S’exprimant ce dimanche lors d’un échange consacré à l’unité nationale, diffusé sur plusieurs médias, Bizimana a expliqué que, bien que le sacerdoce soit traditionnellement conféré à vie, l’Église avait engagé des démarches en vue de retirer définitivement à Nahimana son statut de prêtre.

« Le sacerdoce est conféré à vie et ne prend pas fin même si une personne abandonne son ministère, y renonce ou se marie. Toutefois, dans le cas du père Nahimana, une procédure est en cours pour le lui retirer, car il a déjà abandonné son ministère et s’est ouvertement engagé dans des activités politiques », a-t-il déclaré.

Le dossier s’inscrit également dans un différend ancien entre Thomas Nahimana et la hiérarchie catholique rwandaise. En avril 2013, l’évêque du diocèse de Cyangugu, Jean Damascène Bimenyimana, avait déjà pris des mesures disciplinaires à son encontre en raison de son engagement politique et de ses publications.

En mai de la même année, l’Église catholique du Rwanda s’était publiquement désolidarisée des propos jugés divisionnistes publiés par Nahimana et Fortunatus Rudakemwa sur leur site « Le Prophète ».

Né le 26 janvier 1971 dans l’actuel district de Rusizi, Thomas Nahimana a été ordonné prêtre en juillet 1999. Il a exercé dans le diocèse de Cyangugu avant de quitter le Rwanda en décembre 2005 pour s’installer en France, où il a poursuivi ses activités religieuses et ses études.

En 2011, il avait lancé avec Fortunatus Rudakemwa la plateforme en ligne « Le Prophète », également connue sous le nom d’Umuhanuzi. Le site est particulièrement connu pour diffuser des messages de haine et des discours divisionnistes. Le 28 janvier 2013, Nahimana a fondé le parti Ishema ry’u Rwanda, avant d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2017, à laquelle il n’a finalement pas participé.

Ses activités politiques se sont poursuivies depuis la France, où il a continué de critiquer le gouvernement rwandais. En octobre 2023, la direction du parti Ishema a annoncé qu’il n’en était plus membre, après un désaccord sur la désignation du candidat à l’élection présidentielle de 2024.

Par ailleurs, Dr Bizimana a souligné que les institutions religieuses demeuraient parmi les domaines où des efforts supplémentaires étaient nécessaires pour renforcer l’unité nationale. Il a toutefois distingué les agissements de certains individus de la position institutionnelle de l’Église catholique, qui a reconnu sa responsabilité historique et présenté des excuses pour son rôle dans le Génocide perpétré contre les Tutsi.

L’Église catholique aurait engagé une procédure visant à retirer à Thomas Nahimana son statut de prêtre en raison de ses activités politiques