Ces déclarations interviennent au lendemain de la décision de l’Autorité rwandaise des aliments et des médicaments (Rwanda FDA) de suspendre les activités de huit fabricants de boissons alcoolisées, à l’issue d’une inspection visant à évaluer le respect de la réglementation encadrant la production de boissons fermentées.

Annoncée le 2 août 2026, cette mesure cible des fabricants de spiritueux produits localement. La Rwanda FDA a également ordonné le retrait immédiat de leurs produits du marché.

Dans un communiqué, l’autorité de régulation a indiqué que cette décision avait pour but de préserver la santé publique et de renforcer le contrôle de la qualité des boissons commercialisées.

Intervenant sur la chaîne publique RBA, le Dr Sabin Nsanzimana a qualifié la situation de « véritable urgence de santé publique », au regard de la multiplication des cas d’intoxication liés à la consommation d’alcool de mauvaise qualité.

« Les alcools de mauvaise qualité sont une urgence de santé publique. Depuis le début de l’année, nos hôpitaux ont accueilli un peu plus de 500 personnes tombées malades après avoir consommé ces boissons alcoolisées. Rien que dans le district de Ngoma, plus de 100 personnes ont été hospitalisées simultanément. Des cas ont également été enregistrés à Nyagatare et dans la Province du Sud », a-t-il déclaré.

Le ministre a précisé que ces chiffres ne concernent que les personnes ayant pu être prises en charge dans des établissements de santé.

« Certaines victimes sont décédées avant même d’arriver à l’hôpital. À ce jour, nous avons recensé environ 50 décès », a-t-il ajouté.

Au-delà des pertes en vies humaines, le ministre a souligné les lourdes séquelles laissées par ces intoxications, notant que près de 100 personnes ont perdu définitivement la vue, tandis que d’autres souffrent de lésions cérébrales irréversibles, de maladies du foie ou d’autres complications graves.

Le Dr Nsanzimana a expliqué que le phénomène s’est progressivement aggravé au fil des années.

« Nous connaissions autrefois les boissons traditionnelles comme la bière de banane ou la bière de sorgho. Ensuite sont apparues des boissons contenant 40 à 50 % d’alcool, bien plus fortes que celles consommées auparavant. Aujourd’hui, certaines sont en plus fabriquées selon des procédés dangereux », a-t-il indiqué.

Le ministre a en outre appelé à traiter cette situation comme une épidémie.

« Il s’agit d’une épidémie et nous devons la combattre comme telle. Si nous n’agissons pas dès maintenant, les conséquences seront encore plus graves à l’avenir », a-t-il averti.

Le Dr Nsanzimana a enfin expliqué que, si certains investisseurs produisent des boissons dans des usines respectant les normes, d’autres fabriquent clandestinement des alcools en y ajoutant des substances chimiques dangereuses avant de les mettre sur le marché, exposant ainsi les consommateurs à des intoxications graves pouvant entraîner des handicaps permanents ou la mort.

Le Dr Sabin Nsanzimana a qualifié la situation de « véritable urgence de santé publique », au regard de la multiplication des cas d’intoxication liés à la consommation d’alcool de mauvaise qualité