Le patient, Rhys Hibbert, originaire du Bedfordshire, avait découvert sa maladie après un malaise survenu en décembre 2024, des examens ayant révélé une tumeur d’environ 11 millimètres au niveau de l’hypophyse. Son état s’était progressivement détérioré, avec d’importants déséquilibres hormonaux et une perte de vision périphérique qui l’avait contraint à utiliser des bâtons de marche après plusieurs chutes.
La particularité de cette opération réside dans le fait que l’IA n’a pas seulement été utilisée pour analyser les examens réalisés avant l’intervention, mais qu’elle a aussi analysé en direct les images filmées par la caméra chirurgicale pendant l’opération.
Le système a aidé les chirurgiens à identifier des structures essentielles situées à la base du cerveau, notamment les nerfs optiques et les vaisseaux sanguins, afin de mieux repérer les zones présentant un risque et de retirer le maximum de tumeur tout en protégeant les tissus importants.
Cette précision est particulièrement importante dans cette région anatomique, où l’hypophyse, les vaisseaux sanguins et les nerfs responsables de la vision sont très proches les uns des autres. Selon l’équipe médicale, une différence de quelques millimètres peut avoir des conséquences graves.
L’IA n’a cependant pas réalisé l’opération de manière autonome. Le chirurgien est resté entièrement aux commandes et s’est servi du système comme d’un outil d’assistance pour prendre ses décisions pendant l’intervention.
Le système a en outre été développé par une équipe multidisciplinaire de l’University College London (UCL), au sein de l’UCL Hawkes Institute, puis entraîné et évalué à partir d’un vaste ensemble de vidéos annotées issues d’anciennes opérations de chirurgie endoscopique de l’hypophyse.
Selon les chercheurs, l’IA a appris à reconnaître différentes structures anatomiques, les instruments chirurgicaux et leurs interactions avec les tissus, et fonctionne sur une plateforme NVIDIA Clara IGX conçue pour permettre l’utilisation de l’IA en temps réel dans les environnements médicaux.
Bien que cette technologie ait auparavant été évaluée et utilisée comme outil de formation pour les chirurgiens, son utilisation pendant cette opération constitue toutefois une première sur un patient.
L’intervention a permis de retirer la tumeur tout en préservant la vue de Rhys Hibbert, qui a indiqué à son réveil que sa vision s’était nettement améliorée. Moins d’une semaine après l’opération survenue en mai 2026, Rhys Hibbert pouvait déjà marcher seul, sans lunettes ni bâtons de marche, et poursuit aujourd’hui sa récupération à domicile en vue de reprendre progressivement ses activités habituelles.
Rhys Hibbert avait accepté de participer à cette recherche en raison de son intérêt pour la recherche médicale et de son souhait de contribuer à l’amélioration des traitements futurs.
L’opération a été réalisée dans le cadre d’un essai clinique soutenu financièrement par le National Institute for Health and Care Research (NIHR) et Google, ainsi que par plusieurs institutions britanniques de recherche médicale.
Alors que les chercheurs considèrent cette opération comme une étape importante dans l’utilisation de l’IA en chirurgie, la technologie reste en phase d’évaluation. D’autres interventions et davantage de données seront cependant nécessaires pour déterminer son efficacité et son potentiel à grande échelle, affirment-ils.




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