Urgent

Question orale de la Commission de la Fonction Publique au Parlement : nécessité d’une bourse du travail

Redigé par Igihe
Le 3 novembre 2018 à 11:13

Ce jeudi 1er Novembre 2018, M. François Habiyakare, Président de la Commission de la Fonction Publique, a comparu devant le Parlement, les deux Chambres réunies pour exposer le rapport annuel 2017-18 de la Commission.

Ce rapport montre des irrégularités criantes constatées par la Commission qui dit avoir reçu 104 Procès Verbaux de tests de sélection des candidats aux postes de l’administration publique et avoir fait 26 descentes d’inspection sur terrain dont cinq ont révélé des irrégularités criantes.

« Dans certaines institutions, nous avons constaté que 3 postulants ne remplissant pas les conditions recrutés avant l’avis de recrutement. Cinq autres ont vu leurs notes de test écrit revues à la hausse pour être reçus. Dans un autre cas, nous avons constaté qu’à une copie de test d’un candidat, on a retiré des notes pour le disqualifier afin qu’il ne passe pas le test suivant d’interview », a déclaré aux parlementaires, François Habiyakare, Président de la Commission, montrant de sérieuses tricheries qui se commettent dans le cadre de recrutement à la Fonction Publique qui a besoin de voir instituer une Bourse du Travail au Rwanda pour mieux gérer en toute transparence le processus de recrutement ou, mieux encore, décider d’une politique sectorielle du travail qui tiendrait compte des profils affichés avec la probabilité de les améliorer pour satisfaire le marché intérieur du travail.

« Dans une autre descente sur terrain, nous avons constaté que sur la liste publiée des candidats ayant satisfait à un test, il figurait le nom d’une personne étrangère qui n’avait pas subi ledit test et qui n’avait même pas donné sa lettre de demande d’emploi », a-t-il ajouté montrant qu’il d’agit là de pratiques corruptrices de favoritisme impardonnables.

La Commission a reçu et analysé 138 plaintes d’injustices dans le recrutement dont 38 ont été jugées fondées. Habiyakare a dit que la plupart de ces plaintes qui n’ont pas reçu l’approbation de la Commission émanaient des candidats ayant satisfait aux tests mais refusés pour ne pas s’être conformés aux procédures d’usage.

Vingt parlementaires sont intervenus au cours de la plénière pour avancer que les conditions en vigueur de passation des tests de recrutement favorisent la corruption et le favoritisme.

« Il ne se conçoit pas comment les tests de recrutement en deux étapes dont un test écrit durant deux heures de temps et une interview d’à peine dix minutes puis être cotés mêmement 50, 50%. Il faut qu’il soit agréé un institut spécialisé dans la passation des tests écrits de recrutement avec une autorisation d’octroi d’une note de 70% », a suggéré le député Gamaliel Mbonimana.

Les députés ont constaté aussi l’exigüité du marché du travail rwandais où il se dénombre 73.000 demandeurs d’emploi desquels 30.000 sont sélectionnés pour passer le test et ne voir que 2.700 lauréats.

“Le fait que rares sont les candidats qui recueillent une note d’au delà de 70%, nous allons faire une recherche sur ce phénomène », a dit le Président de la Commission. Il réagissait à une intervention d’un parlementaire qui doutait du niveau général de connaissance des demandeurs d’emploi de part le bagage de savoir-faire appris au cours de leurs cursus académiques.

Il a néanmoins montré qu’à la question de l’étape d’interview, les conditions de transparence sont réunies surtout que l’interview entière est filmée, que par conséquent toute plainte peut être vérifiée par la Commission avec esprit de suite.


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