S’exprimant lors des célébrations marquant le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis à l’ambassade des États-Unis à Kigali, le jeudi 5 juin 2026, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a indiqué que Kigali souhaite transformer les engagements diplomatiques existants en matière de coopération spatiale en initiatives concrètes favorisant le progrès scientifique, le développement des compétences et la croissance économique.
« En tant que membre de la communauté des Accords Artemis, le Rwanda reste désireux d’explorer des voies concrètes de collaboration avec la NASA et se réjouit d’identifier des initiatives mutuellement bénéfiques pouvant contribuer au progrès scientifique, au renforcement des capacités et au développement économique », a déclaré M. Nduhungirehe.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de forte dynamique du programme spatial mondial. Il y a deux mois, en avril, la NASA a achevé avec succès la mission historique Artemis II, envoyant un équipage de quatre astronautes autour de la Lune et retour, marquant le premier vol lunaire habité depuis plus de 50 ans.
Alors que la NASA prépare désormais la mission Artemis III, destinée à un alunissage, et pose les bases d’une présence lunaire durable, les pays partenaires, dont le Rwanda, cherchent à se positionner dans l’émergence d’une économie lunaire.
Pour Kigali, ces changements font partie d’une stratégie visant à faire du pays un centre régional des nouvelles technologies et de l’innovation. La coopération spatiale a été évoquée aux côtés d’autres secteurs stratégiques en expansion dans les relations entre le Rwanda et les États-Unis, notamment les minerais critiques, les technologies avancées et l’énergie nucléaire civile.
Le Rwanda est devenu le premier pays africain, avec le Nigeria, à signer les Accords Artemis lors du premier Forum spatial États-Unis–Afrique, organisé en marge du Sommet des dirigeants États-Unis–Afrique fin 2022.
Les Accords établissent des principes pour une exploration spatiale responsable et pacifique, incluant la diffusion publique des données scientifiques, la gestion des débris spatiaux, l’enregistrement des objets spatiaux et l’adoption de normes d’interopérabilité.
Alors que la NASA passe des vols d’essai à la construction d’infrastructures durables sur la Lune, les discussions bilatérales actuelles portent sur la traduction de ce cadre en coopération concrète, notamment dans la formation technique, le renforcement des capacités et le développement de technologies spatiales locales.
Cette coopération envisagée reflète l’évolution plus large des relations entre le Rwanda et les États-Unis. L’an dernier, les deux pays ont lancé le premier Dialogue stratégique bilatéral Rwanda–États-Unis, une plateforme de coopération couvrant la santé, le commerce, la sécurité, l’éducation, la technologie et l’investissement.
M. Nduhungirehe a souligné le fait que les deux pays se tournent de plus en plus vers des secteurs appelés à façonner la croissance et l’innovation futures. Il a également évoqué les progrès récents dans la coopération en matière d’énergie nucléaire civile, à la suite de la signature d’un protocole d’accord sur la coopération stratégique dans ce domaine, lors du Sommet sur l’innovation nucléaire pour l’Afrique tenu à Kigali en mai.
Le chargé d’affaires par intérim des États-Unis au Rwanda, John Armiger, a pour sa part indiqué que le partenariat entre les deux pays continue de se renforcer et d’évoluer, qualifiant le Rwanda de partenaire de valeur dans la construction d’un « avenir pacifique et prospère ».
Pour le Rwanda, un engagement accru avec la NASA constituerait une nouvelle étape dans sa stratégie visant à faire de la science et de la technologie des moteurs de développement, tout en consolidant ses relations avec l’un de ses partenaires stratégiques majeurs.








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