Il s’exprimait lors d’un forum de réflexion consacré à l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi et à la lutte ayant permis d’y mettre fin, tenu en présence de la Première Dame Jeannette Kagame, des membres du Unity Club ainsi que de hauts responsables.

Dans son intervention, le Président Kagame a rappelé le fait que la reconstruction du Rwanda après le génocide n’a pas uniquement reposé sur une victoire militaire, mais également sur un choix exigeant visant à promouvoir la réconciliation nationale, à accorder une chance à ceux disposés au changement, et à établir un pays fondé sur la rupture avec toute logique de vengeance.

En effet, plusieurs camps de réfugiés comme Benaco et Lumasi à Ngara ainsi que Tingi Tingi avaient accueilli des centaines de milliers de Rwandais ayant fui le pays après les massacres. Toutefois, ces camps étaient également infiltrés par d’anciens militaires des Forces armées rwandaises (Ex-FAR) et des miliciens Interahamwe, largement impliqués dans le génocide contre les Tutsi, rendant complexe la distinction entre civils et auteurs de crimes.

Cette situation a fait de l’identification des réfugiés et de la séparation des éléments armés l’un des défis majeurs auxquels le Rwanda a été confronté dans l’après-génocide.

Le Chef de l’État a indiqué que, malgré les zones d’ombre entourant certains profils, le Rwanda a choisi de rapatrier et de réintégrer ces personnes, allant jusqu’à leur offrir des responsabilités importantes, y compris au sein de l’administration et jusqu’à des postes ministériels.

« Même des personnes faisant l’objet d’accusations, parfois appuyées par des éléments qui semblaient crédibles mais sans preuve formelle suffisante, nous avons essayé de les ramener pour qu’elles deviennent des nôtres, qu’elles vivent parmi nous et qu’elles partagent notre parcours.

Certains d’entre vous ne savaient même pas que ces personnes venaient de Tingi Tingi, de Ngara et d’autres lieux en Tanzanie où elles avaient trouvé refuge, ou encore d’Europe et d’autres régions, avec un passé parfois difficile à établir. Face à certaines situations, nous nous disions que c’était possible. Nous les avons intégrées et elles ont accédé à des fonctions ministérielles et à divers niveaux de responsabilité. »

Soulignant que cette décision n’était pas dictée par la seule compassion, mais par une stratégie nationale visant à tourner la page de la violence et à prévenir la transmission des divisions aux générations futures, le Président Kagame a insisté sur le fait que certains enfants issus de ces retours ont été scolarisés au Rwanda, sont devenus enseignants et, pour certains, ont occupé des responsabilités dans le système éducatif ou dans l’administration publique.

Il a toutefois reconnu que cette politique n’a pas toujours produit les résultats escomptés pour tous, certains individus ayant été impliqués dans des activités contraires aux intérêts de l’État ou manipulés par des forces extérieures cherchant à fragiliser les efforts de reconstruction nationale.

« Le monde est difficile », a-t-il déclaré, soulignant que le Rwanda a été un terrain d’expérimentation de dynamiques à la fois positives et négatives dans son processus de reconstruction.

Le Président Kagame a par ailleurs appelé à une lecture lucide de l’histoire récente du pays : « Nous sommes une combinaison de choses, de bonnes et de mauvaises », invitant à considérer la complexité des parcours individuels dans la construction nationale.

Le Président Paul Kagame a mis l’accent sur la politique du Rwanda visant la transformation et la réintégration nationale, y compris de personnes issues de contextes complexes
Le Président Kagame s’exprimait lors d’un forum de réflexion consacré à l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi et à la lutte ayant permis d’y mettre fin
L’événement s’est tenu en présence de la Première Dame Jeannette Kagame, des membres du Unity Club ainsi que de hauts responsables