L’influenceuse et femme politique congolaise Denise Mukendi Dusauchoy a été arrêtée en Tanzanie ce 30 août 2026 avant d’être transférée à Kinshasa, dans le cadre d’une procédure engagée à la demande des autorités de la République démocratique du Congo (RDC).

Le porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo, Patrick Muyaya, a présenté cette arrestation « comme une mise en garde à ceux qui pensent éternellement se dissimuler », déclarant que la justice les atteindra « où qu’ils se trouvent ».

Réagissant à ces propos, Olivier Nduhungirehe a dénoncé ce qu’il considère comme une application sélective de la justice congolaise, estimant que « des individus sur les réseaux sociaux et à la télévision d’État à Kinshasa excellent dans les discours de haine et dans l’idéologie du génocide contre les Tutsi congolais ne figurent manifestement sur aucune “liste” et ne sont donc pas inquiétés par la justice congolaise », a-t-il fustigé.

Il a notamment dénoncé le fait que ceux-ci jouissent, au contraire, d’un traitement de faveur venant explicitement du chef de l’État congolais, citant notamment Sylvain Ekenge, Gabriel Mokia, Justin Bitakwira, Martin Fayulu, Chancella Tshala Balandi, Jean-Claude Mubenga et Kalonji Kabamba wa Mulumba.

Selon Nduhungirehe, ces personnalités auraient tenu, à différentes occasions, des propos allant jusqu’à nier l’existence des Tutsi congolais, à les qualifier de « cafards » ou de « virus à éradiquer », à les présenter comme des « infiltrés à tuer », ou encore à appeler les Congolais à ne pas les épouser.

Le ministre évoque également des déclarations attribuées à certains d’entre eux appelant à « mettre fin à l’existence des Tutsi en RDC », dénonçant surtout le fait que ceux-ci aient pu apparaître aux côtés du président congolais.

« … Ils ont même eu droit à la prestigieuse photo présidentielle », a conclu le ministre.

Pour Olivier Nduhungirehe, cette situation révèle une contradiction dans la manière dont Kinshasa applique sa politique judiciaire face aux discours considérés comme incitant à la haine.

Patrick Muyaya a présenté l’arrestation de Dusauchoy « comme une mise en garde à ceux qui pensent éternellement se dissimuler », déclarant que la justice les atteindra « où qu’ils se trouvent »
Nduhungirehe a dénoncé le fait que les auteurs de discours de haine contre les Tutsi congolais ne soient pas inquiétés par la justice, mais apparaissent même aux côtés du président Tshisekedi