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Rwanda-Belgique:Investissements et non aide conditionnée ; échec du voyage Reynders ?

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 9 janvier 2015 à 05:30

La Belgique a pris l’option d’investir au pays plutôt de donner des subventions et aides au Rwanda. Cette annonce est faite au cours de la conférence de presse organisée ce 8 janvier par la Ministre rwandaise des affaires étrangères conjointement avec les Ministres belges Reynders (Affaires étrngères) et Alexandre de Croo (Coopération au Développement).
« La décision de la Belgique de geler son aide au Rwanda ne peut pas nous empêcher de continuer nos bonnes relations surtout que le fonds (de 40 (...)

La Belgique a pris l’option d’investir au pays plutôt de donner des subventions et aides au Rwanda. Cette annonce est faite au cours de la conférence de presse organisée ce 8 janvier par la Ministre rwandaise des affaires étrangères conjointement avec les Ministres belges Reynders (Affaires étrngères) et Alexandre de Croo (Coopération au Développement).

« La décision de la Belgique de geler son aide au Rwanda ne peut pas nous empêcher de continuer nos bonnes relations surtout que le fonds (de 40 millions d’euros) n’entre pas dans le cadre de l’accord d’aide approuvé. C’est pourquoi nous avons dirigé nos débats sur le commerce au-delà de l’aide. Pour ce qui est des reproches à propos de l’étroitesse des libertés de presse, j’ai été en charge du Ministère de l’information pendant longtemps. Je constate que depuis lors, il y a eu de grandes avancées », a indiqué la Ministre Mushikiwabo à une question d’un journaliste évoquant la pléthore de radiodiffusion privées, de websites. Elle a ajouté que beaucoup est à venir avec les infrastructures imminentes de réseaux de communication.

De Croo montre que débourser un fonds belge promis doit être conditionné par la satisfaction de certains préalables. Pour lui, le déblocage de l’aide de 40 millions d’Euros devait se faire au cas où certaines conditions avaient été satisfaites or, a-t-il dit, cela n’a pas été fait.

Possible insistance de rapatriement négocié des Fdlr de la part de la partie belge

Ah ! En tout cas cela ne doit pas être le peu d’espace de liberté des média qui doit avoir fait bloquer cette aide belge.
Et si les conditions sont plus compliquées que cela ?

Le vent semble ne pas bien souffler sur la tendance aux négociations avec les Fdlr. Et c’est le Ministre Reynders qui semble abattu par la correspondance de ce 8 janvier entre le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, au président congolais Joseph Kabila qui insiste que des opérations militaires contre les Fdlr démarrent incessamment.

« Lors de leur conversation téléphonique, le dirigeant onusien (Ban Ki Moon) a rappelé au chef de l’Etat congolais que l’ultimatum donné aux FDLR pour se rendre était dépassé, mais que ceux-ci n’ont pas honoré leur promesse », rapporte Radio onusienne Okapi montrant que du côté du Bureau du Secrétaire Général il y a bonne foi dans le processus de désarmement sans condition des Fdlr et de leur rapatriement dans le pays.

Sur Radio RFI e ce 8 janvier, Martin Kobler, patron de la Monusco, se plaint d’avoir dépensé plusieurs millions de dollars dans l’exercice de désarmement volontaire qui n’a pas du tout abouti.

On comprend donc que la Communauté internationale n’est pas homogène, qu’il y a des clubs d’intérêts certains. Mais du moment que l’ONU insiste sur l’application du MOU entendu pour le désarmement volontaire des Fdlr, il ne doit pas y avoir d’autres centres de décision qui viendraient annuler celle-là.

Cependant cela semble ne pas plaire à la Belgique qui décide de geler son aide au développement du Rwanda croyant qu’elle allait être suivie par d’autres bailleurs de fonds du Rwanda pour le contraindre aux pourparlers avec ses opposants armés véhiculant des tonnes d’idéologie ethnocentriste plus que criminelle.

M. Reynders avait-il débarqué ce 5 janvier à Kigali avec un espoir que le sommet des Chefs d’Etat de la région pour se repencher sur l’adoption d’un autre style de traitement des Fdlr allait prendre des décisions annulant les opérations militaires de désarmement de ce mouvement qui doivent suivre ? Beaucoup pensent bien qu’il a la complicité du Président congolais Joseph Kabila qui a toujours promis de faire rentrer « dignement » les Fdlr chez elles au Rwanda.

La carte et la finesse diplomatiques jouées excellemment

« Nous avons constaté que le Rwanda a beaucoup de potentialités dans le secteur de l’énergie, celui de la distribution de l’eau potable, dans l’éducation et autres. Nous allons préparer les investisseurs belges pour leur voyage au Rwanda au courant de cette année. Nous continuerons le débat sur l’ouverture de l’espace politique et l’amélioration des droits de l’homme au Rwanda », a déclaré à la Presse le Ministre Didier Reynders, un coup ressenti certainement comme un affront par son homologue rwandais qui, fine diplomate, n’a fait qu’accuser le coup et bien l’amortir.

“Nous avons abordé des questions politiques avec risque d’avoir des points de vue différents et parfois des divergences fondamentales. Mais cela ne peut pas nous empêcher de continuer nos relations de coopération bilatérale ».

Tout est dit dans la déclaration de la ministre rwandaise des affaires étrangères. Aussi faut-il se demander si les raisons profondes de la visite de ces Ministres d’Etat belges à Kigali ne répondent pas finalement à des questions de géostratégie de l’ancienne puissance coloniale de la Région des grands-lacs avec un souci de faire le point sur l’entreprise de gestion des régimes dans le style métropolitain.


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