Cette instruction écrite viserait à mettre fin aux interventions individuelles qui ont marqué la réponse du gouvernement aux critiques de Kabila.
En effet, l’ancien chef de l’État avait adressé, le 9 octobre, un message à la population dans lequel il accusait Tshisekedi de gouverner de manière autoritaire, de ne pas parvenir à mettre fin à la guerre dans l’est du pays et de chercher à modifier la Constitution, notamment en vue d’un éventuel troisième mandat en 2028.
Ses déclarations ont provoqué une succession de réactions au sein du pouvoir, chacun adoptant un ton différent pour le désavouer.
Alors que le vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba l’a accusé d’avoir volé l’élection présidentielle de 2006 et l’a qualifié d’imposteur, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, l’a, lui, présenté comme un homme appartenant au passé politique et l’a accusé de collaborer avec l’AFC/M23. Jean-Pierre Lihau l’a, pour sa part, qualifié d’agent de l’ennemi.
Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu, a également publié un document de cinq pages dans lequel il accuse Kabila d’avoir, selon lui, « collaboré avec le président rwandais Paul Kagame ».
Cette multiplication d’interventions a, en outre, suscité des critiques sur la cohérence de la communication gouvernementale.
L’ancien sénateur congolais Moïse Nyarugabo a estimé que le fait de voir des ministres, des députés, des sénateurs et d’autres responsables répondre successivement à une seule personne révélait l’absence d’un discours commun. Il a appelé Tshisekedi et la plateforme Union sacrée de la nation à élaborer une réponse concertée.
Les ministres invités à respecter le cadre officiel
Dans ses instructions, Judith Suminwa aurait estimé que, "même si les arguments avancés par les membres du gouvernement pouvaient être politiquement fondés, leur empressement à répondre à Kabila avait contribué à accorder une importance excessive à ses déclarations".
Elle leur a demandé de réserver leurs prises de position politiques à leurs partis respectifs et d’obtenir une autorisation préalable avant de s’exprimer sur des questions relevant de leurs portefeuilles.
Les observations concernant les affaires gouvernementales doivent, quant à elles, être transmises à Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement.
Cette décision intervient dans un contexte de recomposition des forces opposées à Tshisekedi. Le 12 octobre, à Goma, Joseph Kabila a été désigné à la tête du FRN, présenté comme le successeur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), jusque-là associée au Mouvement du 23 mars (M23).
La nouvelle structure réunit notamment Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, nommés vice-présidents, ainsi que Sultani Makenga, désigné chef d’état-major général.
Le FRN affirme vouloir fédérer les forces opposées au pouvoir de Kinshasa et mettre fin à ce qu’il qualifie de « tyrannie », par tous les moyens, y compris la force. Il présente cette initiative comme un projet de refondation nationale.
La création du mouvement marque une nouvelle étape dans l’opposition de Kabila à Tshisekedi, alors que le conflit dans l’est de la RDC se poursuit et que les efforts diplomatiques pour parvenir à une solution restent confrontés à des difficultés.





Chargement des commentaires...
Laisser un commentaire