Le Chef de l’État s’exprimait lors du Sommet international de l’espace organisé à Paris, une rencontre de deux jours convoquée par le président français Emmanuel Macron, qui a réuni des chefs d’État et de gouvernement, des responsables d’agences spatiales ainsi que des représentants du secteur privé autour des questions de gouvernance, de sécurité et de développement durable du secteur spatial.
Remerciant Emmanuel Macron pour l’organisation de cette rencontre, Kagame a souligné le fait que l’économie spatiale connaît une croissance rapide, portée notamment par la baisse des coûts, les avancées technologiques et l’implication croissante du secteur privé.
Il a affirmé que l’Afrique ne souhaite pas seulement utiliser les technologies spatiales développées ailleurs, mais également contribuer à la science, à la recherche et aux décisions internationales qui façonnent ce secteur.
« Pour un continent dont la population est jeune et de plus en plus connectée, ce secteur offre un potentiel considérable », a-t-il déclaré, estimant qu’un soutien approprié permettrait aux talents africains d’acquérir les compétences nécessaires et de créer des entreprises générant de la valeur sur le continent.
Le Président a en outre présenté la politique spatiale nationale du Rwanda comme un exemple de la manière dont le pays entend se positionner dans ce secteur, notant le fait que cette politique vise notamment à stimuler les investissements et l’innovation.
Il a indiqué que le Rwanda utilise déjà les technologies spatiales et l’intelligence artificielle dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture, les infrastructures et la gestion des catastrophes.
Le pays dispose également d’infrastructures terrestres satellitaires qui fournissent des services à des opérateurs internationaux.
Kagame a par ailleurs attiré l’attention sur la concurrence croissante pour l’accès aux fréquences et aux ressources orbitales, alors que le nombre de constellations satellitaires augmente rapidement, avertissant que les pays en voie de développement pourraient perdre l’accès à ces ressources s’ils ne sont pas suffisamment représentés dans les mécanismes internationaux qui les régissent.
Il a cité le soutien du Rwanda, avec d’autres partenaires, aux efforts de l’Union africaine des télécommunications visant à récupérer plusieurs positions orbitales pour l’Afrique. Pour Kagame, cette expérience démontre l’importance d’une action africaine coordonnée pour défendre les intérêts du continent.
Le Président rwandais a également appelé à l’adoption de règles internationales adaptées à l’évolution rapide du secteur spatial, estimant que ces cadres doivent tenir compte des applications civiles et sécuritaires des technologies spatiales, tout en favorisant une coopération responsable entre les différents acteurs.
Kagame a insisté sur la nécessité d’un processus inclusif donnant aux pays en développement une voix réelle dans les discussions et garantissant une représentation équitable de leurs priorités.
La question du transfert de technologies a également été soulevée. Kagame a déploré que les restrictions à l’exportation continuent de limiter l’accès de certains pays aux connaissances et aux technologies modernes.
Il a salué les partenariats destinés à renforcer la recherche et les capacités locales, citant notamment 'E-Space', qui collabore avec un nombre croissant de pays africains pour développer et déployer des solutions satellitaires.
« En définitive, nous devons éviter de reproduire dans l’espace les inégalités qui existent dans d’autres domaines », a conclu le Président de la République, réaffirmant la disponibilité du Rwanda à renforcer sa coopération avec la France, l’Europe et d’autres partenaires dans le domaine spatial.



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