Selon le Département sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, recevra le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l'Amb. Olivier Nduhungirehe, à Pretoria ce mercredi 17 juin, dans le cadre des initiatives destinées à consolider les relations bilatérales entre les deux États.
« Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts continus visant à rétablir et à renforcer les relations bilatérales entre l’Afrique du Sud et le Rwanda. Les discussions porteront sur le renforcement de l’engagement diplomatique et l’avancement de la coopération dans des domaines prioritaires tels que le commerce, le tourisme, la santé, l’éducation et la sécurité », a indiqué le ministère dans un communiqué.
À l’issue de la réunion, Ronald Lamola devrait s’adresser aux médias afin de présenter les résultats des discussions bilatérales et exposer les perspectives pour la poursuite du renforcement des relations entre les deux pays.
Ces pourparlers interviennent alors que les relations entre Kigali et Pretoria sont marquées par plusieurs années de tensions. En effet, le Rwanda a, à plusieurs reprises, accusé l’Afrique du Sud d’offrir refuge à des individus et des groupes considérés comme impliqués dans des activités visant à compromettre sa sécurité nationale.
Au cours des dernières années, les tensions ont également été alimentées par des divergences concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où des troupes sud-africaines ont été déployées dans le cadre de la mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), venue soutenir le gouvernement congolais et ses alliés face au mouvement rebelle AFC/M23.
Le Rwanda a régulièrement mis en garde l’Afrique du Sud contre son implication dans un conflit qu’il considère comme comportant des menaces potentielles pour sa sécurité.
Kigali a notamment cité les stocks d’armes découverts après la prise de la ville de Goma par les forces de l’AFC/M23 comme des éléments venant étayer ses préoccupations.
Les relations se sont davantage détériorées en janvier 2025 lorsque le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a confirmé que son pays avait perdu 13 soldats dans cette région instable et qualifié les Forces rwandaises de défense (RDF) de milice en commentant les combats dans l’est de la RDC.
Il avait attribué l’escalade de la violence au mouvement rebelle M23 ainsi qu’à ce qu’il avait appelé la « milice des Forces rwandaises de défense (RDF) ».
Le président sud-africain avait également présenté l’engagement militaire de son pays dans le cadre de la Mission de la SADC en RDC (SAMIDRC) comme une opération de maintien de la paix destinée à stabiliser la région.
Dans sa réponse publiée sur le réseau social X l’année dernière, le Président Paul Kagame avait rejeté ces affirmations, soutenant que « les RDF sont une armée et non une milice ».
Il avait en outre critiqué le rôle joué par la SAMIDRC dans le conflit, déclarant : « La SAMIDRC n’est pas une force de maintien de la paix et n’a pas sa place dans cette situation. Elle a été autorisée par la SADC en tant que force belligérante engagée dans des opérations offensives pour aider le gouvernement de la RDC à combattre sa propre population, en collaboration avec des groupes armés génocidaires tels que les FDLR qui ciblent le Rwanda. »
Lors du retrait des troupes sud-africaines et d’autres contingents de la SADC de l’est de la RDC, à la suite de revers militaires sur le terrain, le Rwanda a facilité leur transit à travers son territoire pour leur retour dans leurs pays respectifs.
Les tensions diplomatiques ont également eu des conséquences pratiques, les voyageurs rwandais rencontrant des difficultés pour obtenir des visas à destination de l’Afrique du Sud.
En mai dernier, Cyril Ramaphosa a publiquement reconnu l’existence de tensions dans les relations entre les deux pays lors de son intervention au Forum des PDG africains (Africa CEO Forum) en Côte d’Ivoire, où il avait rencontré Paul Kagame.
« Certains pourraient considérer que le Président Kagame et moi sommes en conflit, et que des tensions étaient à prévoir alors que nous sommes assis l’un à côté de l’autre », avait entre autres déclaré Ramaphosa, suggérant que malgré les divergences persistantes, le dialogue entre les deux pays demeure essentiel.
La réunion prévue à Pretoria devrait offrir aux deux parties l’occasion d’aborder les préoccupations en suspens et d’explorer les moyens de renforcer leur coopération dans plusieurs domaines d’intérêt commun.




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