croissance de 9,7 % au cours des six premiers mois de l’année, avec l’industrie en tête, suivie des services. Pour l’ensemble de l’année 2026, la BNR prévoit toutefois une croissance de 7,8 %.
L’inflation demeure une préoccupation. Elle s’est établie en moyenne à 11,2 % au premier semestre, avant d’atteindre 15,7 % en août. La banque centrale prévoit une inflation moyenne d’environ 13,9 % pour 2026, avant une baisse sous la limite supérieure de la bande cible de 8 % au second semestre 2027.
Le secteur financier a, lui aussi, poursuivi son expansion. Les actifs totaux ont augmenté de près de 23 %, pour atteindre 17 500 milliards de francs rwandais au premier semestre 2026. Les crédits bancaires ont progressé de 22 %, atteignant 6 000 milliards de francs rwandais.
La présentation de la BNR a réuni des délégations des banques centrales du Kenya, de l’Ouganda, de la Zambie, de la Tanzanie, de l’Égypte, de la Somalie, du Soudan du Sud et de la Suède, venues au Rwanda dans le cadre d’une visite d’échange d’expériences et de bonnes pratiques.
Soraya Hakuziyaremye a affirmé que le système financier rwandais reste résilient, grâce notamment à des niveaux adéquats de fonds propres et de liquidités.
Elle a toutefois souligné que les incertitudes géopolitiques, les cyber-risques et la fraude demeurent parmi les principaux risques auxquels le secteur financier est exposé et que la banque centrale continuera de surveiller.
Les résultats du projet pilote de financement agricole numérique serviront de base au déploiement national prévu en 2027.












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