Dans une interview accordée à France 24, Massad Boulos avait entre autres affirmé que « les sanctions américaines contre le Rwanda étaient la conséquence directe de la prise d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), intervenue peu après la signature des accords de Washington en décembre 2025 ».

En réaction aux propos de Massad Boulos, Olivier Nduhungirehe a rappelé ce samedi sur X que « l’AFC/M23, qui est un mouvement congolais, a commencé à se retirer de la ville d’Uvira le 16 décembre 2025 et a achevé son retrait le 17 janvier 2026 », précisant que la ville a ensuite été reprise par les FARDC, leurs alliés burundais ainsi que des groupes armés alliés, notamment les FDLR et les Wazalendo.

Le ministre souligne que les premières sanctions américaines visant les RDF et quatre de leurs généraux ont été annoncées le 2 mars 2026, soit après le retrait de l’AFC/M23 d’Uvira. Il estime dès lors qu’il est « extrêmement difficile » de justifier ces sanctions par un refus de l’AFC/M23 de se retirer de la ville.

Nduhungirehe s’en prend également à la réintégration d’Ekenge

Par ailleurs, dans une autre publication sur X ce dimanche, Olivier Nduhungirehe a également dénoncé la réintégration du général-major Sylvain Ekenge comme porte-parole des FARDC.

Le ministre estime que cette décision est « troublante et indécente » et affirme qu’elle constitue une confirmation que les discours de haine visant les Congolais tutsis et l’idéologie génocidaire en RDC ne seraient pas seulement le fait d’éléments isolés au sein de l’armée ou de responsables dissidents, mais relèveraient d’un projet politique assumé par l’État.

Olivier Nduhungirehe critique également la manière dont cette réintégration a été annoncée, affirmant qu’elle l’a été « presque en catimini », à travers une déclaration de Sylvain Ekenge annonçant un événement tragique. Selon lui, « il s’agit d’une information qui a été rendue publique, presque en catimini, par un communiqué de Sylvain Ekenge annonçant un événement tragique ; et ce, afin d’étouffer ou d’intimider toute critique interne ou internationale en rapport avec cette réintégration ».

Le chef de la diplomatie rwandaise rappelle surtout les propos tenus par Ekenge le 27 décembre 2025 sur la télévision publique congolaise RTNC. Celui-ci avait alors déclaré que les Congolais devaient se montrer prudents lorsqu’ils épousent une femme tutsie, avançant notamment des accusations concernant la présence d’hommes tutsis dans les foyers, « se présentant comme des cousins ou des neveux », et leur prétendu rôle de géniteurs des enfants, afin de préserver leur « race ».

Nduhungirehe affirme que cette déclaration reprenait le premier des « Dix Commandements des Hutu », texte publié en 1990 par Hassan Ngeze, condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Suite au tollé provoqué par ces propos, Ekenge avait été suspendu de ses fonctions de porte-parole des FARDC, « sans faire l’objet de poursuites judiciaires », a insisté Nduhungirehe.

« Neuf mois après sa forfaiture, l’officier supérieur des FARDC vient d’être réintégré, par la petite porte, dans ses fonctions », a déploré le ministre.

Nduhungirehe, conteste la justification avancée par l’envoyé spécial de Donald Trump pour l’Afrique, Massad Boulos, concernant les sanctions américaines imposées au Rwanda
Olivier Nduhungirehe a également dénoncé la réintégration du général-major Sylvain Ekenge comme porte-parole des FARDC