Bill Gates s’exprimait ce mercredi lors de la conférence inaugurale des Paul E. Farmer Butaro Dialogues on Health Equity and Innovation, organisée par l’Université mondiale pour l’équité en santé (UGHE) à Butaro, dans la province du Nord. Cet événement, organisé en hommage au défunt médecin et pionnier de la santé mondiale Paul Farmer, a réuni des responsables gouvernementaux, des experts, des universitaires et des étudiants afin de réfléchir aux moyens de rendre les innovations médicales accessibles aux populations les plus vulnérables.

Au fil des années, Bill Gates a régulièrement mis en avant les avancées du Rwanda, notamment les efforts visant à améliorer l’accès aux soins, réduire la mortalité maternelle et infantile, et renforcer les systèmes de santé grâce à l’innovation. Il a décrit la trajectoire du pays comme l’une des transformations sanitaires les plus impressionnantes du continent.

Au cours de son intervention, Bill Gates a présenté le Rwanda comme un modèle en matière de santé publique, mettant en avant les progrès accomplis grâce à un système de santé reposant sur les technologies numériques et les approches communautaires.

« Le Rwanda constitue un très bon exemple. Son système de santé publique offre de nombreuses leçons dont d’autres pays pourraient s’inspirer », a-t-il déclaré, rappelant que, depuis le début du siècle, le Rwanda a réduit de plus de 80 % la mortalité des enfants de moins de cinq ans ainsi que la mortalité maternelle.

« Ce sont des résultats véritablement remarquables », a-t-il souligné.

Le philanthrope américain a également salué les avancées du pays dans la transformation numérique du secteur de la santé, après sa visite au Centre national d’intelligence sanitaire (NHIC).

« Ces systèmes numériques constitueront la base de la prochaine génération d’outils, alimentés par l’intelligence artificielle », a-t-il affirmé, estimant que le Rwanda est « à l’avant-garde » de l’intégration de l’IA dans son système de santé.

Bill Gates a toutefois averti que les progrès enregistrés en matière de santé mondiale sont aujourd’hui fragilisés par la diminution des financements des pays donateurs.

« Nous faisons aujourd’hui face à des défis plus importants que jamais. Les progrès réalisés en Afrique sont véritablement en danger. C’est une période difficile pour la santé mondiale », a-t-il déclaré.

Selon lui, la baisse des budgets d’aide internationale contraint les dirigeants africains à « faire plus avec moins ». Il a également relevé que l’année dernière a marqué la première hausse du nombre de décès d’enfants dans le monde depuis le début du siècle.

« Ce n’est pas le cas au Rwanda, mais une grande partie de ces décès supplémentaires est survenue en Afrique », a-t-il précisé.

L’IA au service des systèmes de santé africains

Pour Bill Gates, cette situation rend encore plus urgente l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les pays disposant de ressources limitées. Il a mis en garde contre le risque que cette technologie profite uniquement aux économies les plus développées.

« Si les choses suivent leur cours habituel, l’IA, comme la plupart des technologies avancées, sera d’abord développée au profit des pays riches. Ce serait une profonde injustice », a-t-il averti, tout en insistant sur le fait que l’Afrique devrait être parmi les premières régions à bénéficier de ces innovations, compte tenu de la forte pression exercée sur ses systèmes de santé.

« Dès le départ, nous devrions apporter l’IA à ceux qui en ont le plus besoin, car les personnels de santé les plus surchargés au monde se trouvent en Afrique », a-t-il insisté.

Expliquant que les outils d’intelligence artificielle aideront les professionnels de santé à prendre de meilleures décisions, à simplifier l’organisation des soins, à identifier les domaines nécessitant davantage d’interventions et, ainsi, à sauver un très grand nombre de vies, Bill Gates a également souligné que des institutions comme l’UGHE auront un rôle essentiel à jouer pour adapter ces technologies aux réalités africaines, notamment aux langues locales et aux défis sanitaires propres au continent.

Le vice-chancelier adjoint de l’UGHE, le professeur Abebe Bekele, a expliqué que les Paul E. Farmer Butaro Dialogues, organisés avec le Consortium of Medical Schools in Africa (COMSA), visent à accélérer l’adoption des innovations en matière de santé maternelle et néonatale à travers le continent.

Il a estimé que les avancées en intelligence artificielle, en santé numérique, en génomique, en diagnostic et en soins cliniques ne sauveront des vies que si elles sont effectivement mises en œuvre.

« Le défi n’est pas seulement celui de la découverte. Il est aussi celui de la traduction de ces innovations en solutions concrètes », a-t-il entre autres déclaré.

D'autres part, Bill Gates est également revenu sur l’héritage de Paul Farmer, cofondateur de l’UGHE, rappelant que sa conviction était que les avancées médicales n’ont de valeur que lorsqu’elles bénéficient aux personnes qui en ont le plus besoin.

« Pour lui, chaque être humain méritait de bénéficier d’une excellente santé. Ce qui comptait avant tout, c’étaient les vies qu’il sauvait », a-t-il déclaré.

En visite au Rwanda depuis le 20 juillet, Bill Gates a notamment visité l’usine de fabrication de seringues TKMD à Rwamagana, le centre de santé de Mwulire et rencontré des agents de santé communautaires afin de mieux comprendre le système rwandais de soins de santé primaires.

La Fondation Gates collabore avec le Rwanda depuis plus de vingt ans dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de la nutrition et de l’innovation. Plus tôt cette année, le Rwanda est devenu le premier bénéficiaire de Horizon1000, une initiative de 50 millions de dollars lancée par la Fondation Gates en partenariat avec OpenAI, destinée à soutenir l’utilisation de l’intelligence artificielle pour renforcer les systèmes de santé africains.

Bill Gates a salué les progrès réalisés par le Rwanda dans l’amélioration des résultats en matière de santé
Les premiers Dialogues Paul E. Farmer de Butaro ont réuni des responsables gouvernementaux, des experts de la santé, des universitaires et des étudiants pour discuter de l’innovation et du renforcement des systèmes de santé
Bill Gates a présenté le Rwanda comme un modèle en matière de santé publique, mettant en avant les progrès accomplis grâce à un système de santé reposant sur les technologies numériques
Le philanthrope américain a également salué les avancées du pays dans la transformation numérique du secteur de la santé
Bill Gates est également revenu sur l’héritage de Paul Farmer, cofondateur de l’UGHE, rappelant que sa conviction était que les avancées médicales n’ont de valeur que lorsqu’elles bénéficient aux personnes qui en ont le plus besoin
De retour au Rwanda, Bill Gates arrose l’arbre qu’il avait planté lors de sa précédente visite