Durant son mandat, les relations entre Londres et Kigali ont été principalement marquées par la décision de Starmer d’abandonner l’accord migratoire avec le Rwanda, mais aussi par les tensions liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Arrivé au pouvoir après la victoire du Labour aux élections générales du 4 juillet 2024, Starmer avait rapidement mis fin au projet lancé en avril 2022 par le gouvernement conservateur de Boris Johnson. Cet accord prévoyait l’envoi au Rwanda de certains demandeurs d’asile arrivés illégalement au Royaume-Uni, notamment ceux traversant la Manche à bord de petites embarcations, afin que leurs demandes soient traitées sur place.
Le 6 juillet 2024, lors de sa première conférence de presse comme Premier ministre, Starmer avait déclaré que le programme était « mort et enterré avant même d’avoir commencé », estimant, selon lui, qu’il représentait un gaspillage d’argent public et qu’il ne constituait pas une solution efficace contre l’immigration irrégulière.
Avant même son arrivée au pouvoir, Starmer s’opposait à ce dispositif. En juin 2022, alors chef de l’opposition, il l’avait qualifié de « distraction » et plaidait plutôt pour une coopération renforcée avec la France, les services européens et les forces de sécurité afin de démanteler les réseaux de passeurs.
Lors d’un discours à Douvres le 10 mai 2024, il avait promis d’annuler l’accord dès son arrivée au pouvoir et de réorienter les fonds vers un nouveau commandement chargé de la sécurité aux frontières et de la lutte contre les organisations criminelles.
Un différend financier avec Kigali
L’abandon du projet a provoqué un différend entre Londres et Kigali. Le Rwanda a estimé que le Royaume-Uni devait respecter ses engagements financiers après les investissements réalisés pour préparer l’accueil des demandeurs d’asile, notamment les infrastructures et les structures d’accompagnement.
Le 24 novembre 2025, Kigali a saisi la Cour permanente d’arbitrage de La Haye pour réclamer plus de 100 millions de livres sterling, comprenant notamment deux paiements prévus de 50 millions de livres chacun ainsi que des compensations supplémentaires.
Le Royaume-Uni soutenait, de son côté, qu’un accord conclu en novembre 2024 mettait fin aux futurs paiements. Le partenariat ayant officiellement été annulé le 16 mars 2026, la décision arbitrale rendue le 1er juin 2026 a rejeté la demande du Rwanda concernant des paiements supplémentaires. Kigali a accepté cette décision et annoncé qu’il ne ferait pas appel.
Les tensions liées à la RDC
Les relations entre les deux pays se sont également dégradées avec l’escalade du conflit dans l’est de la RDC début 2025, après la prise de Goma et Bukavu par l’AFC/M23.
Le Royaume-Uni a accusé le Rwanda de soutenir le groupe rebelle et d’avoir déployé des forces en territoire congolais. Kigali a rejeté ces accusations, affirmant que ses actions visaient à protéger sa sécurité nationale face aux menaces du FDLR et d’autres groupes armés.
Le 25 février 2025, Londres a annoncé plusieurs mesures contre Kigali : suspension de certaines participations de haut niveau aux événements gouvernementaux rwandais, limitation des activités commerciales, gel de l’aide financière directe au gouvernement rwandais, sauf pour les programmes humanitaires, et suspension de futures formations militaires.
Le Royaume-Uni a également annoncé un examen des licences d’exportation d’équipements militaires vers le Rwanda et la possibilité de nouvelles sanctions avec ses partenaires internationaux.
Le Rwanda a dénoncé des mesures « injustifiées », accusant Londres de prendre position dans le conflit sans tenir compte de ses préoccupations sécuritaires.
La fin d’un mandat sous pression
La démission de Starmer intervient après plusieurs mois de pression interne au sein du Labour. Le 22 juin 2026, il a annoncé son départ de la direction du parti, alors que plusieurs responsables craignaient qu’il ne puisse pas mener le parti à la prochaine élection générale face à la progression du parti Reform UK de Nigel Farage.
La montée en puissance d’Andy Burnham, élu député de Makerfield dans le nord de l’Angleterre et nouveau dirigeant du Labour, a accéléré son retrait.
Son départ intervient dans un contexte de baisse de popularité, de critiques sur sa politique économique, le coût de la vie et la gestion des affaires intérieures.
Malgré l’abandon de l’accord avec le Rwanda, la crise migratoire britannique reste entière. Depuis l’arrivée de Starmer au pouvoir, plus de 77 000 migrants auraient rejoint le Royaume-Uni par des voies irrégulières, alimentant les critiques sur l’efficacité de sa stratégie.




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