Selon les autorités sanitaires congolaises, à la date du 16 juin, 29 nouveaux cas ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures dans la province de l’Ituri. Parmi eux, 10 ont été recensés à Mongbwalu, sept à Rwampara, cinq à Nizi, trois à Nyankunde et trois à Lita, portant le nombre total de cas recensés à 837, dont 196 décès.
Bien que 49 personnes aient été déclarées guéries et autorisées à quitter les centres de traitement, 376 patients, en revanche, restent hospitalisés en raison de symptômes persistants.
L’organisation humanitaire MSF estime pour sa part que la riposte en cours reste insuffisante dans plusieurs domaines clés, notamment le suivi des patients, le dépistage, la traçabilité des contacts et la mobilisation communautaire.
« Un mois après le début de l’épidémie, Ebola dépasse les capacités de la riposte. Personne ne connaît réellement l’ampleur de sa propagation ni son étendue en RDC », a déclaré Kate White, responsable des opérations d’urgence de MSF.
Elle a également souligné le fait que plusieurs établissements de santé de l’Ituri sont confrontés à une surcharge importante liée à l’afflux de patients, de nombreux malades n’accédant aux soins qu’à un stade avancé de la maladie, tandis que d’autres n’ont simplement pas recours à un suivi médical.
« Ce que nous savons, c’est que de nombreuses structures sanitaires de l’Ituri ont dépassé leurs capacités. Beaucoup de patients arrivent en phase terminale de la maladie et nombre d’entre eux n’ont pas été identifiés ni suivis comme contacts avant leur admission », a-t-elle expliqué.
Kate White a également indiqué que le dépistage des personnes présentant des symptômes constitue l’un des principaux maillons faibles de la lutte contre l’épidémie. Cette situation persiste malgré le renforcement des capacités des laboratoires congolais et l’envoi de matériel supplémentaire destiné aux analyses.
Selon elle, « de nombreuses personnes, en particulier celles vivant dans des zones touchées par l’insécurité, continuent d’avoir des difficultés à accéder aux services de dépistage, tandis que les centres de santé font face à des retards importants dans la réception des résultats de laboratoire ».
MSF avertit que, sans une augmentation rapide des capacités de dépistage et une détection précoce des cas, les efforts visant à contenir l’épidémie risquent de demeurer insuffisants.
De son côté, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr Jean Kaseya, a révélé qu’environ 26 000 personnes ayant été en contact avec des malades d’Ebola n’avaient pas encore été placées sous surveillance.
« Le suivi des contacts est à la fois un indicateur essentiel et un défi majeur. Nous avons perdu la trace de plus de 26 000 personnes ; nous ignorons où elles se trouvent et si elles continuent de transmettre le virus », a-t-il déclaré.
Le responsable d’Africa CDC a averti que, sans mesures urgentes, l’épidémie actuelle d’Ebola de Bundibugyo pourrait provoquer une crise plus grave encore que celle causée par la souche Zaïre, qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest ainsi que l’est de la RDC entre 2013 et 2016 et entraîné plus de 11 000 décès.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) partage également ces inquiétudes. L’organisation estime que la surveillance de l’épidémie demeure insuffisante, tandis que sa maîtrise pourrait nécessiter jusqu’à une année complète d’efforts.
L’épidémie d’Ebola de Bundibugyo a été officiellement déclarée en RDC le 15 mai 2026, plusieurs semaines après le décès du premier patient, dont la mort avait initialement été attribuée à une maladie inconnue.
Le même jour, l’Ouganda a annoncé la détection à Kampala d’un cas importé depuis la province de l’Ituri. Depuis lors, le pays a enregistré un total de 19 cas.
Le 16 juin, le ministère rwandais de la Santé a de son côté indiqué qu’aucun cas d’Ebola n’avait été enregistré sur le territoire national et que le risque d’introduction du virus demeurait faible.
Les autorités sanitaires ont toutefois assuré maintenir un niveau élevé de vigilance, en poursuivant le renforcement des mécanismes de surveillance épidémiologique, de détection précoce et de préparation à la riposte, afin de prévenir toute éventuelle propagation de la maladie au Rwanda.



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