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Remera-Kisimenti booming : un nouveau centre d’affaires hyperactif à Kigali

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 20 février 2015 à 09:16

Ce delta en plein centre de Remera, quartier Est de la ville de Kigali veut-il devenir un second centre-ville de Kigali, la Capitale du Rwanda ? Un point, un Pathé d’immeubles très sollicités ; nous voilà dans Remera au lieu communément dit Gisimenti.
Au sortir de la catastrophe de 1994, un visiteur qui s’aventurait dans ce quartier ne voyait que le Stade Amahoro et son hôtel où logeait le QG de l’ancienne MINUAR (Mission des Nations Unies pour le Rwanda). A peine l’Hôtel Chez Lando était-il classe (...)

Ce delta en plein centre de Remera, quartier Est de la ville de Kigali veut-il devenir un second centre-ville de Kigali, la Capitale du Rwanda ? Un point, un Pathé d’immeubles très sollicités ; nous voilà dans Remera au lieu communément dit Gisimenti.

Au sortir de la catastrophe de 1994, un visiteur qui s’aventurait dans ce quartier ne voyait que le Stade Amahoro et son hôtel où logeait le QG de l’ancienne MINUAR (Mission des Nations Unies pour le Rwanda). A peine l’Hôtel Chez Lando était-il classe où les Kigalois pouvaient passer leurs soirées de loisirs.

Depuis lors, cette aire de moins d’un Km2 regorge d’hôtels, de motels, de boîtes de nuit, de banques à retrait électronique, de bars ouverts 24 sur 24 heures, de cabinets d’avocat, d’agences universitaires étrangères. Au-delà de tout ceci, des supermarchés rivalisent avec les pharmacies ou les bureaux de change.

Il faut dire que ce site urbain est aussi très fréquenté car des infrastructures de santé privées (cliniques et cabinets de médecins) tout autant que des infrastructures sportives y sont légion. Cela fait que cette place forte est active à longueur de jour ou de nuit.

Dans un espace de moins de quinze ans, le Centre Gisimenti se développe et se confirme comme une place forte d’affaires de la Ville de Kigali. Il rivalise avec le ‘ Wall Street’ du plein Centre ville coincé entre la Banque de Kigali et l’ancienne poste, allant de la Mairie de la Ville de Kigali vers le Marché Central en passant par le Mosquée.

Des infrastructures pour satisfaire un système de consommation
Le long de la chaussée menant à l’aéroport est envahi par des prospecteurs immobiliers qui construisent en hauteur. C’est clair ici. Chaque mètre carré est précieux. Des locaux pour quoi faire ?
« Depuis que j’ai commencé à ériger cette bâtisse, des services publics ont réservé tout l’espace construit », a confié l’un des investisseurs immobiliers montrant qu’il participe au développement de sa ville tout en se faisant de gros sous.

Remera, situé sur un terrain plat, est facile à construire. Des hôtels dernier cri s’y sont érigés. Ils s’appellent Legacy, Sportsview, Mirror, Chez Lando, Beauséjour… c’est toute une chaîne. Des restaurants chics rivalisent de prestations de services. Ici, un investisseur rwandais ou étranger est sûr de récolter de gros profits. Apparemment le pays est en friche dans ce secteur.

« Moi, ma spécialité c’est tout un assortiment de jus conconctés par notre touche à partir de fruits frais locaux y compris le jus d’avocat, de différentes sortes de cafés et de thés. Même si nous venons de faire quelques mois d’activités, nous avons beaucoup de clients au point que nous pouvons réaliser un chiffre d’affaire de quelque 300.000 Frs par jour. Nous avons élevé notre maison au niveau des standards modernes », confie Mutijima Victor, un jeune restaurateur d’à peine 30 ans, patron de Canaberra, une maison de Thé du carré de Gisimenti sur la chaussée pavée menant vers Kicukiro. Il ne se plaint pas du tout.

« Je dois être ici, entrain de contrôler et voir si le service est bien soigné et rapide. Cela fait partie de notre touche », a-t-il ajouté.

Un autre jeune investisseur est Mugabo André, propriétaire de Le Little Five, un Bar-Restaurant situé dans le coude de l’Hôtel Chez Lando. Il est professionnel dans la matière. Sa boîte de nuit ne sera connue que par les initiés surtout qu’aucun bruit ne sorte. Tout est bien sonorisé.

« J’ai dépensé beaucoup de millions de francs. Heureusement que les banques de la place comprennent le genre de travail quand bien même les intérêts sont très élevés », a-t-il dit disant que le seul défi auquel il est confronté est celui du faible pouvoir d’achat de potentiels clients.

Apparemment, quoique suffisamment achalandé, il voudrait voir beaucoup de gens venir déguster ses poulets de race locale « moins graisseux » grillés avec art mais aussi accueillir des familles pour son pizza.

Remera-Gisimenti, c’est aussi un monde où se conclut beaucoup d’affaires, un monde sportif mais aussi une concentration de cabinets médicaux ayant une renommée dans Kigali.

Ici, chaque institution veut ériger sa propre bâtisse. On achète des terrains construits pauvrement ou vétustes qu’on détruit pour ériger à leur place de grandes bâtisses en conformité avec le plan directeur de la ville de Kigali.

Le Centre de Kisimenti s’affirme décidément dans la prestation des services impeccables. Il est entouré de quartiers résidentiels faits de gens des nouvelles classes sociales moyennes : commerçants, agents de banques, d’administration publique, de professions libérales mais aussi de touristes.

Tout ce beau monde a toutes les infrastructures de loisirs mais aussi de supermarché où ils doivent s’approvisionner en items alimentaires divers. Ici tout est classe. L’architecture suit autant que l’obsession du soin et de l’hygiène.

Contrairement au Wall Street de Kigali-Nyarugenge qui est une place de transactions financières de la rue où se brassent des multi millions de change, Kisimenti est donc un nouveau centre d’affaires érigé pour satisfaire les besoins de nouvelles classes moyennes de Rwandais au moment où une autre place commerciale forte ; le Marché de Nyabugogo à la porte Sud de la Ville, est un coin où convergent toutes les denrées alimentaires fraîches venant tout le pays pour alimenter les petites classes sociales de la ville.

Ce nouveau centre des affaires de Kisimenti donne une image réelle de l’économie rwandaise qui a été obligée de brûler les étapes pour une reprise rapide de la situation après la faillite de l’Etat de 1994. Kisimenti montre une société qui brasse de juteuses affaires de par l’importation des marchandises travaillées industriellement par des peuples étrangers.

Beaucoup d’experts économistes interrogés trouvent que le Gouvernement à travers les ministères de l’Economie et Finance, Commerce et Industries, devrait mettre sur pied des stratégies de sensibilisation des possesseurs de capitaux à, au lieu d’enfouir ces millions dans la construction d’immeubles luxueux et coûteux, concevoir des unités de transformation industrielle des biens qui subissent une forte demande sur le marché rwandais de consommation.

D’autres se demandent si la FSP (Fédération du Secteur Privé) ne fait pas un faux advocacy du moment qu’il faut redresser la structure de développement économique et revenir au schéma-étapes traditionnel Secteur primaire (Agriculture-Elevage-Mines)- Secteur secondaire industriel avant de retomber dans le secteur tertiaire, celui des services.

"Ceci va de pair avec une volonté politique et une refonte de la structure économique adoptée pour les besoins de la situation des urgences 1994-2010. Cela impose que les richesses accumulées grâce au commerce des services servent l’effort industriel du pays. C’est un grand sacrifice de la part des possesseurs de capitaux. Rares sont ceux qui prendraient des risques de crédits bancaires trop coûteux pour une production qui viendra dans 5 ans et plus. Pourtant , c’est la seule voie possible pour sécuriser leurs capitaux de façon très durable car il est question de créer et produire des biens divers continuellement sollicités sur le marché local et extérieur. Cela génère donc des recettes de devises étrangères nécessaires dans le commerce international pour une nation plus qu’elle n’en dépense.


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