Selon le ministère de la Santé, les maladies cardiaques représentaient auparavant la deuxième principale cause d’orientation des patients rwandais vers des structures médicales à l’étranger. Grâce aux investissements dans la formation de spécialistes et le renforcement des infrastructures sanitaires, le pays est désormais en mesure de fournir des soins cardiaques avancés sur son territoire.

Le secrétaire d’État à la Santé, le Dr Yvan Butera, a souligné les progrès réalisés par rapport à la situation d’il y a quatre ans.

« Il y a quatre ans, les maladies cardiaques représentaient la deuxième principale cause d’évacuation des patients vers l’étranger », a-t-il déclaré lors d’un entretien à la « Rwanda Broadcasting Agency » (RBA). « Depuis le lancement de ce programme, nous avons traité 1 100 patients ici au Rwanda. »

Cette évolution fait partie d’une stratégie plus large qui vise à renforcer le système de santé du Rwanda et à faire du pays un centre médical régional, les autorités ayant investi dans les infrastructures sanitaires ainsi que dans la formation de spécialistes afin d’améliorer l’accès à des soins de qualité.

Dans ce cadre, le Rwanda a envoyé des médecins en Israël pour suivre une formation spécialisée en chirurgie cardiaque. Selon le ministère de la Santé, certains médecins sont encore en formation et devraient contribuer au développement des services de cardiologie au Rwanda ainsi que dans la région à leur retour.

Le Dr Butera a précisé que ce programme a permis de traiter aussi bien des enfants que des adultes atteints de pathologies cardiaques complexes, qui nécessitaient auparavant une prise en charge à l’étranger.

« Nous ne nous contentons pas de traiter les patients, nous formons également des professionnels rwandais afin d’assurer la durabilité de ces services à long terme », a-t-il ajouté.

Les soins de cardiologie nécessitent des équipes pluridisciplinaires comprenant des spécialistes du diagnostic, des chirurgiens, des anesthésistes, des médecins de soins intensifs et d’autres professionnels de santé. Bien que ces services exigent d’importantes ressources, les autorités affirment que le Rwanda a progressivement renforcé les capacités nécessaires pour les assurer.

Cette montée en compétence attire également de plus en plus de patients en provenance des pays voisins et d’autres régions du monde.

« Nous voyons de plus en plus de personnes venir de la région et même d’au-delà pour se faire soigner au Rwanda, ce qui constitue une évolution positive », a déclaré le secrétaire d’État.

Ces avancées s’intègrent dans la politique du gouvernement visant un meilleur accès aux soins pour la population, le Rwanda comptant actuellement plus de 520 centres de santé, 57 hôpitaux et 1 280 postes de santé répartis sur l’ensemble du territoire national.

Par ailleurs, le gouvernement a lancé le programme dit « 4×4 », une initiative ambitieuse visant à quadrupler le nombre de médecins au Rwanda d’ici 2028. Ce programme vise à atteindre un ratio de quatre médecins pour 1 000 habitants et devrait mobiliser des investissements estimés à plus de 395 millions de dollars américains.