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Saidi Maniriho, un autre Rwandais torturé par les services de renseignement ugandais

Redigé par IGIHE
Le 22 juillet 2019 à 04:22

Les agences de sécurité ugandaises continuent de défrayer les chroniques avec leur capacité de nuisance contre les pauvres citoyens rwandais attirés par l’aisance extraordinaire avec laquelle ils se meuvent dans les petites affaires lucratives dans ce pays-là. Ces agences les malmènent pour facilement leur coller au front le crime d’espionnage au profit du Rwanda.

L’un de ces malheureux rwandais pris dans les filets des agences de renseignement militaire ugandais est Saidi Maniriho, 22 ans, originaire de District Gasabo dans le district de Ndera.

Il part pour l’Uganda en juin 2018 pour acheter et vendre des fruits (mangues, papayes et watermelon) dans le district de Wakiso.

Il a fait de bonnes affaires et décide de faire un petit repos le 3 janvier 2019 chez lui au Rwanda. Son voyage est différé car, après avoir acheté le ticket pour s’embarquer dans un bus se rendant à Kigali, il est alléché par une autre commande intéressante : il est question de livrer quatre cartons de mangues.

Il est ensuite abordé par un individu qui lui demande s’il est rwandais. Il acquiesce.
Maniriho est ensuite embarqué dans un véhicule banalisé avec ménottes aux mains et aux chevilles. Les sbires lui demandent de leur donner le fusil que Kagame lui a donné. Il est vite qualifié de capitaine d’armée avec beaucoup de coups de pied et de baton. Puis de capitaine, il devient un espion au profit du Rwanda avant de lui prendre son argent ; des shillings d’une valeur de 550.000 Frw.

Avoir cette somme importante a suffi pour conforter leur thèse de lui coller le crime d’espionnage car, commentaient-ils, "Ah ! En voilà la preuve. Les espions ne circulent-ils pas avec beaucoup d’argent sur eux ?".

Said confie aux média rwandais depuis qu’il a été déporté et jeté dans un terrain vague avec un autre camarade d’infortune qu’il a été, ce jour-là arrêté vers dix heures pour continuer à le malmener jusqu’à 22 heures où on l’a jeté dans un cachot.

"Dans le cachot où on m’a jeté, j’y ai trouvé trois Rwandais et plusieurs Ugandais. Le 13 février, j’ai comparu devant le chef de Renseignement intérieur ugandais (ISO) du District Wakiso. Sa première question était plutôt une assertion selon laquelle :

’Ce vieux-là (allusion au Président Rwandais) vous donne si peu d’argent pour venir espionner l’Uganda... Pourquoi ne pas venir chez nous et vous donnons du bon argent pour aller espionner les Blancs si vous en êtes capables ? L’Uganda est le grand-frère du Rwanda. Si l’Uganda n’existait pas, le Rwanda non plus n’existerait’

Ce chef a semblé nous dire qu’il nous pardonnait car nous lui montrions que nous n’étions pas des espions", a confié Said à la presse disant qu’aussitôt il a ordonné à l’officier qui les avait amené, le Maj Amos, de les ramener dans leur prison et de faire le tri entre Rwandais résidant en Uganda et ceux qui étaient venus du Rwanda.

Depuis ce jour là, rien n’a été fait. février est passé. Mars, Avril et Mai aussi. Avec Juin, Said et ses codétenus se sont décidés à contacter le Chef de Renseignement de Wakiso pour lui demander si rééllement il leur avait accordé le pardon au moment où ils sont restés emprisonnés durant des mois.

Said dit que ces gens là se sentant injustement traités par les Ugandais ont déclaré à leurs sbires qu’ils allaient se suicider au lieu de continuer à subir des situations très exécrables. Ces derniers ont un certain matin décidé de les déporter à la frontière rwandaise au niveau de district Nyagatare loin de tout poste frontalier.

"Naturellement ni ma carte d’identité, encore moins l’argent qui m’a été pris, rien ne m’a été remis", a dit Saidi qui, avec son camarade, ont eu la chance de se voir intimer l’ordrer de descendre du véhicule et de se faire montrer du doigt un espace du Rwanda, qu’il enjamber une ligne inexistante pour être au Rwanda.

"Il nous avait été donné l’ordre de vous fusiller mais nous ne le faisons pas. Nous vous considérons comme innocents", leur ont dit les militaires qui les convoyaient et qui leur montraient le marais à traverser pour se retrouver à Rwempasha du District Nyagatare. Il était une heure du matin, a dit Saidi.

Le jeune Saidi dit que les coups qu’il a reçus durant ces longs mois de captivité lui reviennent. Sa santé s’est fragilisée.


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