Dans un communiqué publié le 5 juin, Kigali a réagi aux déclarations du secrétaire d'État américain, Marco Rubio, faites le 4 juin lors d'une audition devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis.
Le Rwanda a pris note de la reconnaissance par Marco Rubio des efforts entrepris par Kigali pour honorer ses engagements et a salué la poursuite de l'implication des États-Unis dans les initiatives visant à résoudre l'insécurité persistante dans l'est de la RDC.
Selon le communiqué, les Accords de Washington constituent le principal cadre destiné à s'attaquer aux causes profondes du conflit dans la région. Toutefois, Kigali a insisté sur le fait que cet accord impose des obligations aux deux parties et ne peut être appliqué de manière sélective.
« Les Accords ne peuvent être mis en œuvre de façon sélective, pas plus que les obligations d'une partie ne peuvent être dissociées de celles de l'autre », indique le communiqué, soulignant que les défis régionaux ne peuvent être résolus par des approches partielles.
Le Rwanda affirme respecter les engagements qui lui incombent dans le cadre de l'accord, tout en accusant la RDC de ne pas honorer certaines de ses obligations.
Le gouvernement rwandais cite notamment ce qu'il qualifie de soutien continu des autorités congolaises aux FDLR, un groupe armé que Kigali considère comme terroriste et lié aux auteurs du génocide contre les Tutsi de 1994. Selon le Rwanda, cette milice opère depuis le territoire congolais depuis trois décennies et continue de représenter une menace directe pour sa sécurité.
Kigali a également exprimé ses préoccupations concernant l'utilisation continue de drones armés dans des zones civiles.
Malgré ces préoccupations, le Rwanda a réitéré son attachement aux Accords de Washington et affirmé sa volonté de travailler avec les États-Unis, les partenaires régionaux et les autres parties prenantes afin de promouvoir la paix, la sécurité et le développement économique dans la région des Grands Lacs.
Cette déclaration intervient alors que les États-Unis et plusieurs acteurs régionaux poursuivent leurs efforts diplomatiques pour réduire les tensions et favoriser une stabilité durable dans l'est de la RDC.
Les accords signés par les deux pays prévoient notamment le démantèlement des FDLR par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Une fois cet objectif atteint, le Rwanda est censé lever les mesures de défense qu'il a mises en place. L'accord prévoit également le rapatriement des réfugiés.
Sur le plan des infrastructures, le Rwanda et la RDC se sont engagés à renforcer leur coopération autour du projet du barrage hydroélectrique Rusizi III Hydropower Project. Celui-ci devrait produire 206 mégawatts d'électricité et alimenter plus de 300 000 personnes. Son achèvement est prévu d'ici 2030 pour un coût estimé à 800 millions de dollars.
L'accord couvre également le secteur minier. Les deux pays entendent aller au-delà de la simple extraction des minerais en développant leur transformation locale afin d'accroître les retombées économiques pour les populations de la région. Il prévoit en outre la mise en place de réglementations harmonisées pour sécuriser le commerce des minerais.
Les Accords de Washington stipulent également que le Rwanda et la RDC collaboreront dans l'exploitation et la transformation du gaz méthane du Lake Kivu en vue de la production d'électricité.
Le gouvernement rwandais estime que les deux pays disposent d'importantes opportunités de coopération économique susceptibles de contribuer à prévenir de futurs conflits et à renforcer la stabilité régionale.



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