Cette initiative intervient alors que le Rwanda estime que Kinshasa doit plutôt mettre en œuvre les engagements déjà pris dans le cadre des accords de Washington.

Le ministre congolais en charge de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, et Sumbu Sita, Haut Représentant du président Félix Tshisekedi, participent à cette tournée qui doit les conduire dans une dizaine de pays.

Le 29 septembre 2026, les deux responsables se sont rendus à Lomé, au Togo, où ils ont rencontré le président Faure Gnassingbé, chargé de la médiation dans le dossier congolais. Le lendemain, ils ont poursuivi leur déplacement en Angola, où ils ont été reçus par le président João Lourenço.

Selon des informations rapportées par RFI, l’objectif de cette tournée est de présenter aux chefs d’État « l’état d’avancement du processus engagé par Kinshasa sur la question des FDLR ainsi que les prochaines étapes envisagées ».

Cette démarche intervient dans un contexte de désaccord entre Kigali et Kinshasa. Les deux parties s’accordent sur la nécessité de désarmer les FDLR, mais divergent sur les modalités de cette opération.

Le plan controversé présenté par la RDC prévoit que les combattants des FDLR déposent volontairement les armes avant d’être conduits dans des sites prévus à cet effet. Ils seraient ensuite rapatriés au Rwanda ou orientés vers d’autres destinations.

Kinshasa affirme également que trois autres groupes armés avaient accepté, le 29 août, de rejoindre ce mécanisme.

La RDC présente cette démarche comme une avancée dans la recherche d’une solution à la question des FDLR, présentes dans l’est du pays depuis plusieurs années.

Toutefois, le Rwanda considère que ce mécanisme ne correspond pas aux engagements déjà pris par les deux pays dans le cadre des accords de Washington.

Dans un document publié le 23 septembre 2026, le gouvernement rwandais a indiqué que le nouveau mécanisme discuté entre Kinshasa et les FDLR « n’est pas conforme aux modalités convenues » dans ces accords.

Kigali renvoie aux engagements de Washington

Dans l’accord de paix signé à Washington, la RDC et le Rwanda se sont engagés à mettre en œuvre un plan destiné à neutraliser les FDLR, parallèlement à la levée des mesures de sécurité prises par Kigali.

Ce plan, connu sous le nom de CONOPS, avait été convenu le 31 octobre 2024 avant d’être intégré aux engagements de Washington. Un mécanisme conjoint de suivi de sa mise en œuvre avait également été prévu.

Lors de la signature de l’accord, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, avait souligné que la mise en œuvre de ce plan constituait l’une des premières étapes attendues, en parallèle de la levée des mesures de défense prises par le Rwanda.

Kigali estime qu’un appel à la reddition volontaire des combattants FDLR ne suffirait pas à régler la question de ce groupe génocidaire, notamment parce qu’une collaboration persistante entre éléments de ce groupe, forces armées congolaises et burundaises ainsi que des milices Wazalendo continue d’être rapportée sur le terrain.

Dans sa résolution 2773, adoptée en février 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU avait demandé la fin du soutien aux groupes armés, notamment aux FDLR, et appelé à la mise en œuvre rapide des engagements visant à neutraliser ce groupe.

La RDC a entamé une tournée diplomatique en Afrique et en Europe pour présenter "son plan de désarmement des FDLR et mobiliser des soutiens"