Muhoozi l’a déclaré dans un message publié sur X aux premières heures de ce mardi 27 octobre 2026, où il a également évoqué un possible lien entre ce meurtre et l’arrestation de l’ancien chef des renseignements militaires ougandais (CMI), le général-major Abel Kandiho.

« Je soupçonne fortement que certains éléments du RNC de Kayumba pourraient être responsables », a-t-il écrit, avant de s’interroger : « S’agit-il de représailles liées à l’arrestation de Kandiho ? Nous finirons par connaître la vérité. »

Le chef de l’armée ougandaise a précisé que « son bureau n’avait jamais été informé au sujet de cet homme ».

Cette déclaration intervient alors que la Police ougandaise poursuit son enquête. À ce stade, aucun suspect n’a été arrêté et aucun mobile n’a été officiellement établi.

Robert Kabera, âgé d’environ 50 ans et connu sous le nom de « Sergeant Robert », a été retrouvé mort le 17 octobre dans une plantation d’eucalyptus à Luwala, dans le sous-comté de Kammengo, district de Mpigi, près de Kampala.

Son corps avait été décapité et sa tête n’a toujours pas été retrouvée. La Police estime que le meurtre aurait été commis dans la nuit du 16 au 17 octobre ou aux premières heures du 17 octobre.

Son frère, Victor Agaba, l’a identifié grâce notamment à une cicatrice au pouce droit et aux chaussures retrouvées près du corps. Kabera était arrivé de Kampala la veille au soir, accompagné d’un conducteur de moto-taxi identifié comme Innocent, avant de se rendre dans un bar de la localité. Les circonstances de ses derniers déplacements font partie de l’enquête.

La Police ougandaise a confirmé qu’aucun suspect n’avait encore été identifié.

Avant sa mort, Robert Kabera avait déjà déclaré avoir reçu des menaces. En octobre 2025, Kabera avait également diffusé sur YouTube un enregistrement dans lequel Rugema Kayumba, neveu de Kayumba Nyamwasa et membre de la RNC, tenait à son encontre des propos menaçants.

Kabera avait alors affirmé que ces tensions étaient notamment liées à ses déclarations publiques dans lesquelles il disait apprécier le Président rwandais Paul Kagame.

L’hypothèse avancée par Muhoozi intervient également après l’arrestation du général-major Abel Kandiho.

Kandiho et le général de brigade Charles Bakahumura, tous deux anciens chefs du CMI, ont été arrêtés le 9 septembre 2026 dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des accusations de fourniture de faux renseignements et de trahison. Ils avaient pris leur retraite quelques semaines auparavant.

Kandiho avait dirigé le CMI à partir de 2017. Au cours des années précédentes, cette structure avait été accusée de liens avec des membres du RNC opérant en Ouganda. Des médias avaient notamment rapporté des contacts entre des responsables du CMI et des personnes liées au RNC.

En décembre 2021, les États-Unis avaient sanctionné Kandiho, l’accusant d’être impliqué dans de graves violations des droits humains commises alors qu’il dirigeait le CMI.

Robert Kabera était ancien militaire des Forces de défense du Rwanda (RDF) et avait servi comme instructeur et soliste au sein de l’Army Jazz Band.

En mai 2022, il avait été arrêté en Ouganda pour des accusations liées notamment à la détention illégale d’armes, avant d’être remis en liberté provisoire.

Muhoozi Kainerugaba, soupçonne les membres du « Rwanda National Congress » (RNC), mouvement de Kayumba Nyamwasa, d’être impliqués dans le meurtre de Robert Kabera