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Procès Mugesera : réfutations et manque d’honneteté intellectuelle, un ministère public non appuyé par un jury de linguistes et lexicologues

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 6 mars 2013 à 09:29

Après la réaudition en intégralité de son discours de Kabaya du 22 novembre 1992 jugé sérieusement incendiaire, appelant les Hutu à exterminer les Tutsi, discours pour lequel l’alors ministre de la Justice Stanislas Mbonampeka a décrété un mandat d’arrêt contre l’auteur pour « incitation à la haine ethnique », l’accusé Dr Léon Mugesera a réfuté 14 actes d’accusation présentés par un témoin à charge. Stanislas Mbonampeka, Ministre de la Justice 1992, lance un mandat d’arrêt contre Dr Mugesera pour crime (...)

Après la réaudition en intégralité de son discours de Kabaya du 22 novembre 1992 jugé sérieusement incendiaire, appelant les Hutu à exterminer les Tutsi, discours pour lequel l’alors ministre de la Justice Stanislas Mbonampeka a décrété un mandat d’arrêt contre l’auteur pour « incitation à la haine ethnique », l’accusé Dr Léon Mugesera a réfuté 14 actes d’accusation présentés par un témoin à charge.

Stanislas Mbonampeka, Ministre de la Justice 1992, lance un mandat d’arrêt contre Dr Mugesera pour crime d’incitation à la Haine du Discours de Kabaya et démissionne ;le recherché étant couvert par des autorités militaires

Après la séance d’audition de son discours, le Dr Mugesera déclare à la Cour : « je n’ai écouté aucune séquence de mon discours où j’aurais déclaré aux participants à mon meeting de Kabaya en 1992 que
-  J’ai qualifié le Mututsi de leur ennemi
-  Les Batutsi tuaient leurs parents par torture insupportable à la chicotte
-  Ils émasculaient de beaux jeunes gens
-  Ils amenaient à la cour du roi et des chefs de beaux jeunes gens qui devenaient leurs serfs
-  La reine, pour appui en se levant, plantait son long poignard dans le corps d’un enfant gras
-  Aucun Muhutu ne possédait ni vache, ni chèvre, ni poule
-  Les Batutsi ne sont pas rwandais, ils sont venus d’Ethiopie
-  A la porte d’entrée au Rwanda, les Batutsi se voyaient offrir femmes et enfants
-  Le grand ennemi qui reste ce sont leurs parents qui restent au pays et leurs enfants qui sont envoyés sur le champ de bataille
-  Ces parents sont entrain de vendre champs et vaches pour contribuer à l’effort de guerre de ceux-là qui attaquent le Rwanda
-  S’équiper en armes pour parer à toute éventualité
-  Le combat ne fait pas uniquement l’usage des armes à feu mais aussi la lance, l’arc, la machette
-  Tout homme doit s’armer de son poignard
-  Sur le chemin pour ton champ, tu rencontres un serpent et tu le tues.

Dans sa défense, Mugesera dit qu’à Kabaya, il avait répondu à l’invitation pour le meeting, qu’il n’était pas l’invité d’honneur, que pour cela, il n’avait pas préparé un discours.

Pour l’obtention de la nationalité canadienne la séquence ‘‘Regarde, Notre erreur commise par le passé avec les Tutsi c’est que nous leur avons permis de survivre, nous leur avons laissé vivre. Nous aurions dû les supprimer’’ est délibérément retirée du document légalisé de son discours traduit par les services canadiens.

Il lui a été demandé de s’adresser à la population par celui qui était président de MRND/ Mouvement National Révolutionnaire pour le Développement en Préfecture de Gisenyi (Nord Ouest du Rwanda).

Manque d’honnêteté intellectuel

Beaucoup d’observateurs du procès Mugesera vs l’Etat rwandais trouvent que le chercheur a un véritable déficit d’honnêteté intellectuel. Il refuse de reconnaître les faits tout crus.

Une autre opinion avance que l’arrogance qu’il affiche est liée « à la pauvreté de l’organisation de ce procès où lui, Docteur en Terminologie Kinyarwanda et en Aménagement linguistique, n’a pas devant lui une équipe d’experts assermentés en langues pour le confondre dans sa pauvre défense qui frise la provocation ».

« Il trempe uniquement dans la provocation. On devrait clore les débats qu’il prolonge inutilement », confie à IGIHE un sénateur qui trouve que le Ministère public ne fait pas assez pour interroger les livres écrits à ce propos et sur la personne du Dr Léon Mugesera.

Un procès qui demande une grande documentation et des experts linguistes comme des jurés

A-t-on relevé le fait que le Dr Léon Mugesera qui, après avoir prononcé son discours incendiaire à Kabaya du 22 novembre 1992, écope d’un mandat d’arrêt de l’alors Ministre de la Justice du Gouvernement de Transition, Me Stanislas Mbonampeka (du PL/Parti Libéral), qu’il en échappe en se réfugiant dans un camp militaire de Kigali avant d’être exfiltré pour le Canada ?

Le Procureur Martin Ngoga : Des témoins et des jurés doctes et grands analystes du discours lui manquent

A-t-on relevé que cette non transparence et incompréhensions mutuelles prononcées des dirigeants d’alors dans la gestion de la sécurité publique d’alors avait provoqué la démission de ce ministre ?

Dans « We Wish to Inform You That Tomorrow We Will Be Killed With Our Families », Philip Gourevitch, (1998), analyse le discours en sujet du Dr Léon Mugesera sur base d’une de ses sequences : ‘‘Regarde, Notre erreur commise par le passé avec les Tutsi c’est que nous leur avons permis de survivre, nous leur avons laissé vivre. Nous aurions dû les supprimer’’.

Philip Gourevitch, journaliste américain, analyse le discours en sujet du Dr Léon Mugesera sur base d’une de ses sequences ‘‘Regarde, Notre erreur commise par le passé avec les Tutsi c’est que nous leur avons permis de survivre, nous leur avons laissé vivre. Nous aurions dû les supprimer’’.

Leçons à dégager de ce procès

“Le Discours de Mugesera de 1992 a mis haut le diapason de l’hystérie anti tutsi qui a mené au génocide de 1994’’, écrit Wikipédia citant Gourevitch ajoutant que malheureusement, cette séquence n’existe pas dans la Traduction officielle de son discours présentée comme document légal au Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada le 8 août 2003.

Le procès Mugesera en cours à Kigali aura montré des écueils du secteur judiciaire rwandais qui n’appelle pas à la barre des experts en sciences et domaines techniques et professionnels variés pour confondre un prévenu qui reste sur sa soif et pense qu’il a d’autres cartouches dans son arsenal.


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