Dans sa décision, le juge Bahati Mwamuye a estimé que les requérants n’avaient pas démontré que l’interdiction du cannabis prévue par la loi kényane portait atteinte à leur liberté religieuse. Selon lui, accorder une exception à une communauté religieuse nécessiterait une base constitutionnelle et juridique solide, qui n’a pas été établie dans cette affaire.

La communauté rastafari du Kenya avait saisi la justice pour contester certaines dispositions de la loi sur les stupéfiants (Narcotic Drugs and Psychotropic Substances (Control) Act), qui criminalise la culture, la possession et l’usage du cannabis. Les Rastafaris soutenaient que cette plante occupe une place centrale dans leurs pratiques spirituelles et leurs rites de méditation.

Ils estimaient que l’application de cette loi constituait une restriction injustifiée à leur droit constitutionnel à la liberté de religion. Leur avocat, Shadrack Wambui, a annoncé leur intention de faire appel de la décision devant une juridiction supérieure.

Tout en rejetant la requête, le magistrat a appelé à une réflexion nationale sur la politique du Kenya en matière de cannabis, estimant que la question dépassait la seule communauté rastafari et concernait l’ensemble de la société kényane.

La législation actuelle prévoit des sanctions sévères pour la possession et l’usage de cannabis, pouvant aller jusqu’à plusieurs années d’emprisonnement ainsi que des amendes importantes.

Après l’annonce du verdict, des membres de la communauté rastafari se sont rassemblés à Nairobi pour protester contre la décision, dénonçant une atteinte à leurs droits religieux. De leur côté, certains citoyens kényans ont salué le maintien de l’interdiction, estimant que la loi devait continuer à s’appliquer sans exception.

Au Kenya, le mouvement rastafari, connu notamment pour ses croyances spirituelles, son attachement au panafricanisme et le port des dreadlocks, reste une communauté minoritaire mais visible dans le débat public.

Depuis 2021, cette communauté saisit les tribunaux kényans pour obtenir le droit de consommer cette plante, au nom de la liberté de religion garantie par la Constitution.

La Haute Cour du Kenya a rejeté une requête introduite par la communauté rastafari, qui demandait une exemption à la législation antidrogue afin de pouvoir consommer du cannabis dans le cadre de ses pratiques religieuses