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Quand Museveni offre un passeport ugandais à Charlotte Mukankusi, une dirigeante de RNC

Redigé par IGIHE
Le 18 mars 2019 à 03:49

Mme Charlotte Mukankusi, anciennement Diplomate numero deux du Rwanda à New Delhi en Inde, elle est devenue la chef de la diplomatie du mouvement politico armé rwandais dit RNC/ Rwanda National Congress. En visite en Uganda où elle a rencontré le président Yoweri Museveni à deux reprises entre le 1er mars de son arrivée et le 6 mars de son départ du pays, Charlotte s’est vue offrir un passeport ugandais, le passeport rwandais dont elle était détentrice ayant expiré sans espoir de le prolonger à cause de ses activités terroristes contre son pays.

Charlotte Mukankusi était donc la diplomate numéro deux du Rwanda à New Delhi en Inde après l’ex-ambassadeur Kayumba Nyamwasa qui, s’est réfugié en Afrique du Sud où il a créé le RNC. Charlotte s’est elle aussi déclarée exilée dans la foulée. Invitée en Uganda pour un entretien avec le Président Yoweli Museveni, il a été offert à la dame, le 11 février dernier, un passeport ugandais.

Museveni accroît ainsi la mobilité de cette femme pour étendre la campagne de diffamation contre les dirigeants rwandais. Comme le Rwanda lui a refusé un passeport en raison de ses liens avec le terrorisme et que des efforts ont été déployés pour limiter sa capacité à recruter des sympathisants à l’organisation terroriste, la décision de l’Uganda de faciliter sa mobilité montre clairement l’engagement de Museveni envers des forces vouées à déstabiliser le Rwanda par méthodes qui incluent le terrorisme.

Le 31 décembre 2018, les Nations Unies ont publié un rapport impliquant le gouvernement de Museveni dans la facilitation de groupes armés disposant de bases dans la région du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, dirigés par Kayumba Nyawasa. L’Uganda a été accusé de recruter et de faciliter le mouvement des rebelles.

Peu de temps avant la publication de ce rapport, Museveni avait chargé son ministre d’État chargé des Affaires régionales, le Dr Philemon Mateke, de tenir à Kampala une réunion de coordination entre le RNC et les FDLR/Forces Démocratiques de Libération du Rwanda, le groupe armé composé en grande partie de survivants des forces qui ont commis le génocide perpétré contre les Tutsis du Rwanda en 1994 et déclare ouvertement que sa mission principale est de mener à bien le génocide, qu’il considère comme « une affaire inachevée ».

Le porte-parole des FDLR, Ignace Nkaka, alias Laforge Fils Bazeye et son chef des services de renseignement, le lieutenant-colonel Nsekanabo Jean Pierre, dit Abega Kamala, ont été interceptés à la frontière de Bunagana en RDC alors qu’ils se rendaient à la réunion de Kampala. Les responsables de la RDC les ont remis à Kigali. Ils ont notamment révélé l’engagement de Museveni à ce que le RNC et les FDLR unissent leurs forces afin de donner l’impression que ceux qui s’opposent à Kagame représentent une large base de Rwandais appartenant aux principaux groupes ethniques que sont les Hutus et les Tutsis. Lors de la réunion des 14 et 15 décembre 2018, le RNC était représenté par Frank Ntwari, basé en Afrique du Sud mais qui effectue de fréquentes visites à Kampala à l’invitation de Museveni.

La visite de Mukankusi s’inscrit donc dans l’esprit et la politique des plus hauts dirigeants ugandais qui accueillent des délégués des FDLR et des RNC et facilitent les mouvements rebelles ainsi que ceux de leurs hauts responsables. Le cas de Charlotte Mukankusi n’est donc que le cas le plus récent. Mukankusi finira par se retrouver pour son rôle d’activiste du terrorisme. Cependant, aussi provocant que puisse être Kampala, Kigali a fait face à l’acte d’hostilité quotidienne avec un sang-froid, une certaine sérénité. Il préfère recourir à des moyens pacifiques consistant à contrer toute menace potentielle de ses ennemis plutôt que d’affronter directement l’Uganda.
Source : KT Press, James Ndizeye, 15 March


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