Ce programme, d’une durée de six mois (juin à novembre 2026), vise à mobiliser 518 millions de dollars américains afin de renforcer la détection rapide des cas, la surveillance transfrontalière et les mesures de confinement dans les zones touchées.
Cette initiative intervient après la déclaration, le 16 mai 2026, de l’épidémie comme urgence de santé publique de portée internationale par l’OMS, à la suite de la confirmation de la transmission locale en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.
En République démocratique du Congo, les autorités sanitaires ont recensé 381 cas confirmés et 64 décès répartis dans 25 zones de santé de trois provinces. La province de l’Ituri est la plus touchée, avec 359 cas et 50 décès, suivie du Nord-Kivu (19 cas) et du Sud-Kivu (3 cas).
Les équipes de réponse surveillent actuellement plus de 4 000 contacts actifs et 116 cas suspects en cours d’investigation, dans un contexte marqué par de fortes contraintes opérationnelles, notamment l’insécurité, les déplacements de population et la présence de réseaux miniers informels dans l’est du pays.
En Ouganda voisin, 15 cas confirmés et un décès ont été enregistrés, principalement dans les zones urbaines de Kampala et Wakiso. Au moins 12 patients sont hospitalisés en isolement, tandis que 668 contacts font l’objet d’un suivi.
Selon le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, la maîtrise de l’épidémie dépend d’une action collective et coordonnée.
Il a souligné que le succès de la riposte repose sur un engagement politique fort, un financement durable et la confiance des communautés locales, sans laquelle la chaîne de surveillance et de traçage des contacts risque d’être compromise.
Le plan repose sur une approche dite « One Response », visant à unifier les efforts sous un seul cadre stratégique, un budget unique et une coordination renforcée. Les financements permettront notamment de renforcer les systèmes de coordination d’urgence, les capacités des laboratoires, les mesures de prévention des infections dans les établissements de santé et les dispositifs logistiques.
Pour limiter les risques de propagation, des partenaires internationaux ont déjà commencé à acheminer du matériel médical, notamment une cargaison de 45 tonnes comprenant des tests de diagnostic, des équipements de protection et des fournitures essentielles.
Le directeur général de l’Africa CDC, le Dr Jean Kaseya, a insisté sur la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée, rappelant que « lorsque Ebola se propage vite, l’Afrique doit aller plus vite ».
Le plan inclut également des mesures de préparation pour dix pays voisins considérés comme à haut risque, afin de permettre une détection précoce en cas d’extension de l’épidémie.
Malgré la gravité de la situation en Afrique de l’Est, l’OMS estime actuellement que le risque mondial reste faible. L’organisation maintient toutefois un niveau d’alerte élevé aux niveaux national et régional et recommande de ne pas imposer de restrictions aux voyages ou au commerce internationaux.
Les autorités sanitaires appellent néanmoins les États membres à renforcer le dépistage et les contrôles aux points d’entrée afin d’éviter toute propagation supplémentaire du virus.



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