Trump a tenu ces propos ce mercredi lors d’un échange avec des journalistes à bord de l’avion présidentiel 'Air Force One', alors qu’il revenait d’un sommet de l’OTAN organisé en Turquie.

Au cours de cette interview, le président américain a affirmé avoir contribué à mettre fin à plusieurs conflits dans le monde, citant notamment les tensions entre le Rwanda et la RDC « parmi les huit guerres auxquelles il dit avoir mis un terme ».

« Pensez aux guerres qui ont été réglées : huit conflits qui auraient pu durer trente ans. Prenez même l’exemple du Congo, du conflit entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Je l’ai réglé. Après quatorze années de conflit et environ 15 millions de personnes tuées et décapitées, je l’ai réglé. »

« J’en ai réglé huit grâce à un certain type de personnalité qui m’a permis d’y parvenir. Pensez à l’Inde et au Pakistan. La guerre faisait rage », a-t-il entre autres ajouté.

Ces propos ont été tenus alors qu’un journaliste l’interrogeait sur des informations selon lesquelles María Corina Machado, figure de l’opposition au gouvernement de Nicolas Maduro au Venezuela et Prix Nobel de la paix 2025, aurait été empêchée par les États-Unis de rentrer dans son pays après la chute de ce dernier.

Trump a rejeté cette information, affirmant qu’il n’avait jamais pris une telle décision et qu’il n’en voyait pas la raison. Il a décrit Machado comme « une personne formidable », rappelant qu’elle avait même affirmé que le prix Nobel de la paix aurait dû lui être remis pour son implication dans la résolution de huit guerres.

« Elle m’a attribué le prix Nobel de la paix, n’est-ce pas ? Elle a dit que j’étais celui qui méritait de le recevoir… Elle a déclaré que Trump avait réglé huit guerres, ce qui est vrai… Je dirais que j’aurais dû recevoir ce prix plus que quiconque dans l’histoire, parce que personne n’a réglé autant de guerres », a fait savoir le président américain.

En affirmant avoir mis fin au conflit entre Kigali et Kinshasa, Donald Trump fait référence à l’accord de paix signé par le Rwanda et la RDC à Washington le 4 décembre 2025.

Conclus initialement le 27 juin 2025 puis ratifiés par les chefs d’État Félix Tshisekedi et Paul Kagame en décembre 2025, sous la médiation des États-Unis et du Qatar, ces accords visent à mettre fin aux tensions entre les deux pays.

L’un des volets les plus stricts de ces accords, adossés au protocole militaire appelé CONOPS, imposait précisément un délai de 90 jours à la RDC pour procéder à la neutralisation définitive du groupe génocidaire FDLR, une étape qui permettrait une levée progressive des mesures défensives instaurées par le Rwanda.

Toutefois, une collaboration persistante entre unités FARDC et éléments FDLR, ainsi qu’un soutien logistique considérable, continuent d’être rapportés, un très récent rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, datant de juin 2026, ayant également documenté ces faits.

De ce fait, les perspectives d’un règlement durable semblent aujourd’hui compromises, les déclarations de Trump intervennant également dans un contexte de critiques sur la médiation américaine. À Kigali, plusieurs responsables dénoncent une approche partiale de Washington, estimant que Kinshasa n’est pas suffisamment tenu responsable des violations des accords.

Des combats toujours actifs dans l’est de la RDC

D’un autre côté, malgré les déclarations de Trump affirmant que la guerre en RDC est terminée, les violations du cessez-le-feu par l’armée régulière congolaise continuent d’être dénoncées sur le terrain.

Au Sud-Kivu, de nouveaux affrontements ont été signalés dans plusieurs zones de Minembwe entre les forces soutenant Kinshasa et les combattants du MRDP-Twirwaneho, alliés à l’AFC/M23. Ces derniers ont revendiqué, à la fin de la semaine dernière, la reprise de plusieurs localités, dont Point-Zéro, Kalingi, Mikenke et Gitavi, auparavant contrôlées par les FARDC, des forces burundaises, les FDLR, des milices Wazalendo ainsi que des mercenaires.

Le 8 juillet 2026, de violents combats ont également éclaté autour de Rugezi, Mulima, Kazaroho, Bilalo Mbili et Mikenke. Fin juin, des affrontements avaient déjà opposé les Wazalendo et l’AFC/M23 dans plusieurs zones du Nord-Kivu, notamment à Masisi, Rubaya, Bibwe, Minjenje et Pinga.

Donald Trump a une nouvelle fois affirmé avoir joué un rôle majeur dans la fin des tensions entre le Rwanda et la RDC, alors que la situation actuelle semble démontrer le contraire