Il s’exprimait à l’ouverture de la cinquième édition de l’Africa HealthTech Summit (AHTS), consacrée à la transformation numérique des systèmes de santé en Afrique, qui réunit 4 300 participants issus de plus de 150 organisations.
Prévu jusqu’au 2 octobre, le sommet rassemble responsables de santé, décideurs, experts technologiques, investisseurs et innovateurs autour de l’intelligence artificielle, de la santé numérique, des soins primaires, des données sanitaires et des technologies africaines.
Dr Butera a rappelé que la mortalité maternelle avait diminué d’environ 85 % en deux décennies. Selon les données du NISR, le ratio est passé de 1 071 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2000 à 203 en 2020, puis à 149 en 2025, soit une baisse de 86,1 % entre 2000 et 2025.
Des dossiers médicaux interconnectés
Le Secrétaire d’État a indiqué que l’usage d’un dossier médical électronique est désormais accessible à plus de 54 000 agents de santé communautaires, qui l’utilisent pour enregistrer les données des patients, assurer leur suivi et identifier notamment les femmes présentant des risques pendant la grossesse à l’aide de smartphones.
Les données recueillies dans les communautés sont accessibles aux centres de santé, aux hôpitaux et aux spécialistes, permettant de détecter les grossesses à haut risque et de préparer la prise en charge d’éventuelles complications.
Les autorités peuvent également suivre en temps réel certaines tendances sanitaires, notamment les ruptures de stocks de médicaments et les problèmes liés à l’hypertension. Les centres de santé disposent par ailleurs d’échographes permettant aux infirmiers d’identifier les grossesses à risque, tandis que des informations sur la tension artérielle ou le diabète contribuent à adapter la prise en charge.
Le Rwanda prévoit de réduire encore de 30 % la mortalité maternelle au cours de la prochaine année grâce à ces dispositifs et à d’autres interventions.
Un hôpital virtuel qui mobilise les spécialistes
Le pays a également mis en place un hôpital virtuel reliant les hôpitaux de district à des médecins spécialistes disponibles à distance 24 heures sur 24. Grâce notamment à la réalité virtuelle, ces spécialistes peuvent observer certaines procédures et guider les médecins généralistes lors d’interventions complexes.
Selon Dr Butera, le programme a déjà contribué à sauver environ 15 femmes considérées comme des cas de « quasi-décès maternel ».
« Nous voulons un impact afin que des vies soient sauvées, transformées, et que les populations vivent plus longtemps et en meilleure santé », a-t-il déclaré.
De son côté, Eric Remera, directeur du Centre national d’intelligence sanitaire, a expliqué que le Rwanda poursuivait sa transition des systèmes papier vers des services numériques, notamment les dossiers médicaux électroniques, les établissements et laboratoires interconnectés.
Créé il y a un an, le Centre rassemble les données sanitaires afin de produire des informations utiles à la prise de décision, du niveau national aux professionnels de santé. « Alors que nous adoptons l’intelligence artificielle, notre principe est clair : les données du Rwanda doivent servir le peuple rwandais, sous la gouvernance du Rwanda », a-t-il affirmé.
Dr Brian Chirombo, représentant de l’OMS et chef de mission au Rwanda, a pour sa part insisté sur l’équité, la confiance et l’impact comme principes de la transformation numérique. Il a cité le Kigali Health Tech Hub, la télémédecine, la surveillance numérique et les dossiers médicaux électroniques communautaires parmi les initiatives soutenues par l’ONU, appelant les pays africains à passer des projets pilotes à des solutions déployées à grande échelle.
Un sommet davantage tourné vers l’investissement
Jean-Philbert Nsengimana, président de l’AHTS et conseiller numérique en chef pour l’Afrique au sein d’Africa CDC, a souligné la croissance du sommet, passé d’environ 600 participants en 2022 à 4 300 inscrits cette année.
L’édition 2026 comprend un « Deal Room » destiné à mettre en relation entreprises et investisseurs. Il réunit 22 entreprises en phase de développement, 13 investisseurs et 31 rencontres.
Nsengimana a notamment cité un accord issu de l’édition précédente ayant conduit à un investissement de 3,1 millions de dollars dans une entreprise sud-africaine de diagnostic par intelligence artificielle, suivi d’une levée de fonds de 6 millions de dollars.
Il a appelé à faciliter l’accès des entreprises africaines de technologies de santé au marché continental et annoncé des initiatives de coopération entre l’Afrique et le Canada, les États-Unis et l’Inde.
Par ailleurs, les prochaines discussions porteront notamment sur les moyens permettant aux gouvernements, aux investisseurs, aux innovateurs et aux partenaires au développement de transformer les solutions de santé numérique en systèmes capables d’améliorer durablement la prestation des soins à travers le continent.











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